Israël en guerre - Jour 146

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Interview

Pour les Shaer, la mort d’al-Arouri aide à faire le deuil de Gilad, tué en 2014

Bat-Galim Shaer, dont le fils a été tué par le Hamas, concentre son énergie sur la création d'une cohésion et d'une résilience au sein de la société israélienne, notamment en temps de guerre

Les parents de Naftali Fraenkel, 16 ans, Eyal Yifrah, 19 ans, et Gilad Shaer, 16 ans, de gauche à droite, les trois adolescents israéliens qui ont été enlevés et tués en Cisjordanie, pendant les funérailles communes de leurs fils, à Modiin, le 1er juillet 2014. (Crédit : Baz Ratner/AP/Pool)
Les parents de Naftali Fraenkel, 16 ans, Eyal Yifrah, 19 ans, et Gilad Shaer, 16 ans, de gauche à droite, les trois adolescents israéliens qui ont été enlevés et tués en Cisjordanie, pendant les funérailles communes de leurs fils, à Modiin, le 1er juillet 2014. (Crédit : Baz Ratner/AP/Pool)

L’assassinat ciblé de Saleh al-Arouri par une frappe de drone israélien à Beyrouth le 2 janvier a permis de refermer un peu la blessure de Bat-Galim Shaer, son époux Ofir et leurs cinq filles.

Numéro 2 du Hamas à l’étranger et architecte de l’infrastructure du groupe terroriste palestinien du Hamas en Cisjordanie, al-Arouri est considéré par les agences de renseignement israéliens comme celui ayant planifié l’enlèvement et le meurtre en juin 2014 du fils des Shaer, Gilad, ainsi que de deux autres adolescents israéliens, Naftali Fraenkel et Eyal Yifrach. Cet événement tragique avait déclenché une opération de sept semaines d’Israël contre le groupe terroriste palestinien du Hamas cet été-là.

« Le meurtre d’al-Arouri ne ramènera pas notre fils, mais il permet de tourner la page. Les personnes qui attaquent Israël doivent savoir qu’elles en paieront le prix. Israël sait comment traiter avec les dirigeants du Hamas et du Hezbollah et ne pense plus que si nous ne réagissons pas, tout s’arrangera », a affirmé Bat-Galim Shaer.

« Mais il est important de souligner que [l’assassinat d’al-Arouri] est une victoire nationale et non personnelle. Il ne s’agit pas d’un règlement de compte entre la famille Shaer et ce meurtrier. Il a toujours planifié davantage de meurtres, d’enlèvements et d’attaques. Ce que cela signifie, c’est qu’il y a une personne maléfique comme lui de moins sur Terre et que quiconque commet des actes de terrorisme perdra », a-t-elle déclaré.

A LIRE : « Il voulait le martyre, et il l’a obtenu », dit la mère du numéro 2 du Hamas tué à Beyrouth

Après avoir interviewé les Shaer à de multiples reprises dans les années qui ont suivi l’assassinat Gilad, le Times of Israel a voulu savoir comment ils se portaient durant la guerre actuelle qui a commencé à la suite de l’attaque sauvage du Hamas contre le sud d’Israël le 7 octobre. Ce jour-là, le groupe terroriste palestinien a détruit des communautés entières et massacré 1 200 personnes, principalement des civils. Au moins 240 Israéliens et ressortissants étrangers de tous âges ont été emmenés à Gaza en tant qu’otages. 136 d’entre eux s’y trouveraient encore, dont certains seraient décédés.

Bat-Galim a expliqué que la vie continue du mieux possible pour sa famille en ces « jours compliqués et difficiles ».

Ofir Shaer et son fils, Gilad Shaer, avant son enlèvement et son assassinat en 2014 par des terroristes du Hamas. (Crédit : Famille Shaer)

« Nos filles ont grandi, chacune à sa manière. Deux sont mariées et nous avons deux petits-enfants de l’une d’entre elles », a rapporté Bat-Galim.

« Nous nous occupons, mais la douleur [de la perte de Gilad] ne guérit pas. La tristesse est toujours présente. Nous ressentons un manque [de ce qu’il serait devenu] qui ne disparaîtra jamais. Cela fait partie de nous », a-t-elle expliqué.

Tandis que son mari continue de travailler en tant qu’avocat et fiscaliste, Bat-Galim siège au conseil d’administration des Archives sionistes centrales et est retournée à l’Université de Bar-Ilan pour terminer sa thèse de doctorat dans le Département de l’éducation formelle. Elle donne également des conférences sur la résilience et enseigne des méthodes pour faire face à la situation, ce dont les Israéliens ont grandement besoin en ce moment.

