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YOM HASHOAH

Olga Kay transmet le flambeau de la mémoire de la Shoah aux jeunes générations

A la veille de Yom Hashoah, une survivante d'Auschwitz et de deux autres camps, âgée de 96 ans, déclare : "Nous devons raconter notre histoire et garder la mémoire vivante"

  • Olga Czik Kay (Crédit : Autorisation de Yad Vashem)
    Olga Czik Kay (Crédit : Autorisation de Yad Vashem)
  • Olga Czik Kay avec sa fille Judy Cohen à Shaarei Tikvah, Israël, 17 avril 2022. (Crédit : Renee Ghert-Zand/ToI)
    Olga Czik Kay avec sa fille Judy Cohen à Shaarei Tikvah, Israël, 17 avril 2022. (Crédit : Renee Ghert-Zand/ToI)
  • La famille Czik à Ujfeherto, en Hongrie, avant la Seconde Guerre mondiale. Olga Czik est assise sur les genoux de sa mère, qui est enceinte du dixième et dernier enfant de la famille, Eva. (Crédit : Autorisation d'Olga Czik Kay)
    La famille Czik à Ujfeherto, en Hongrie, avant la Seconde Guerre mondiale. Olga Czik est assise sur les genoux de sa mère, qui est enceinte du dixième et dernier enfant de la famille, Eva. (Crédit : Autorisation d'Olga Czik Kay)
  • La famille Czik à Ujfeherto, Hongrie. Debout (de gauche à droite) : Adele, Shanyi, Bori, la mère Lora, le père Elek tenant dans ses bras le fils de sa fille Bella, Asher. Assis (à partir de la gauche) : Eva et Olga. C'est la seule photo existante d'Eva, qui est morte à Bergen-Belsen peu après la libération. (Crédit : Autorisation d'Olga Czik Kay
    La famille Czik à Ujfeherto, Hongrie. Debout (de gauche à droite) : Adele, Shanyi, Bori, la mère Lora, le père Elek tenant dans ses bras le fils de sa fille Bella, Asher. Assis (à partir de la gauche) : Eva et Olga. C'est la seule photo existante d'Eva, qui est morte à Bergen-Belsen peu après la libération. (Crédit : Autorisation d'Olga Czik Kay
  • Olga Czik Kay avec son mari George Kay et leurs filles Evelyn et Judy, New York, 1956. (Crédit : Autorisation d'Olga Czik Kay)
    Olga Czik Kay avec son mari George Kay et leurs filles Evelyn et Judy, New York, 1956. (Crédit : Autorisation d'Olga Czik Kay)

Chaque année, lors du seder de Pessah, Olga Czik Kay rappelle à sa famille et à ses amis qu’en 1944, la fête juive de la liberté a paradoxalement marqué le début de son esclavage pendant la Shoah.

Survivante d’Auschwitz et des camps de concentration de Kaufering et de Bergen-Belsen, Olga Kay, 96 ans, est l’une des six survivants de la Shoah qui allumeront des flambeaux commémoratifs lors de la cérémonie officielle de Yom Hashoah à Yad Vashem, à Jérusalem, le 27 avril.

« Face aux individus et aux pays qui tentent de nier la Shoah, il est de notre devoir de raconter notre histoire et de la garder vivante. Bientôt, la responsabilité incombera aux générations suivantes », a déclaré Kay au Times of Israel lors d’une récente interview.

Le 15 avril 1944, Kay, 18 ans, et sa famille ont été déportés de leur maison à Ujfeherto, en Hongrie, pour arriver à Auschwitz le 22 mai. Deux mois plus tard, Kay a été transférée au camp de concentration de Kaufering en Allemagne, puis en novembre 1944, à Bergen-Belsen. Gravement malade et ne pesant plus que 10 kg, le 15 avril 1945, Kay est finalement libérée par les forces britanniques, soit exactement un an après avoir été chassée de chez elle.

Ce n’est qu’en 2014, lorsqu’une de ses petites-filles lui a demandé de participer à un programme éducatif de témoignage sur la Shoah intitulé « Names Not Numbers« , que Kay a commencé à parler publiquement de ses expériences pendant la guerre. Depuis, elle s’est exprimée à d’autres occasions, notamment lors d’événements organisés par Zikaron BaSalon en Israël, des rassemblements chez des particuliers au cours desquels des survivants partagent leur témoignage le jour de Yom Hashoah. La biographie de Kay et son récit de guerre seront présentées à la cérémonie de Yad Vashem lors d’une projection audiovisuelle juste avant qu’elle n’allume le troisième des six flambeaux.

