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« On comprend qu’il n’y a pas le choix » : à Tel Aviv, la résilience après une frappe iranienne meurtrière

"Nous n'avons pas peur, nous avons l'habitude", explique Ariel, en espérant qu'Israël "va gagner et changer la situation au Moyen-Orient"

Le lieu de l'impact d'un missile balistique tiré depuis l'Iran qui a frappé Tel Aviv pendant la nuit, causant d'importants dégâts, le 1er mars 2026. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)
Le lieu de l'impact d'un missile balistique tiré depuis l'Iran qui a frappé Tel Aviv pendant la nuit, causant d'importants dégâts, le 1er mars 2026. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

Dans ce quartier d’habitation de Tel-Aviv, des éclats de verre brisé jonchent les rues au lendemain d’une frappe de missile iranien qui a fait un mort et dévasté le paysage. Mais les habitants affichent leur résilience dimanche face à la perspective de nouvelles attaques.

Sur le site de la frappe, la carcasse d’un immeuble éventré aux fenêtres soufflées domine un énorme cratère, où des engins lourds et des équipes en gilets de sécurité s’activent à déblayer les décombres.

Des câbles et des morceaux de métal tordu pendent de l’immeuble. Des troncs d’arbres calcinés gisent au sol.

Les Etats-Unis et Israël ont lancé samedi une vaste offensive sur l’Iran, déclenchant une riposte qui a poussé les Israéliens à se précipiter vers les abris, au son des sirènes et des explosions dans le ciel.

Plus de 12 heures après l’impact de la frappe iranienne à Tel-Aviv, une légère odeur de brûlé flotte encore. Plus bas dans la rue bordée d’arbres, des rangées d’immeubles ont eu leurs fenêtres pulvérisées.

A une centaine de mètres du point d’impact, l’appartement d’Ariel, un employé dans le secteur de la finance de 32 ans, est jonché de débris. « Ce n’est pas agréable de voir son foyer détruit, tous mes souvenirs sont ici », confie-t-il. « Mais nous savons qu’en temps de guerre, avec toutes ces bombes, ça peut arriver », ajoute-t-il. « Nous serons forts. »

« Valoir la peine »

Les souvenirs de dévastation sont encore vivaces dans la mémoire des Israéliens, en particulier ceux de la région de Tel-Aviv, durement touchée lors de la précédente guerre entre les deux pays ennemis en juin 2025.

Les systèmes sophistiqués de défense antiaérienne ont abattu de nombreux missiles tirés depuis l’Iran, mais la frappe de samedi rappelle que ce dispositif ne garantit pas une protection absolue.

« Nous n’avons pas peur, nous avons l’habitude », explique Ariel, en espérant qu’Israël « va gagner et changer la situation au Moyen-Orient. Nous avons besoin de savoir que tout cela en vaut la peine, tous les appartements, tous les civils qui ont été touchés ».

La personne tuée dans la frappe était une auxiliaire de vie philippine. Au moins 21 personnes ont par ailleurs été blessées.

Scène où un missile balistique tiré depuis l’Iran a frappé Tel Aviv dans la nuit du 1er mars 2026, causant d’importants dégâts. En médaillon : Mary Ann De Vera, 32 ans, ressortissante philippine tuée lors de l’attaque. (Crédit : Nava Freiberg / Times of Israel ; autorisation)

Dans le centre du pays, neuf personnes ont été tuées dimanche, selon les secours. Onze autres sont portées disparues.

En Iran, le Croissant-Rouge a annoncé samedi la mort de plus de 200 personnes dans les frappes israélo-américaines. Israël a affirmé avoir tué 40 hauts-gradés, dont l’ayatollah Ali Khamenei.

« Toujours de l’espoir »

Dimanche, des journalistes de l’AFP à Tel-Aviv ont entendu des sirènes signalant une nouvelle attaque de missiles, poussant des dizaines de personnes à courir vers les abris sécurisés.

Dans l’un deux, Gil, un homme de 56 ans, se souvient avoir vécu la veille la même routine.

« On était ici et on a entendu une grosse explosion. On a compris que quelque chose se passait dans le quartier », a-t-il raconté. « Quand on est sortis, il y avait une odeur comme de brûlé, c’était assez effrayant ».

Mais tous les Israéliens interrogés par l’AFP à Tel-Aviv disent avoir pris l’habitude au fil des années de se mettre à l’abri.

Les Gardiens de la Révolution, le bras armé du régime, ont promis dimanche de lancer l’opération « la plus féroce » de l’histoire après la mort la veille de l’ayatollah Ali Khamenei.

Le président iranien Massoud Pezeshkian a déclaré que venger la mort du guide était un « devoir et un droit légitimes » de la République islamique.

« S’ils veulent le faire, qu’ils le fassent », lance Uri, un jeune Israélien de 23 ans, dans un abri antiaérien.

« On comprend qu’il n’y a pas le choix », affirme-t-il. « Si ça doit se répéter 30 fois pour que la situation soit meilleure demain, on le fera, parce qu’on a toujours de l’espoir ».

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