Pétition de professionnels contre le projet de téléphérique de la Vieille Ville
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Pétition de professionnels contre le projet de téléphérique de la Vieille Ville

Dans un recours auprès de la Cour suprême, ils avancent notamment l'argument qu'un gouvernement de transition n'était pas autorisé à valider un tel projet

Le projet de téléphérique pour la Vieille Ville de Jérusalem, comme le montre une capture d'écran d'une vidéo de l'ONG Emek Shaveh, qui s'oppose à ce projet
Le projet de téléphérique pour la Vieille Ville de Jérusalem, comme le montre une capture d'écran d'une vidéo de l'ONG Emek Shaveh, qui s'oppose à ce projet

Un groupe d’archéologues, d’architectes et de chercheurs a déposé un recours devant la Cour suprême aux côtés de l’association Emek Shaveh afin de bloquer le projet controversé de téléphérique vers le mur Occidental de la Vieille Ville de Jérusalem.

Ils avancent l’argument qu’un gouvernement de transition n’était pas autorisé à valider un tel projet et que les projections sur l’impact visuel du téléphérique n’étaient pas réalistes, a rapporté le quotidien Haaretz.

En outre, selon le recours déposé mardi, alors que le projet a été présenté comme visant à aider à résoudre les problèmes de transports dans la capitale, le ministère des Transports n’a pas été consulté.

« C’est comme si le ministère du Tourisme décidait de mettre en place un hôpital de tourisme médical sans consulter le ministère de la Santé dans le processus de construction », pouvait-on lire dans le recours.

Une représentation artistique d’une station sur la route de l’ancien tramway qui s’étend de la Première station de Jérusalem au mur Occidental dans la Vieille Ville. (Crédit : Autorité du développement de Jérusalem)

Les signataires du recours incluent les lauréats du Prix Israël, le professeur Amihai Mazar et le professeur Arnon Ben-Tor, ainsi que le professeur Benjamin Z. Kedar, ancien président de l’Autorité des Antiquités d’Israël.

Le recours a été déposé après qu’une commission gouvernementale a donné son autorisation finale au lancement du projet, plus tôt ce mois. Le ministre des Finances Moshe Khalon a déclaré que le projet avait reçu le feu vert de la commission ministérielle de l’urbanisme, de la construction, de la terre et du logement, connu sous le nom de Cabinet d’urbanisme, qu’il préside.

Le téléphérique est présenté comme une attraction touristique, mais aussi comme une solution aux problèmes de circulation et de pollution autour des murs de la Vieille Ville. Pourtant, ses détracteurs affirment qu’il va défigurer le paysage en contribuant à la « Disneyfication » de la zone entourant le quartier.

Selon les défenseurs du projet, jusqu’à 3 000 personnes seront transportées par heure en pic d’activité dans les 72 cabines de 10 personnes qui relieront la zone commerciale et de divertissement de la première station à la porte des Maghrébins de la Vieille Ville, près du mur Occidental.

Les téléphériques passeront par le quartier d’Abu Tor avant de survoler la Vallée Hinnom pour effectuer un arrêt au mont Sion. Ils continueront ensuite au-dessus du village palestinien de Silwan jusqu’à leur destination finale – le Centre Kedem qui doit encore être construit – un énorme complexe de plusieurs étages que la Fondation de la Ville de David prévoit de construire au sommet du parking Givati, à proximité de la porte des Maghrébins, juste devant les murs de la Vieille Ville.

L’ensemble du parcours d’1,5 kilomètre prendra seulement cinq minutes.

Capture d’écran d’une vidéo promotionnelle pour le téléphérique de la Vieille Ville de Jérusalem montrant une représentation de cabines passant au-dessus de la Vallée Hinnom. (YouTube)

Le projet est fortement soutenu par le ministre du Tourisme Yariv Levin et le maire de Jérusalem Moshe Lion, mais de nombreux experts y sont opposés. Ses détracteurs affirment que le projet est envahissant et politiquement irresponsable. En outre, ils considèrent qu’il ne résoudra pas les problèmes de circulation et d’autres problèmes qu’il prétend solutionner.

Pour des architectes, des universitaires, des experts en conservation du patrimoine et des guides touristiques il s’agit d’une idée irréfléchie qui va défigurer le paysage historique avec 15 pylônes massifs, gâchant des vues uniques sur la Vieille Vielle et ses murs – un site du patrimoine mondial de l’UNESCO – et ne servira pas à grand-chose concernant la circulation.

Le projet est une des priorités du Conseil national d’urbanisme – un organe du ministère des Finances mis en place pour gérer les grands projets d’infrastructure comme des lignes de tramway qui dépassent les compétences des autorités locales.

Un amendement gouvernemental de 2016 au projet de loi – apparemment spécifiquement adapté au futur téléphérique – a ajouté les projets « d’infrastructure touristique » à la définition de ceux dits « d’infrastructures nationales », en mentionnant spécifiquement les systèmes de transports touristiques.

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