Israël en guerre - Jour 138

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Le numéro 2 du Hamas tué dans une frappe imputée à Israël en banlieue de Beyrouth

Israël n'a pas commenté l'explosion d'un bureau du Hamas à Dahiyeh, qui aurait tué 6 personnes dont le chef terroriste ; tous les regards se tournent vers le Hezbollah, qui a déclaré qu'il riposterait à tout ciblage du Hamas au Liban

Saleh al-Arouri, numéro deux du groupe terroriste palestinien du Hamas. (Autorisation)
Saleh al-Arouri, numéro deux du groupe terroriste palestinien du Hamas. (Autorisation)

Le chef adjoint du Hamas, Saleh al-Arouri, recherché depuis des années par Israël et considéré comme le principal orchestrateur du terrorisme en Cisjordanie, a été tué mardi soir lors d’une frappe attribuée à Israël à Dahiyeh, dans la banlieue de Beyrouth, ont déclaré des responsables des groupes terroristes du Hamas palestinien et du Hezbollah libanais.

L’agence de presse nationale libanaise a déclaré qu’un drone israélien était à l’origine de l’explosion.

Les responsables israéliens se sont refusés à tout commentaire.

L’explosion a secoué la banlieue sud de la capitale libanaise, qui est un bastion du Hezbollah, allié du Hamas. L’explosion a provoqué un incendie dans la rue Hadi Nasrallah, au sud de Beyrouth.

Au total, sept personnes ont été tuées dans la frappe imputée à Israël, qui a visé le bureau du groupe terroriste islamiste palestinien dans la banlieue de Beyrouth, selon l’agence officielle libanaise ANI.

« Une réunion des formations palestiniennes se tenait » dans ce bâtiment de la banlieue sud, fief du Hezbollah pro-iranien, au moment de la frappe, a indiqué l’agence.

Selon des informations non confirmées, deux des personnes tuées étaient des personnalités du Hamas subordonnées à Arouri.

Les médias arabes rapportent que Samir Findi et Azzam Al-Aqraa, hauts responsables militaires du Hamas, ont été identifiés parmi les six personnes tuées à Dahiyeh.

Israël s’est engagé à traquer tous les dirigeants du Hamas après l’attaque dévastatrice du 7 octobre contre Israël, qui a fait quelque 1 200 morts, pour la plupart des civils, tandis que plus d’une centaine d’otages sont toujours retenus dans l’enclave sur les 240 personnes prises en otage lors de ce Shabbat noir.

Si Israël est à l’origine de l’attaque, cela pourrait marquer une escalade dans le conflit régional. Le Hezbollah mène des attaques contre le nord d’Israël depuis le 8 octobre, invoquant son soutien au Hamas, ce qui entraîne des affrontements limités mais quotidiens le long de la frontière et fait craindre une guerre de plus grande ampleur.

Des pompiers éteignent le feu à l’intérieur d’un appartement après une explosion dans la banlieue sud de Beyrouth, au Liban, le 2 janvier 2024. (Crédit : AP Photo/Hussein Malla)

Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a promis de riposter à tout ciblage israélien de responsables palestiniens au Liban. Arouri était considéré comme un proche de Nasrallah et les deux hommes devaient, semble-t-il, se rencontrer mercredi.

Basé au Liban, Arouri, 57 ans, était l’un des fondateurs de la branche armée du Hamas, chef adjoint du bureau politique du groupe terroriste et considéré comme le chef de facto de la branche armée du Hamas en Cisjordanie, bien qu’il ait longtemps résidé ailleurs. Il était considéré comme la figure la plus notoire du Hamas dans la coordination du terrorisme contre Israël en Cisjordanie.

Le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah, à droite, rencontrant Ziad al-Nakhleh, le chef du Jihad islamique palestinien, au centre, et le chef adjoint du Hamas, Saleh al-Arouri, à Beyrouth, au Liban, le 25 octobre 2023. (Crédit : Bureau des relations avec les médias du Hezbollah, via AP)

« Les lâches assassinats menés par l’occupant sioniste [Israël, NDLR] contre les leaders et symboles de notre peuple palestinien à l’intérieur et à l’extérieur de la Palestine, ne parviendront pas à briser la volonté et la résilience de notre peuple, ni à entraver la poursuite de sa vaillante résistance », a déclaré Ezzat al-Risheq, membre du bureau politique du Hamas, dans un communiqué.

Ismaïl Haniyeh a affirmé, pour sa part, que le Hamas « ne sera jamais vaincu ».

« Un mouvement dont les leaders et les fondateurs tombent en martyrs pour la dignité de notre peuple et de notre nation, ne sera jamais vaincu », a-t-il estimé dans une allocution télévisée. « C’est l’histoire de la résistance et du mouvement qui, après l’assassinat de ses leaders, devient encore plus fort et déterminé », a ajouté Haniyeh.

