Suisse : Un collectif anti-Israël veut le retrait des subventions publiques à la CICAD
La CICAD a dénoncé une "stigmatisation traditionnelle" menée par certains milieux qu’elle qualifie de "fondamentalistes"
Un collectif genevois a lancé une pétition demandant la suppression des subventions publiques accordées à la Coordination intercommunautaire contre l’antisémitisme et la diffamation (CICAD), ainsi que la fin de l’organisation d’interventions en milieu scolaire pour elle.
À l’origine de cette initiative : le Collectif pour la défense des droits humains. Il accuse la CICAD d’entretenir un amalgame entre antisémitisme et antisionisme, qualifié de « discours fallacieux » par l’ancienne députée Jocelyne Haller. Selon elle, l’organisation se ferait « l’avocate de la politique de l’État d’Israël » et ignorerait la diversité des opinions au sein des communautés juives, notamment les critiques visant le Premier ministre Benjamin Netanyahu.
La pétition est soutenue par plusieurs mouvements, dont le Parti du travail et Urgence Palestine. Ses signataires estiment que la CICAD n’est « plus fiable comme partenaire dans la lutte antiraciste », lui reprochant notamment de ne pas tolérer les critiques à l’égard d’Israël et de diffuser son discours dans les écoles. L’ancien conseiller national Pierre Vanek a précisé qu’il ne s’agissait pas pour autant de faire interdire l’organisation – qui a, selon lui, le droit « d’exprimer ses opinions abominables ». Il s’agirait plutôt de remettre en question le financement public qui lui est alloué : la subvention municipale dépasse 100 000 francs suisses cette année.
De son côté, la CICAD a dénoncé une « stigmatisation traditionnelle » menée par certains milieux qu’elle qualifie de « fondamentalistes ». Son secrétaire général, Johanne Gurfinkiel, a évoqué une radicalisation du débat en Suisse romande et déploré un climat de « vindicte permanente ».
Selon lui, ce type d’initiative contribue à détériorer la situation pour les Juifs du pays, alors que les actes antisémites sont en hausse depuis ces dernières années. Il affirme que la critique des politiques israéliennes reste légitime, mais que certains slogans et prises de position dépassent, selon lui, les limites acceptables. Il souligne enfin que les autorités reconnaissent le rôle public de la CICAD dans la lutte contre l’antisémitisme, ajoutant qu’il n’existe pas d’autre structure équivalente pour remplir ce mandat.








