Suisse : Plus de 250 universitaires réclament la rupture d’un accord avec Israël
Un collectif d’universitaires demande la résiliation d’un partenariat académique avec Israël, dénonçant une « complicité avec les crimes commis à Gaza »

Un collectif rassemblant plus de 250 universitaires de Suisse a adressé, dans une démarche très hostile à Israël, une lettre ouverte au Secrétariat d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation, pour exiger la résiliation d’un accord académique avec Israël. Les signataires dénoncent ce partenariat comme une « complicité avec les crimes commis à Gaza ».
Les signataires demandent au Secrétariat à la formation de procéder à une « évaluation des projets en cours » dans les universités afin de déterminer d’éventuels liens avec l’armée israélienne et ce qu’ils qualifient de « politique génocidaire » menée par le gouvernement du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Ils réclament la rupture de l’accord « Lead Agency » entre le Fonds national suisse et l’Israel Science Foundation.
Interrogée par la RTS, Julia Steinberger affirme que certains travaux scientifiques présentent des liens évidents avec l’armée israélienne. « Cela va très loin, entre le développement de technologies pour les armes, pour les drones, jusqu’au développement de banques de cibles, y compris des cibles civiles », a-t-elle détaillé dans l’émission 12h30.
En parallèle, une dizaine d’experts de l’ONU ont dénoncé en janvier les sanctions pénales infligées en Suisse à des étudiants ayant organisé en 2024 des sit-in à l’École polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) en lien avec la guerre à Gaza. « Le militantisme pacifique des étudiants, sur et hors campus, fait partie des droits des étudiants à la liberté d’expression et de réunion pacifique et ne doit pas être criminalisé », ont déclaré ces experts dans un communiqué.
En mai 2024, environ 70 étudiants avaient organisé des sit-in pour protester contre les partenariats avec des universités israéliennes. Selon le communiqué, la police serait intervenue rapidement et aurait dispersé les manifestations « alors même qu’aucun cours n’avait été interrompu et qu’aucune violence n’avait été commise ». À la suite des événements, 38 étudiants avaient reçu des ordonnances pénales, 17 d’entre eux choisissant de faire appel.
Des décisions judiciaires récentes ont confirmé les condamnations pour violation de propriété de cinq étudiants, avec des amendes assorties de deux ans de sursis, allant de 1 400 à 2 700 francs suisses. « En outre, les condamnations donnent lieu à une inscription au casier judiciaire, qui peut rester visible pendant plusieurs années et avoir des conséquences importantes sur le logement, l’emploi, la formation professionnelle et les perspectives de carrière futures », a indiqué à l’AFP une porte-parole des experts. Deux autres étudiants ont été acquittés pour des raisons de procédure. Tous les étudiants impliqués, y compris ceux acquittés, ont dû supporter des frais judiciaires et administratifs d’au moins 2 400 francs suisses par personne.