« Contrairement aux familles de nombreux autres survivants qui ne parlaient pas de la Shoah, dès que ma sœur et moi avons été en mesure de comprendre, notre mère nous a raconté son histoire », a déclaré Judy Cohen, la fille de Kay.

Judy Cohen connaît si bien l’histoire de sa mère qu’elle a pu en parler en détail dans un livre qu’elle a écrit sur la vie de ses parents, intitulé Song of the Silent Bell, publié en 2016.

La famille Czik à Ujfeherto, en Hongrie, avant la Seconde Guerre mondiale. Olga Czik est assise sur les genoux de sa mère, qui est enceinte du dixième et dernier enfant de la famille, Eva. (Crédit : Autorisation d’Olga Czik Kay)

Olga (née Czik) Kay est née en 1926, la neuvième de dix enfants d’une famille juive pratiquante. Son père Elek était un cordonnier qui avait son propre magasin. Lorsque la Shoah atteint la Hongrie, la plus jeune des enfants, Eva, a 16 ans, et quelques-uns de frères et sœurs plus âgés vivaient et travaillaient à Budapest.

Kay a raconté au Times of Israel qu’au printemps 1944, elle avait célébré Pessah à Ujfeherto avec seulement une partie de sa famille : ses parents Elek et Lora, ses sœurs Margaret et Eva, la fille de Margaret, Susie, et le jeune fils de sa soeur aînée Bella, Asher (Bella était à Budapest).

Ses sœurs Adèle et Bori étaient à Budapest, et ses frères Zoltan, Miklos, Shanyi et Erno avaient été envoyés au travail forcé.

« Je me souviens que nous avons eu une Pâque assez normale. Nous avons même mangé de la matzah », se souvient Kay.

Photo de fiançailles des parents d’Olga Czik Kay, Lora et Elek. (Crédit : Autorisation d’Olga Czik Kay)

« Puis, lorsque le seder s’est terminé – c’était le samedi soir après le sabbat – la police hongroise a dit à tous les Juifs de la ville de rester chez eux et de ne pas sortir. D’après ce que nous avions entendu, nous nous attendions à des arrestations aléatoires, mais rien de plus », raconte-t-elle.

Nous nous attendions à des arrestations aléatoires, mais rien de plus

Le lundi, n’ayant toujours pas le droit de sortir, ils ont commencé à se méfier. Puis, le mardi 15 avril 1944, la police s’est présentée à la porte de la famille et leur a dit d’emballer quelques affaires, et ils les ont emmenés à la mairie.

« Ma sœur Margaret voulait prendre son manteau de fourrure. La police lui a dit de le laisser, et qu’il lui serait envoyé », a déclaré Kay.

La famille Czik à Ujfeherto, Hongrie. Debout (de gauche à droite) : Adele, Shanyi, Bori, la mère Lora, le père Elek tenant dans ses bras le fils de sa fille Bella, Asher. Assis (à partir de la gauche) : Eva et Olga. C’est la seule photo existante d’Eva, qui est morte à Bergen-Belsen peu après la libération. (Crédit : Autorisation d’Olga Czik Kay

Le soir venu, suffisamment de Juifs avaient été rassemblés et ils ont été emmenés à pied dans une ferme du village de Simapuszta. Kay se souvient avoir dormi sur de la paille dans les étables d’une grange, et avoir reçu de l’eau et de la nourriture.

« Pour se ‘distraire’, un garde a fait faire 25 pompes à un homme sur son tallit [châle de prière] », a raconté Kay.

Ils sont restés dans la grange pendant quatre semaines jusqu’à ce qu’ils soient déportés à pied vers la ville la plus proche, le ghetto de Nyiregyhaza.

« Nous n’avons rien emporté de la ferme, et quand nous sommes arrivés à Nyiregyhaza, nous avons été entassés dans des appartements dans un bâtiment. Nous y sommes restés 10 jours », se souvient Kay.

