Onze ministres demandent l’autorisation d’une cérémonie de lever du drapeau à Gaza
Les signataires du Likud et d'Otzma Yehudit soutiennent l’appel de Nahala au ministère de la Défense pour approuver l’événement, censé "affirmer que Gaza fait partie d’Israël"

Onze ministres israéliens, dont huit issus du parti du Premier ministre Benjamin Netanyahu, ont demandé jeudi à leur collègue de la Défense d’autoriser la tenue d’une cérémonie de lever du drapeau israélien à l’occasion de la fête juive de Hanouka dans la bande de Gaza.
Cette demande figure dans une lettre publiée par le mouvement nationaliste pro-implantations Nahala (« Héritage »), à l’origine de l’initiative, annonçant son intention d’organiser « une cérémonie de lever du drapeau à Nisanit », un site situé dans une zone de Gaza désormais sous contrôle de l’armée israélienne, à proximité de la frontière avec Israël.
Dans ce courrier, les ministres signataires estiment qu’il « est temps d’affirmer fièrement que Gaza fait partie de la terre d’Israël, n’appartient qu’au peuple juif et doit donc devenir immédiatement une partie de l’État d’Israël ».
« Nous demandons d’autoriser cet événement, qui consiste essentiellement à lever le drapeau d’Israël sur les ruines de l’implantation de Nisanit », une ancienne implantation juive située dans le nord de la bande de Gaza et démantelée en 2005 lors du retrait israélien unilatéral du territoire, écrivent-ils.
Parmi les 21 élus signataires (sur 120), issus des partis Otzma Yehudit et Likud, figurent notamment le ministre de la Sécurité nationale d’extrême droite Itamar Ben Gvir (Otzma Yehudit), ainsi que huit ministres du Likud, le parti de Netanyahu, dont Miri Regev, ministre des Transports et proche du chef du gouvernement, ainsi que Nir Barkat, Eli Cohen, May Golan, Miki Zohar, Shlomo Karhi et Idit Silman.
La lettre affirme en outre que le Hamas enfreint régulièrement le cessez-le-feu et que, loin d’être anéanti en tant que force militaire, le groupe terroriste « gagne en puissance chaque jour qui passe ».
« Il est plus clair que jamais que la situation actuelle ne correspond pas à la définition d’une victoire dans cette guerre », écrivent les signataires.
Selon eux, la victoire « ne pourra être obtenue que par une démarche diplomatique visant à prendre le contrôle du territoire et à en faire une partie indivisible de l’État d’Israël ».
Une telle initiative créerait « un effet dissuasif à long terme pour nos ennemis » et démontrerait, « à nos ennemis comme au monde entier, la victoire d’Israël dans cette guerre ».
L’événement est prévu pour le 18 décembre, cinquième soir de Hanoukka, la fête juive des Lumières, qui dure huit jours et débute dimanche soir.
Le ministère de la Défense n’a pas répondu à une demande de commentaire de l’AFP, mais le quotidien Israel Hayom écrit que, selon des sources sécuritaires anonymes, la cérémonie ne devrait pas recevoir l’aval du ministre de la Défense Israel Katz.
הקואליציה מתאחדת למען עזה????
מחצית מחברי הקואליציה במכתב לשר הביטחון כץ בדרישה לאשר את הנפת הדגל בניסנית ????????
נר חמישי – כולם מגיעים!
הצטרפו אלינו!
כ"ח כסלו (18.12) | 16:00 | חורבות היישוב ניסנית
לפרטים 3051*הגיע הזמן להתיישב בעזה! pic.twitter.com/2XALS0JjEd
— נחלה – תנועה להתיישבות ???? (@T_Nachala) December 11, 2025
Ces sources évoquent la sensibilité diplomatique d’un événement civil à Gaza et précisent qu’une telle initiative nécessiterait également l’approbation du Premier ministre. La zone concernée est par ailleurs actuellement classée zone militaire fermée.
Cette lettre fait suite à une missive similaire adressée mercredi à Katz par des responsables locaux du Likud, l’exhortant également à autoriser l’événement.
Mercredi, l’armée israélienne a indiqué avoir arrêté « plusieurs civils israéliens qui avaient franchi la frontière entre le territoire israélien et la bande de Gaza ».
L’organisation d’extrême droite Honenu a confirmé jeudi que « des dizaines d’activistes de droite avaient franchi mercredi la barrière frontalière avec Gaza pour appeler à la construction d’implantations juives sur les ruines de Nisanit ».
En vertu du fragile cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre entre Israël et le groupe terroriste islamiste palestinien du Hamas, Israël s’est replié à l’intérieur de la bande de Gaza derrière une ligne lui laissant le contrôle de plus de la moitié de ce territoire ravagé par deux ans de guerre.
La guerre a été déclenchée par le pogrom dans le sud d’Israël perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023, au cours duquel les terroristes du groupe ont assassiné plus de 1 200 personnes et en ont kidnappé 251 pour les emmener en otages dans la bande de Gaza.
Nahala milite pour l’établissement d’implantations juives à Gaza depuis les premiers mois du conflit.
Cette idéologie bénéficie d’un soutien notable au sein du gouvernement. Le ministre des Finances Bezalel Smotrich, chef du parti HaTzionout HaDatit, a qualifié la bande de Gaza de « partie indissociable » d’Israël, tandis que d’autres ministres et députés ont appelé à y imposer la loi martiale et à rétablir des implantations.
Netanyahu a jusqu’à présent exclu toute réimplantation à Gaza, bien que plusieurs ministres de sa coalition et des élus du Likud aient soutenu publiquement cette idée et participé à des manifestations pro-implantations organisées par Nahala près de la frontière.