Le chef du Hamas a déclaré, en outre, que cette frappe « est une violation de la souveraineté du Liban et une extension du cercle de l’agression [d’Israël] contre notre peuple ».

« Les répercussions de cet acte terroriste relèvent de la responsabilité de l’occupation nazi-sioniste, qui ne parviendra pas à briser la volonté, la fermeté et la résistance de notre peuple », a affirmé Haniyeh.

La branche de Ramallah du Fatah, le parti du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, a annoncé une grève générale pour mercredi en réponse à la mort d’Arouri.

Cette annonce démontre une fois de plus la popularité du Hamas en Cisjordanie.

Il convient, de surcroît, de noter que le soutien du Hamas parmi les Gazaouis – qui eux subissent les retombées des décisions du groupe terroriste – n’est pas aussi élevé, selon de récents sondages.

Le Premier ministre de l’Autorité palestinienne Mohammed Shtayyeh a condamné « l’assassinat qui a eu lieu dans la banlieue sud de la capitale libanaise mardi soir, où Saleh al-Arouri, le vice-président du bureau politique du mouvement Hamas, a été tué, ainsi que deux de ses accompagnateurs ».

Bien que le Hamas et l’Autorité palestinienne soient brouillés depuis 2007, Shtayyeh a qualifié la frappe « de crime perpétré par des criminels connus » et a mis en garde « contre les risques et les conséquences qui pourraient en découler », selon un communiqué de son bureau.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Nasser Kanaani, a condamné l’assassinat « ignoble » d’Arouri.

« Le sang de ce martyr va sans aucun doute provoquer une nouvelle poussée dans les veines de la résistance et motiver la lutte contre l’occupant sioniste, non seulement en Palestine, mais aussi dans la région et parmi tous les défenseurs de la liberté dans le monde entier », a déclaré Kanaani.

Le député Danny Danon (Likud) a tweeté sur X qu’il félicitait « l’armée israélienne, le Shin Bet, le Mossad et toutes les forces de sécurité » pour l’assassinat d’Arouri.

Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a également tweeté, mais de manière plus ambivalente, en citant un verset du livre des Juges : « Que tous tes ennemis périssent ».

La Douzième chaîne a rapporté que le secrétaire du cabinet Yossi Fuchs a envoyé une circulaire aux ministres leur ordonnant de ne pas parler publiquement de la frappe. Cependant, ni Danon ni Smotrich n’ont supprimé leurs tweets.

Le porte-parole du Premier ministre Benjamin Netanyahu pour les médias étrangers, Mark Regev, a été interrogé lors d’une interview sur MSNBC sur l’assassinat du chef adjoint du Hamas.

Cherchant ses mots, Regev souligne que la frappe ne visait que des responsables du Hamas, dans une tentative apparente d’inciter le Hezbollah à limiter sa riposte.

« Il est évident qu’au Liban, il y a de nombreuses cibles du Hezbollah, mais l’auteur de cette frappe a été très chirurgical et a visé une cible du Hamas parce qu’Israël est en guerre… L’auteur de cette frappe a un compte à régler avec le Hamas », a déclaré Regev.

« Qui que ce soit, il ne s’agit pas d’une attaque contre l’État libanais. Ce n’est pas une attaque contre l’organisation terroriste du Hezbollah. Qui que ce soit, c’est une attaque contre le Hamas, c’est très clair », ajoute-t-il.

Lors d’une conférence de presse tenue le 22 novembre à Tel-Aviv avec les membres du cabinet de guerre, Netanyahu avait déclaré qu’il avait « déjà donné l’ordre » à l’agence d’espionnage Mossad de cibler les chefs du Hamas « où qu’ils se trouvent ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le ministre de la Défense Yoav Gallant et le ministre du Cabinet de guerre Benny Gantz prennent la parole lors d’une conférence de presse au siège du ministère de la Défense à Tel Aviv, le 22 novembre 2023. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

Lors de la même conférence de presse en novembre, le ministre de la Défense Yoav Gallant avait déclaré que tous les dirigeants du Hamas étaient « en sursis ».

« La lutte est mondiale : qu’il s’agisse des hommes armés sur le terrain ou de ceux qui profitent des jets de luxe pendant que leurs émissaires agissent contre des femmes et des enfants, ils sont destinés à mourir ».

De lourds antécédents de terrorisme

Les services de renseignement israéliens pensent que, parmi de nombreuses autres attaques, Arouri a été l’un des cerveaux de l’enlèvement et du meurtre de trois adolescents israéliens – Gil-ad Shaar, Eyal Yifrach et Naftali Fraenkel – en juin 2014.

