Israël en guerre - Jour 190

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Pour son anniversaire, le Hamas brandit l’arme de Hadar Goldin

Le groupe terroriste a fait savoir que la fenêtre d'opportunité pour le rapatriement des dépouilles des deux militaires morts sur le front était en train de se fermer

Un membre masqué du Hamas brandit le fusil du soldat israélien Hadar Goldin sous les yeux de Yahya Sinwar, chef du groupe terroriste à Gaza, le 14 décembre 2022. (Capture d'écran)
Un membre masqué du Hamas brandit le fusil du soldat israélien Hadar Goldin sous les yeux de Yahya Sinwar, chef du groupe terroriste à Gaza, le 14 décembre 2022. (Capture d'écran)

Le groupe terroriste du Hamas a organisé un rassemblement majeur dans la bande de Gaza, mercredi, célébrant le 35e anniversaire depuis sa fondation. Il a averti que la fenêtre d’opportunité pour le rapatriement des dépouilles des deux soldats israéliens qui se trouvent en sa possession était en train de se fermer.

Au rassemblement, un intervenant, le visage dissimulé sous un masque, a brandi l’arme d’assaut qui, selon lui, appartenait au soldat Hadar Goldin, tué au combat. Goldin et Oron Shaul, un autre militaire de Tsahal, avaient été tués au sein de l’enclave côtière au mois d’août 2014 pendant le conflit qui avait opposé, cette année-là, Israël et le Hamas, et leurs corps sans vie avaient été kidnappés par les forces du groupe terroriste qui les retiennent en otage depuis.

Le Hamas a aussi présenté des photos de l’arme et de son numéro de série, apparemment pour prouver son identification.

Malgré les efforts en cours livrés par les familles des soldats et par les Premiers ministres israéliens successifs, et en dépit d’informations non-confirmées sur des négociations répétées qui ont souvent avorté, les dépouilles n’ont jamais été rendues à l’État juif. Le groupe détiendrait aussi en captivité deux civils israéliens, Avera Mengistu et Hisham al-Sayyed, qui étaient entrés au sein de l’enclave côtière de leur plein gré et qui seraient toujours vivants.

Le Hamas demanderait la libération d’un grand nombre de prisonniers en échange de leur délivrance.

Le chef du groupe terroriste à Gaza, Yahya Sinwar, a confirmé lors du rassemblement qu’il y avait des négociations en cours, avertissant qu’Israël n’avait dorénavant « qu’un délai limité » pour conclure un accord. Il a ajouté que les pourparlers se termineraient le cas échéant et que le Hamas « trouvera un autre moyen d’obtenir la libération de nos prisonniers ».

Le Hamas a écrit dans un communiqué qui accompagnait les photos de l’arme et qui a été publié mercredi que « nous nous souvenons très bien du 1er août 2014, comme s’en souviennent très bien aussi les chefs et les soldats de l’occupation, même s’ils prétendent l’avoir oublié. Ce jour-là, ils avaient perdu le contact avec l’officier Hadar Goldin, capturé par nos héros triomphants ».

Le communiqué a ajouté que l’arme « a fait partie du butin pris par les soldats du Hamas en cette journée formidable, un signe de l’échec de l’armée d’occupation et un trophée à ajouter à notre tableau d’honneur ».

Une photo émise par le Hamas montre l’arme de Hadar Goldin, soldat israélien tué en 2014 à Gaza, le 14 décembre 2022. (Crédit : Hamas)

Goldin a été tué quelques heures après la négociation d’un cessez-le-feu de 72 heures, sous l’égide des Nations unies et des États-Unis, entre Israël et le Hamas pendant cette guerre qui avait duré 49 jours.

L’un des objectifs poursuivis par Israël dans cette guerre – un objectif qui avait été largement atteint – avait été la neutralisation d’un réseau de tunnels souterrains sophistiqués qui, pour certains, pénétraient sur le territoire israélien, permettant aux combattants du Hamas d’y commettre des attaques.

