Quand l’art résiste à l’oubli : Zelman Utkès redécouvert à Tarbes
Jusqu’au 23 mai, le musée de la Déportation et de la Résistance de Tarbes expose les œuvres de Zelman Utkès, peintre juif polonais disparu à Auschwitz en 1944

Jusqu’au 23 mai, le musée de la Déportation et de la Résistance de Tarbes dévoile « Zelman Utkès, emporté dans la tempête », une exposition qui raconte la vie d’un peintre juif polonais disparu dans les camps et dont les œuvres traversent enfin le temps.
Installé à Tarbes avec son épouse Berthe, hébergés par des habitants de l’American Park, Utkès y passa trois ans et demi avant d’être arrêté par les forces allemandes et déporté à Auschwitz début 1944. Ils n’en revinrent jamais. Les nombreuses toiles qu’il laissa derrière lui ont été conservées chez lui jusqu’en 2024, date à laquelle elles rejoignirent le musée.
Né dans un milieu modeste, Utkès se forme dès son plus jeune âge dans une école d’artisanat, avant de se consacrer pleinement à la peinture. Son parcours artistique est marqué par de nombreux voyages : Vilnius, Odessa, Berlin, puis la Palestine, où il participe à l’assèchement des marais avant de contracter la malaria. En 1914, il quitte la Palestine pour l’Égypte et devient fonctionnaire dans l’administration anglaise, chargé de dessiner les mosaïques du désert. L’État anglais lui commande même un monument aux morts encore visible aujourd’hui dans le Sinaï.
En 1923, Utkès s’installe à Paris et se marie. À la veille de la Seconde Guerre mondiale, il se réfugie dans le sud de la France, mais sera arrêté et déporté.
L’exposition du musée de Tarbes offre au public une rare opportunité de découvrir un artiste dont le talent et l’histoire personnelle témoignent de la richesse de la mémoire artistique et humaine de cette époque.