Le 22 mai 1944, Kay et sa famille ont été déportés à Auschwitz. Le trajet a duré trois jours en train, dans des wagons à bestiaux. Lorsque le train a franchi la frontière entre la Hongrie et la Slovaquie, le père de Kay a pris conscience du sort qui les attendait.

Olga Czik Lora, la mère de Kay, avec ses petits-enfants Asher et Susie à Ujfeherto, Hongrie. (Crédit : Autorisation d’Olga Czik Kay)

« Il a dit : « Mes bien-aimés, nous allons mourir. Il a pris les bijoux que nous avions sur nous et les a jetés dans le seau dans lequel les gens se soulageaient. De cette façon, les nazis devaient plonger leur main dans l’urine et les excréments pour les récupérer », a déclaré Kay.

Kay se souvient également que lorsque le train est entré dans Auschwitz, elle voulait prendre une paire de bas qu’elle avait réussi à garder avec elle. Son père lui a dit de les laisser là, en disant : « Ma chérie, tu n’en as plus besoin. »

Suite à une première sélection les hommes et les femmes de la famille ont été séparés. Le père Elek a été emmené en premier. Puis on a dit à Kay et à sa jeune sœur Eva de se séparer du groupe et d’avancer.

« Nous avons couru à l’avant en regardant derrière nous pour voir notre famille restée là », a déclaré Kay.

Elle ne les a jamais revus. Sa mère, son père, sa sœur Margaret, sa nièce Susie et son neveu Asher ont été gazés sur-le-champ.

De gauche à droite : Bella Czik Neuman avec son fils Asher, deux voisines, Adele Czik, Bori Czik à Ujfeherto, Hongrie. (Crédit : Autorisation d’Olga Czik Kay)

Kay et sa sœur Eva ont été placées dans un bâtiment comportant une grande pièce. Entourées de gardes hommes et femmes avec des chiens, elles ont été déshabillées et leur corps tout entier rasé. Puis on leur a demandé de choisir un habit et des chaussures dans une pile.

« Nous avions peur et nous avons suivi les ordres. Personne ne savait ce qui se passait. Tout ce que je me rappelle avoir pensé, c’est que je n’avais pas pris les belles chaussures bleues que mon père avait fabriquées pour moi », a déclaré Kay.

Tout ce que je me rappelle avoir pensé, c’est que je n’avais pas pris les belles chaussures bleues que mon père avait fabriquées pour moi.

Les femmes ont ensuite été alignées par rangées de cinq et emmenées dans les baraquements du Lager C (camp) d’Auschwitz II-Birkenau.

« Les gens m’ont montré les fours crématoires, mais je ne les ai pas vus et je n’ai pas senti la fumée. Je pense que je devais être en état de choc et de déni », dit-elle.

Kay et sa sœur ne travaillaient pas dans le camp de la mort, mais elles devaient rester dehors, entourées de gardes avec des chiens, pour des appels qui duraient des heures. Une fois par semaine, on leur attribuait une portion de pain et une fois par jour, on leur donnait ce qui semblait être une bouillie d’orge avec quelque chose de vert dedans, que Kay a supposé être de l’herbe.

Elle se souvient de ne plus avoir eu ses règles depuis son expulsion de chez elle. Aucune des femmes avec elle ne les avaient non plus. C’était probablement dû au choc et à la malnutrition. Comme d’autres survivantes, Kay pense que cela pourrait être dû à une substance que les nazis auraient ajoutée à la nourriture.

Olga Czik et sa soeur Bella Neuman font partie de ces survivantes de la Shoah en convalescence à l’hôpital de l’Université de Lund en Suède, août 1945. (Crédit : Autorisation d’Olga Czik Kay)

Kay raconte qu’un jour, elle et d’autres femmes ont été emmenées pour prendre une vraie douche. En chemin, elles sont passées devant le tristement célèbre panneau en fer forgé « Arbeit Macht Frei » à l’entrée du camp de la mort.

« Trois garçons morts pendaient sous l’inscription », se souvient Kay.

Elle a aussi vu une fois une détenue mourir sur la clôture électrifiée alors qu’elle essayait d’attraper un mouchoir qu’un détenu avait jeté pour elle. Le cadavre de la femme a été laissé sur la clôture pendant une journée entière.