La guerre de l’été 2014 avait fait 72 morts du côté israélien – 67 soldats et cinq civils avaient perdu la vie – et environ 2200 morts du côté palestinien, dont 65 % de civils, avait estimé l’ONU. L’armée israélienne, pour sa part, avait établi ce pourcentage à 36 %.

Des membres palestiniens des Brigades Ezzedine al-Qassam, la branche armée du mouvement terroriste Hamas, lors d’une patrouille à Rafah, dans la bande de Gaza, le 27 avril 2020. (Abed Rahim Khatib/Flash90)

Les événements de mercredi, qui ont marqué le 35e anniversaire du Hamas, ont été l’occasion, pour les hauts-responsables du groupe terroriste, de s’en prendre violemment à Israël et à l’Autorité palestinienne, en Cisjordanie, qui est dominée par le Fatah, son rival.

Sinwar a accusé l’AP d’avoir aidé Israël à arrêter environ 300 membres du Hamas en Cisjordanie, ces dernières semaines.

Un raid d’arrestation visant à appréhender des membres de groupes terroristes présumés, survenu dimanche à Jénine, en Cisjordanie, a entraîné la mort de Jana Zakarna, une adolescente de 16 ans abattue par un tir israélien. L’armée a reconnu que l’un de ses soldats était probablement à l’origine de la balle meurtrière, affirmant que le décès de la jeune fille était un accident.

Jana Majdi Assam Zakarna, 16 ans, qui a été tuée pendant des échanges de coups de feu entre les troupes israéliennes et des Palestiniens armés lors d’un raid à Jénine, en Cisjordanie, le 11 décembre 2022. (Crédit: Réseaux sociaux)

Sinwar a déclaré que « la campagne d’arrestations en Cisjordanie indique que les responsables de la coordination sécuritaire continuent leur sombre mission ».

Les membres du Hamas appellent Israël de manière presque universelle « l’occupation » et ils se réfèrent souvent à l’Autorité palestinienne, dirigée par le Fatah, comme à la « coordination sécuritaire ».

L’intérêt mutuel de l’Autorité palestinienne et de l’État juif – qui est de prévenir les agitations en Cisjordanie – a amené les deux parties à mettre en place un mécanisme de coopération. Un sondage réalisé en 2022 a révélé que 61 % des Palestiniens étaient favorables à la fin de cette coopération en Cisjordanie.

Sinwar a ensuite évoqué les différentes attitudes à l’égard du combat armé du Hamas et du Fatah.

« Le Hamas n’a jamais été en désaccord avec le Fatah en matière de stratégie quand le Fatah brandissait la bannière du combat armé, nous avons été en désaccord sur les règlements de compte qu’il devait y avoir avec Israël », a noté Sinwar.

Dans un entretien qui a eu lieu mercredi dernier en fin de matinée, le président de l’AP Mahmoud Abbas a réaffirmé son opposition à la résistance armée – ce qui est la ligne de son parti depuis la fin des années 1980 – tout en indiquant qu’il pourrait changer d’avis à l’avenir.

Un autre éminent leader du Hamas, le commandant militaire Muhammed Deif, a émis un rare communiqué public dans lequel il a réclamé « l’union » des factions palestiniennes en vue « de la libération de la Palestine ».

Il a aussi mis en garde les Israéliens en disant que « vous êtes trop impuissants et trop lâches pour réussir là où vos aïeux ont échoué. Votre destinée est que votre entité [l’État d’Israël] et vos synagogues seront effacées de nos terres ».

Deif figure sur la liste des personnes les plus recherchées depuis plus de 25 ans pour son implication dans la planification et dans l’exécution d’un grand nombre d’attentats terroristes et notamment dans de nombreuses attaques à la bombe commises contre des bus, dans le passé. Il a survécu à de multiples tentatives d’assassinat par les forces de sécurité israéliennes.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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