Suisse : Une résolution contre le football israélien et l’UEFA rejetée
Le scrutin visait à ce que l'UEFA sanctionne la Fédération israélienne de football et a été précédé d’une campagne massive de mails adressés à des députés de droite et du centre

Le Grand Conseil du canton de Vaud a rejeté, mardi 17 mars, une résolution visant indirectement à faire pression sur l’UEFA au sujet d’une éventuelle suspension d’Israël, sur fond d’attaque informatique ayant visé des parlementaires.
Le texte, porté par des élus de gauche, proposait d’examiner le statut fiscal de l’Union des associations européennes de football (UEFA), basée en Suisse et bénéficiant d’une exonération fiscale estimée à plusieurs dizaines de millions d’euros par an. L’initiative s’inscrivait dans un contexte de campagne de lobbying appelant à des sanctions contre la Fédération israélienne de football. Elle a été rejetée par 74 voix contre 53.
Le scrutin a été précédé d’une campagne massive de mails adressés à des députés de droite et du centre, notamment ceux des partis PLR, UDC et Vert’libéraux, les appelant à soutenir la résolution. Entre lundi et mardi, certains élus ont reçu plus d’une centaine de messages identiques en quelques heures, contribuant à saturer leurs boîtes de réception.
Selon le secrétariat général du Grand Conseil, il s’agit d’une pratique inédite. Les envois, provenant d’adresses internationales et souvent non signés, ont été bloqués après avoir perturbé le système informatique du Parlement. Une enquête est en cours pour en déterminer l’origine.
Plusieurs élus ont estimé que cette opération avait pu influencer le vote, certains affirmant qu’elle avait produit un effet inverse que le message partagé par ces mails, en les incitant à rejeter le texte. Un député écologiste, Raphaël Mahaim, a évoqué la possibilité d’une cyberattaque visant à déstabiliser le débat, affirmant que les premières indications ne pointaient pas vers des militants pro-palestiniens mais vers une opération coordonnée.
« Selon les premières indications quant au mode opératoire, tout indique qu’il ne s’agit pas d’un envoi effectué par des militants de la cause palestinienne, comme on a tenté de le faire croire, mais bien plutôt d’une cyberattaque ». Cela dans l’idée, selon lui, de poursuivre « un but de déstabilisation, voire un but politique lié à l’objet en discussion, qui avait eu un retentissement médiatique international fort ».
« En réalité, cet envoi massif a directement porté préjudice à l’objet à l’ordre du jour. Il est difficile de ne pas émettre l’hypothèse que cette attaque a été préparée et perpétrée par des milieux hostiles à la cause palestinienne ou qui visait une déstabilisation du Grand Conseil avant le débat. Si c’était avéré, une telle ingérence serait très grave pour notre démocratie et nos institutions », a-t-il ajouté.
Un responsable de Game Over Israël, campagne de lobbying appelant à des sanctions contre Israël, a, de son côté, nié également toute implication.
Accusée, la Fédération israélienne de football a elle aussi vivement rejeté les accusations la liant à ce qui serait alors une campagne menée sous faux drapeau si elle en était à l’origine.