Eva ne se nourrissait pas, souffrait de diarrhée et était très malade. À un moment donné, Eva et une autre fille qui était une voisine d’Ujfeherto ont été choisies lors d’une sélection. Craignant le pire, Kay et la sœur aînée de l’autre fille sont restées avec les plus jeunes filles pour qu’elles soient toutes ensemble. Elles ont été entassées avec d’autres femmes dans une grande pièce pendant la nuit, sans aucun endroit pour s’asseoir ou s’allonger, mais le matin, curieusement, elles ont été ramenées dans leurs baraques habituelles.

En dépit de ces événements tragiques, Kay a gardé la trace des dates sur le calendrier hébraïque. Elle se souvient que c’est le jour de Tisha B’Av (29 juillet 1944) qu’Eva et elles furent transférées en camion vers le complexe de camps de concentration de Kaufering (sous-camps de Dachau) en Allemagne.

Extrait du Newark Star-Ledger de janvier 1947. Un court article sur l’arrivée d’Olga Czik en ville avec sa sœur Bella après qu’elles y ont trouvé des parents. (Crédit : Autorisation d’Olga Czik Kay)

Eva et les autres jeunes adolescentes étaient emmenées en ville tous les jours pour servir de domestiques non rémunérées dans des familles allemandes. Dans la maison où elle travaillait, Eva était nourrie et pouvait se procurer de la nourriture à rapporter à Kay, qui empilait des bûches et nettoyait les baraquements des gardes nazis.

« Vingt d’entre nous avaient été emmenées dans un champ pour y ramasser des pommes de terre. Je me souviens avoir jeûné pour Yom Kippour alors que je ramassais des pommes de terre », raconte Kay.

Lors d’un bombardement britannique, seuls les prisonniers de guerre soviétiques qui se trouvaient également dans le champ ont été emmenés dans le bunker. Les femmes juives devaient aller dans un bâtiment voisin.

« Le bunker a été directement touché, mais pas le bâtiment et les filles en sont sorties indemnes », a déclaré Kay.

Le lendemain, une autre bombe est tombée à quelques mètres de l’endroit où Kay se tenait dans le champ, mais elle n’a pas explosé.

« Le champ était complètement brûlé, mais la bombe n’a pas explosé « , dit-elle.

Olga Czik Kay avec son mari George Kay le jour de leur mariage. New York, 19 février 1950. (Crédit : Autorisation d’Olga Czik Kay)

Kay était très protectrice à l’égard de sa sœur, qui craquait émotionnellement et avait des crises de larmes. Kay veillait à la réconforter tout en évitant de s’effondrer elle-même, probablement par détachement ou par engourdissement émotionnel.

« Ou peut-être que j’étais simplement plus naïve que ma jeune sœur à propos de la situation », suppose Kay.

Les sœurs ont été transférées au camp de concentration de Bergen-Belsen en novembre 1944. « Criblées de poux », elles étaient « serrées comme des sardines dans une boîte », couchées à même le sol des baraques. Tout le monde était malade et personne n’avait l’énergie de se lever et de faire ses besoins dehors. Les gens mouraient partout.

Quelque temps plus tard, Kay et Eva ont été rejointes au camp par leur sœur aînée Bella et deux de leurs cousins.

« Bella avait apporté avec elle un siddour [livre de prières] qu’on lui avait offert le jour de son mariage. Il a été confisqué et brûlé. Mais je ne sais comment, elle a réussi à cacher aux gardes son petit sac à main, dans lequel elle avait des photos de famille », a déclaré Kay.

Olga Czik Kay avec son mari George Kay et leurs filles Evelyn et Judy, New York, 1956. (Crédit : Autorisation d’Olga Czik Kay)

À mesure que les forces britanniques avançaient, les combats s’intensifiaient. Kay se souvient avoir dû rester totalement immobile sur le sol de la baraque pendant deux semaines pour éviter d’être blessée par des balles ou des éclats d’obus, comme l’avait été une femme près d’elle.

« Je me souviens toujours du moment où un soldat britannique a ouvert la porte de nos baraques et nous a dit : « Tout va bien. Vous êtes libérées », raconte Kay.

C’était le 15 avril 1945 – exactement un an après qu’elle et sa famille ont été déportées de leur maison en Hongrie.