Il a purgé plusieurs peines dans des prisons israéliennes et a été libéré en mars 2010 dans le cadre des efforts visant à parvenir à un échange de prisonniers plus important pour Gilad Shalit, un caporal de Tsahal enlevé par le Hamas en 2006. Arouri a ensuite participé à l’élaboration de l’accord qui prévoyait la libération de plus de 1 000 prisonniers palestiniens des prisons israéliennes en échange de la libération de Shalit en 2011.

Il s’est installé à Istanbul, mais a été contraint de déménager lorsqu’Israël a brièvement rétabli les liens avec la Turquie après des années d’hostilité. (Les liens se sont à nouveau détériorés lors de la dernière guerre à Gaza)

Naftali Fraenkel, Gil-ad Shaar et Eyal Yifrach (Crédit : autorisation)

Après avoir passé du temps en Syrie, Arouri s’est finalement installé à Beyrouth, d’où il a dirigé les opérations du Hamas en Cisjordanie, encourageant les activités terroristes et organisant le transfert de fonds pour financer les attentats.

Il était également l’un des responsables du Hamas les plus étroitement liés à l’Iran et au groupe terroriste Hezbollah au Liban. C’est là qu’Arouri aurait créé une force locale du Hamas à partir d’activistes vivant dans les camps de réfugiés palestiniens au Liban.

Le 7 octobre, alors qu’il regardait les terroristes du Hamas diffuser en direct leur attaque brutale contre Israël, Arouri, ainsi que le chef du bureau politique du Hamas, Ismail Haniyeh, et d’autres membres de la direction du Hamas ont été vus dans une vidéo « se prosterner en signe de gratitude », vraisemblablement au Qatar.

Dans une interview accordée le 8 octobre à Al Jazeera, Arouri a défini l’assaut sans précédent lancé la veille par le groupe terroriste contre Israël – au cours duquel les terroristes du Hamas ont massacré quelque 1 200 personnes, pour la plupart des civils, en commettant des atrocités brutales, notamment des viols, des exécutions et des incendies – comme une « bataille ouverte » visant à parvenir à la « libération » du peuple palestinien et de ses lieux saints.

Il a affirmé qu’il s’agissait d’une réaction à la « profanation » par des fidèles juifs de l’enceinte d’Al-Aqsa sur le mont du Temple à Jérusalem pendant la fête de Souccot, et affirmait qu’Israël avait prévu d’imposer une « nouvelle réalité » sur le mont du Temple après la fête.

« Nous avons un plan pour toutes les étapes de ce conflit », avait déclaré Arouri, « à la fois en cas de demande israélienne de cessez-le-feu et en cas de poursuite de l’escalade de la violence. Nous sommes préparés à toutes les options. »

Il avait ajouté qu’une invasion terrestre israélienne serait le « meilleur scénario » pour le Hamas.

« Nous ne nous sommes pas engagés dans cette bataille pour quelques heures seulement. Nous y sommes entrés en sachant qu’il y aurait des conséquences, et nous n’avons pas d’autre choix que de nous battre pour atteindre nos objectifs élevés », a-t-il déclaré.

Sur cette photo diffusée par le bureau des médias du Hamas, Ismail Haniyeh, à droite, chef du bureau politique du Hamas, serre la main de son adjoint Saleh al-Arouri à son arrivée à Gaza depuis le Caire, en Egypte, à Gaza City, le 2 août 2018 (Crédit : Mohammad Austaz/Bureau des médias du Hamas via AP)

Fin octobre, en réponse aux massacres, Israël a lancé une opération à grande échelle de la bande de Gaza dans le but déclaré de détruire le Hamas. Les combats se poursuivent, le nord de la bande étant largement sous contrôle israélien, tandis que des batailles intensives se poursuivent dans le sud et le centre.

Arouri a joué un rôle déterminant dans les négociations pour la libération de certains otages en novembre, lorsqu’une centaine d’entre eux ont été libérés au cours d’une trêve d’une semaine contre près de 300 prisonniers palestiniens incarcérés en Israël pour atteinte à la sécurité nationale.

Début décembre, il a déclaré dans une interview accordée à Al Jazeera que les négociations avec Israël en vue de nouvelles libérations d’otages en échange de prisonniers palestiniens avaient cessé et qu’il n’y aurait pas d’autres échanges tant qu’Israël n’aura pas mis fin à sa guerre dans la bande de Gaza.

Le 31 octobre, les forces israéliennes ont démoli une maison appartenant à Arouri dans la ville cisjordanienne de Arura, près de Ramallah. Après la destruction du bâtiment, une bannière accrochée par les soldats israéliens a été exposée sur les décombres, représentant une combinaison des drapeaux du Hamas et du groupe terroriste État islamique, avec le slogan, en arabe, « Hamas = ISIS ».

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