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Répression en Iran : Des radios médicales pointent des tirs ciblés – média

Des radiographies et des scanners publiés par The Guardian indiqueraient que les organes vitaux ont été intentionnellement visés

Des corps gisant dans des sacs mortuaires sur le sol tandis que des personnes se tiennent debout au milieu de la scène devant le centre hospitalier de Kahrizak à Téhéran, en Iran, sur cette capture d'écran tirée d'une vidéo obtenue sur les réseaux sociaux, le 11 janvier 2026. (Crédit : Réseaux sociaux/via Reuters)
Des corps gisant dans des sacs mortuaires sur le sol tandis que des personnes se tiennent debout au milieu de la scène devant le centre hospitalier de Kahrizak à Téhéran, en Iran, sur cette capture d'écran tirée d'une vidéo obtenue sur les réseaux sociaux, le 11 janvier 2026. (Crédit : Réseaux sociaux/via Reuters)

The Guardian a publié mardi une série exclusive de radiographies et de scanners provenant d’Iran qui, selon les services de secours, montrent le « ciblage délibéré » des organes vitaux des manifestants lors de la répression brutale du mois dernier.

Le docteur Ahmad – dont le nom a été changé pour protéger son identité mais dont les références ont été vérifiées par le journal – affirme avoir parlé à des collègues à travers l’Iran qui « signalent un schéma récurrent de blessures par balle délibérées visant des organes spécifiques, notamment les yeux et le cœur, et moins fréquemment la région génitale ».

« Ces blessures impliquent généralement un traumatisme oculaire pénétrant, une rupture du globe oculaire, un saignement intraoculaire grave, des lésions rétiniennes et une perte permanente de la vision », explique-t-il.

The Guardian a examiné plus de 75 séries d’images médicales provenant d’un hôpital d’une grande ville iranienne et prises en une soirée, lors de la répression.

Selon le journal, de nombreuses images montrent que les manifestants ont été touchés à bout portant ou à moyenne distance.

Des experts médicaux ont déclaré au Guardian que les médecins ne prenaient des radiographies que des patients qu’ils estimaient pouvoir sauver, ce qui signifie qu’il n’y a pas d’images des personnes tuées ou arrivées dans les centres hospitaliers avec les blessures les plus graves.

Des corps reposant dans des sacs mortuaires, au sol, au milieu de personnes se tenant devant l’hôpital de Kahrizak, à Téhéran, en Iran, diffusée le 11 janvier 2026. (Crédit : Réseaux sociaux/Reuters)

Un autre médecin a déclaré au journal, sous couvert d’anonymat, que les personnes arrivées à l’hôpital pour y être soignées avaient entre quelques mois et plus de 70 ans.

« Ils sont arrivés avec des blessures par balle et par plombs à différents endroits du corps : la poitrine, l’abdomen, les membres, les parties génitales, pratiquement sur tout le corps. Des blessures par balles réelles provenant de pistolets et de fusils AK-47 », a expliqué ce médecin.

« J’essaie encore de m’en remettre », a-t-il ajouté.

« On ne peut pas tout supporter. »

L’article du Guardian a été publié le jour du début du deuxième cycle de négociations nucléaires entre les États-Unis et l’Iran à Genève.

La veille au soir, le sénateur républicain considéré comme proche du président américain Donald Trump, avait déclaré au Times of Israel que les États-Unis devaient tenir leur promesse d’aider les manifestants iraniens opposés au régime.

Selon l’agence de presse basée aux États-Unis Human Rights Activists News Agency (HRANA), plus de 7 000 personnes, pour la plupart des manifestants, ont été tuées lors de la répression de la contestation en janvier, et plus de 53 000 personnes ont été arrêtées depuis.

Le site d’information iranien Iran International, proche de l’opposition, affirme que les forces du régime ont tué au moins 36 000 personnes les 8 et 9 janvier.

Le 21 janvier, le gouvernement iranien a communiqué son bilan, affirmant que 3 117 personnes avaient été tuées lors des manifestations anti-régime, et que la plupart d’entre elles étaient des membres des forces de sécurité ou des passants tués par des « terroristes » manipulés par Israël et les États-Unis.

Dans le passé, la théocratie iranienne a sous-estimé, voire nié, le nombre de décès liés aux troubles précédents.

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