Plus forte que ses sœurs, Kay a essayé de se rendre à une réserve de nourriture installée par les Alliés. Elle y est allée avec quelques prisonnières de guerre soviétiques, mais elle était trop faible pour suivre. Elle a été poussée au sol et a dû ramper le long d’un mur pour se redresser. Elle est retournée chez ses sœurs sans nourriture.

La fille d’Olga Czik Kay, Evelyn Hefetz, avec sa famille. (Crédit : Autorisation de Judy Cohen)

Après avoir été déshabillée et aspergée de désinfectant, Kay a reçu une couverture pour s’envelopper. Au bout d’une semaine, on lui a enfin donné du tissu pour en faire des vêtements.

Kay et ses deux sœurs ont été amenées à l’hôpital mis en place par les Alliés dans le camp. Eva, la plus malade, se trouvait dans un lit au premier étage. Kay, qui était au dernier étage, descendait tous les jours pour rendre visite à Eva.

« Un jour, je suis descendue et j’ai vu qu’elle n’était qu’à moitié couverte par sa couverture. Je suis allée remonter la couverture pour qu’elle n’ait pas froid, et la patiente à côté d’elle m’a dit qu’elle n’avait plus besoin d’être couverte », raconte Kay en larmes.

« Je ne savais pas quoi faire. Je ne parlais ni anglais ni allemand, alors je ne pouvais pas demander qu’Eva soit enterrée correctement. J’espère seulement qu’elle n’a pas fini dans une fosse commune, mais plutôt dans l’une des tombes individuelles non marquées de Bergen-Belsen », a déclaré Kay.

Olga Czik Kay avec la famille de sa fille Judy Cohen. (Crédit : Autorisation de Judy Cohen)

Sept des dix frères et sœurs Czik ont survécu à la guerre, et ils ont tous fini au Canada ou aux Etats-Unis. Les sœurs Bori et Adèle ont été déportées ensemble au camp de concentration de Ravensbrück et ont survécu en s’échappant. Miklos a survécu à Auschwitz. Erno a survécu à Mauthausen et s’est battu pendant la guerre d’indépendance d’Israël en 1948-1949. Shanyi a survécu à un camp de travail en Sibérie et est rentré en Hongrie en 1948. Zoltan, en revanche, n’a plus jamais donné signe de vie après avoir été envoyé au travail forcé.

Après une convalescence dans un hôpital en Suède, Kay est partie à Newark, dans le New Jersey, en janvier 1947 avec sa sœur aînée Bella pour rejoindre des membres de sa famille qui s’étaient installés aux Etats-Unis avant la guerre. En 1949, les sœurs ont déménagé dans le Bronx, où Kay a travaillé comme finisseuse dans le quartier des vêtements de Manhattan. Lors d’un bal, elle a rencontré son futur mari George Kay, un juif hongrois lui aussi qui avait fui l’Europe pour la Palestine en 1939 et était arrivé à New York en 1946.

Le couple s’est marié en 1950 et a eu deux filles, Evelyn et Judy. Kay s’est consacrée à ses enfants, tandis que son mari, qui avait prévu de devenir technicien dentaire en Hongrie, travaillait comme chauffeur de taxi pour subvenir aux besoins de la famille.

Olga Czik Kay tient une photo de sa famille avant la Seconde Guerre mondiale à Ujfeherto, en Hongrie, dans sa maison de Shaarei Tikvah, en Israël, le 17 avril 2022. (Crédit : Renee Ghert-Zand/TOI)

En 1985, Kay et son mari ont fait leur aliyah en Israël, où leur fille Judy Cohen vivait depuis 1974. Ils ont vécu leur retraite à Netanya jusqu’à la mort de George en 2013, date à laquelle Kay a rejoint Judy dans l’implantation de Shaarei Tikvah. Sa fille Evelyn Hefetz vit en Floride. Kay a cinq petits-enfants et 16 arrière-petits-enfants aux États-Unis et en Israël.

Kay dit qu’elle considère ses enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants adorés comme sa revanche contre Hitler et les nazis. Elle n’a aucune tolérance pour ceux qui remettent en question la Shoah.

« Chaque mot de ce que je dis est vrai. Il existe des preuves et des témoignages que cela s’est produit », a déclaré Kay.

« Comment qui que ce soit ose nier mon expérience ? », a-t-elle ajouté.

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