Netanyahu : Un cessez-le-feu avec libération partielle des otages « désormais révolu »
Le Caire a annoncé travailler "activement" avec Doha et Washington pour tenter de remettre sur les rails un projet de cessez-le-feu de 60 jours

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu estime que la possibilité d’un accord de cessez-le-feu assorti de la libération partielle des otages avec le groupe terroriste palestinien du Hamas « est désormais révolue ».
Dans une interview accordée mardi à la chaîne i24, il a repris les déclarations faites la veille par le président américain Donald Trump, selon lesquelles le Hamas ne serait pas prêt à conclure un accord.
« Vous avez entendu le président Trump », a déclaré Netanyahu lorsqu’on lui a demandé si la possibilité d’un accord de cessez-le-feu accompagné de la libération partielle des otages était toujours d’actualité. « Je pense que cette page est définitivement tournée. »
« Nous avons tout essayé », a-t-il ajouté, sans donner plus de détails. « Nous avons poussé les choses aussi loin que possible. Il est devenu clair pour nous qu’ils ne font que nous mener en bateau. »
« Dans tous les cas de figure, de nombreux otages, vivants ou morts, resteraient entre leurs mains », a-t-il poursuivi, semblant faire référence à une précédente proposition prévoyant la libération de dix otages vivants et la restitution des dépouilles de dix-huit autres. « Je les veux tous, les vivants comme les morts », a insisté Netanyahu.
Les propos de Netanyahu ont été diffusés peu après que l’Égypte a annoncé mardi travailler avec le Qatar et les États-Unis en vue d’un cessez-le-feu de 60 jours dans la bande de Gaza, où l’armée israélienne se prépare à prendre le contrôle de la plus grande ville du territoire palestinien.
Sous très forte pression pour mettre fin à 22 mois de guerre contre le Hamas, Netanyahu a affirmé qu’Israël « autoriserait » les habitants de Gaza qui le veulent à quitter le territoire.
« Nous ne les poussons pas dehors, mais nous leur permettons de partir, et c’est ce qui se passe », a affirmé Netanyahu sur i24 News
Dans ce contexte, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, a déclaré mardi que Le Caire travaillait « activement » avec Doha et Washington pour tenter de remettre sur les rails un projet de cessez-le-feu de 60 jours.
« L’objectif principal est de revenir à la proposition initiale : instaurer un cessez-le-feu de 60 jours, avec la libération de certains otages et détenus palestiniens, ainsi que l’acheminement sans conditions et sans restrictions de l’aide humanitaire et médicale vers Gaza », a ajouté le ministre.
Le Hamas a confirmé dans un communiqué diffusé dans la nuit de mardi à mercredi qu’une délégation dirigée par son négociateur en chef, était arrivée au Caire en vue de discussions avec l’Égypte pour « mettre fin à la guerre à Gaza » et « faciliter l’entrée de l’aide humanitaire » notamment.
Selon une source palestinienne ayant connaissance du dossier, « les médiateurs sont en train de formuler une nouvelle proposition d’accord global de cessez-le-feu », prévoyant la libération, « en une seule fois », de tous les otages.
Les otages n’ont pas été mentionnés dans le communiqué du Hamas.
En juillet, plus de deux semaines de discussions à Doha n’avaient pas permis de débloquer les négociations sur un cessez-le-feu et la libération des otages.
Les négociateurs du Hamas s’étaient finalement retirés, quelques jours après le départ des délégations américaine et israélienne.
L’émissaire américain Steve Witkoff avait alors imputé l’échec des discussions au Hamas, affirmant que Washington envisagerait « d’autres options » en l’absence d’un accord.
Israël et les États-Unis ont imputé au Hamas la rupture des négociations le mois dernier. Dans une interview accordée cette semaine au commentateur britannique Piers Morgan, l’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, a abondé dans le sens de Netanyahu en affirmant qu’Israël avait présenté plusieurs offres et que le Hamas « n’était pas intéressé », ce qui a conduit les États-Unis et Israël à se retirer des discussions.
Le Hamas et Israël négocient de manière indirecte et intermittente depuis peu après le 7 octobre. Un cessez-le-feu d’une semaine en novembre 2023 avait permis la libération de 105 otages, tandis que 38 autres, pour la plupart vivants, ont été relâchés lors d’une trêve qui s’est étendue de janvier à mars de cette année. En échange, Israël a libéré environ 2 000 terroristes palestiniens, des prisonniers sécuritaires et des Gazaouis suspects de terrorisme arrêtés pendant la guerre en cours.







