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Rome : Commémoration des Juifs libyens dont les tombes ont été rasées sous Kadhafi

Les noms de 1 800 défunts sont inscrits sur une série de plaques dans un cimetière juif italien, après la destruction de presque toutes les tombes juives par l'ancien dictateur

La synagogue abandonnée Dar Bishi dans la capitale libyenne de Tripoli, le 12 avril 2015. (Crédit : Mahmud Turkia/AFP via Getty Images)
La synagogue abandonnée Dar Bishi dans la capitale libyenne de Tripoli, le 12 avril 2015. (Crédit : Mahmud Turkia/AFP via Getty Images)

JTA – De nombreux membres de la Diaspora juive libyenne savent que même s’ils retournent un jour en Libye, ils ne pourront plus jamais se rendre sur les tombes de leurs parents, grands-parents ou autres êtres chers qui ont vécu dans le pays alors qu’il abritait plus de 30 000 Juifs.

Une nouvelle initiative dans l’un des cimetières juifs de Rome vise à leur permettre de tourner la page, selon un article du British Jewish News.

La quasi-totalité des cimetières juifs de Libye – à l’exception d’un cimetière construit sur le terrain d’un camp de concentration italien – ont été rasés au bulldozer sous le règne de Mouammar Kadhafi, l’excentrique dictateur qui a dirigé l’État nord-africain de 1969 à son exécution, en 2011.

La guerre civile a fait rage en Libye jusqu’en 2020, et il ne reste presque rien des pierres tombales juives, car les terrains du cimetière ont depuis longtemps été remplacés par des parcs, et des immeubles d’habitation, entre autres constructions.

La semaine dernière, selon le Jewish News, 16 plaques de marbre ont été dévoilées dans la section juive du cimetière Prima Porta de Rome, portant 1 800 noms de Juifs libyens connus pour avoir été enterrés en Libye.

Avant de gagner son indépendance après la Seconde Guerre mondiale, la Libye était une colonie italienne, et de nombreux Juifs libyens avaient fui vers l’Italie pour échapper aux pogroms antisémites et autres persécutions qui avaient éclaté dans l’État nord-africain après la création de l’État d’Israël, puis après la guerre des Six Jours, en 1967.

Les dix commandements, gravés en hébreu, et une étoile de David décolorée, seules traces de judaïsme de la synagogue de Tripoli, autrefois élégante – le foyer spirituel de milliers de Juifs libyens jusqu’à sa destruction à la suite de la guerre des Six Jours en 1967. (Crédit : Larry Luxner/Times of Israel)

« Cela permet de tourner la page », a déclaré au média britannique Penina Meghnagi Solomon, une juive libyenne de 73 ans qui vit désormais à Santa Monica, en Italie. « Quand vos proches n’ont pas de tombe, cela aide énormément s’il y a un endroit avec leur nom, où vous pouvez vous recueillir et trouver la paix. »

Les plaques ont été financées par Judy Saphra, une philanthrope juive britannique née en Libye et qui a trouvé refuge en Italie lorsqu’elle a été contrainte de fuir dans son enfance.

« Ce mémorial pour mon père est dédié à un homme que je n’ai jamais connu – je suis née après sa mort aux mains des Arabes libyens, simplement parce qu’il était Juif », a-t-elle déclaré au Jewish News.

« Je n’ai jamais vu sa tombe parce que ma mère voulait m’épargner la douleur d’une si grande perte. Ce n’est que des années plus tard, alors qu’elle assistait aux funérailles de son propre père, qu’elle m’a prise par la main pour voir la tombe du mien. C’est pourquoi j’ai voulu commémorer et parrainer ce mémorial – au nom de mon père, et pour la communauté juive de Libye, à Rome. »

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