« Nous en avons particulièrement besoin aujourd’hui, mais même avant la guerre, c’était pertinent. Tout le monde doit faire face à quelque chose, qu’il s’agisse du stress lié à la nécessité de gagner sa vie, de l’alyah [immigration en Israël], de problèmes de santé, etc. Nous devons savoir comment faire face à la réalité, avoir des outils et savoir où placer notre énergie », a expliqué Bat-Galim.

Bat-Galim Shaer et son fils Gilad Shaer, kidnappé et assassiné par des terroristes palestiniens au mois de juin 2014. (Crédit : Autorisation)

Peu après l’assassinat de Gilad, les Shaer ont fondé une organisation à but non lucratif appelée Sonshine en sa mémoire et à celle des deux autres garçons assassinés. Les Shaer ont également collaboré avec les Fraenkel et les Yifrach pour créer la Journée annuelle de l’unité et le Prix de l’unité de Jérusalem, qui récompense les efforts d’organisations et d’individus en Israël et dans le monde juif qui œuvrent activement à la promotion de l’unité au sein de la société israélienne et entre Israël et les communautés juives du monde entier.

Après l’année écoulée, qui a vu la nation israélienne et le peuple juif mondial aux bords de la fracture dans le cadre du plan largement controversé de refonte du système judiciaire du gouvernement, Bat-Galim a déclaré qu’elle reste positive quant à la cohésion au sein de la société israélienne.

« Je pense que nous progressons toujours sur le plan personnel et social, même en termes d’unité. C’est comme une spirale qui s’élève de plus en plus. Beaucoup plus de personnes et d’organisations se préoccupent de la cohésion aujourd’hui qu’il y a une dizaine d’années. Il y a plus de discussions et plus d’actions », a souligné Bat-Galim.

Dans le même temps, elle reconnaît qu’il est plus facile à dire qu’à faire pour que chaque citoyen préserve l’unité au sein de la société israélienne et s’auto-contrôle sur la manière dont il interagit avec les autres.

« Les gens doivent comprendre que nous avons des différences. Qu’il y a de la variété et du pluralisme, et c’est exactement ce qui nous rend plus forts. Lorsque vous êtes ouvert à d’autres voix, vous ne devez pas nécessairement changer d’opinion, mais votre esprit est ouvert à d’autres perspectives et [ainsi] vous évoluez », a poursuivi Bat-Galim.

« Toutes les études montrent que nous sommes d’accord sur 80 % des choses, donc personne n’a besoin de faire de compromis. Il s’agit de créer quelque chose qui tienne compte de la différence et de la variété et de construire quelque chose de nouveau pour l’unité de la société israélienne et pour l’unité entre Israël et la Diaspora juive », a-t-elle affirmé.

Sonshine gère toute une série de programmes et d’initiatives et, dès que la guerre actuelle a éclaté, elle a pris sous son aile la communauté du kibboutz Kerem Shalom. Ses habitants ont été évacués immédiatement après le 7 octobre vers Eilat et ont récemment été transférés à Ashalim, situé à 35 kilomètres au sud de Beer Sheva.

Grâce à la collecte de fonds et au soutien du Keren HaYesod – United Israel Appeal, Sonshine a pu fournir aux familles de Kerem Shalom des vêtements chauds, des fournitures scolaires et du matériel pour l’équipe d’intervention rapide du kibboutz. Sonshine a également financé des activités spéciales pour les enfants.

Bat-Galim Shaer, deuxième à partir de la gauche, livrant des colis « Matok Balev » de l’organisation Sonshine, qui a été créée en mémoire de Gilad Shaer, Naftali Fraenkel et Eyal Yifrach, qui ont été tués par des terroristes du Hamas en 2014, aux soldats israéliens pendant la guerre Israël-Hamas, en décembre 2023. (Crédit : Sonshine)

« Nous leur avons donné tout ce dont ils avaient besoin et nous serons à leurs côtés aussi longtemps que nécessaire », a assuré Bat-Galim.

Le lien entre Sonshine et Kerem Shalom n’est pas une coïncidence, car dans ce kibboutz les familles pratiquantes et laïques vivent ensemble en harmonie.

« Cela s’inscrit parfaitement dans notre programme d’unité », a souligné Bat-Galim.

Elle estime qu’il est inutile de s’attarder sur la question de savoir si l’ennemi a profité des récentes dissensions extrêmes au sein de la société israélienne, ou de désigner des coupables. Pointer du doigt n’aidera pas Israël à mener cette guerre, a-t-elle insisté.

« L’unité n’est pas un simple slogan. Elle est nécessaire à notre force nationale et à notre résilience, toujours et surtout aujourd’hui », a déclaré Bat-Galim.

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