Taïwan aussi veut aussi faire des affaires avec Israël
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Taïwan aussi veut aussi faire des affaires avec Israël

Comme la Chine, Taïwan s’est entiché des technologies développées en Israël et souhaite renforcer ses relations avec l’Etat juif

David Shamah édite notre section « Start-Up Israel ». Spécialiste depuis plus de dix ans en technologies et en informatique, il est un expert reconnu des start-up israéliennes, de la high-tech, des biotechnologies et des solutions environnementales.

Un groupe de visiteurs taïwanais à la parade « Tabernacles » organisée par des groupes chrétiens chaque année lors de la fête juive de Souccot, le 24 septembre 2013. (Crédit : Nati Shohat / Flash90)
Un groupe de visiteurs taïwanais à la parade « Tabernacles » organisée par des groupes chrétiens chaque année lors de la fête juive de Souccot, le 24 septembre 2013. (Crédit : Nati Shohat / Flash90)

Les excellentes relations d’affaires entre la Chine et Israël ne sont plus un secret.

Mais ce qui est moins connu, c’est qu’Israël a aussi une solide relation d’affaires avec « l’autre » Chine – la nation insulaire de Taïwan, qui a une économie moins importante mais un secteur technologique très avancé.

« Taïwan importe environ un milliard de dollars de marchandises chaque année, et environ un quart de ces importations est constitué de l’équipement de métrologie pour notre industrie de fabrication active de puces », selon Ernest Lin, un haut dirigeant du conseil du développement des échanges extérieurs de Taiwan (TAITRA).

Le travail de Lin est de renforcer les relations d’affaires entre Taiwan et d’autres pays, et la semaine dernière il était en Israël pour assister à l’exposition Technology 2015, un salon dédié aux dernières avancées en matière de fabrication, de robotique et d’équipement industriel.

« Israël importe environ 700 millions de dollars de marchandises en provenance de Taïwan, y compris des produits chimiques et des composants électroniques, et nous avons deux ou trois délégations d’hommes d’affaires qui viennent en Israël chaque année », a expliqué Lin.

C’est beaucoup moins que le nombre des délégations de Chine. La plupart du temps, il y a deux ou trois groupes d’hommes d’affaires chinois en Israël chaque semaine, mais, comme le dit Lin : « Taïwan est beaucoup plus petit que la Chine. »

Cependant, la rivalité historique entre ces deux pays est une chose révolue – tout du moins dans la sphère des affaires, a révélé Lin. Taïwan (la République de Chine), à l’origine connu sous le nom de Formose, a été créé en 1949, après que Chiang Kai-shek a fui le continent suite à la prise de pouvoir du Parti communiste de Mao Zedong.

Pendant des années, la Chine continentale a souligné qu’elle était la « vraie Chine » et les gouvernements avec qui elle entretenait des relations étaient souvent tenus de couper leurs liens avec Taiwan.

Alors que la République populaire insiste encore aujourd’hui sur le fait qu’il représente la seule Chine unifiée – affirmant ainsi sa souveraineté sur Taiwan –, elle n’insiste plus sur l’exclusivité dans les relations d’affaires et, dans les faits, les relations commerciales entre la Chine et Taïwan s’élèvent à environ 200 milliards de dollars par an.

« Nous sommes tous les deux persuadés que les affaires et la politique ne se mélangent pas, et cela a rapporté des avantages aux deux pays », a déclaré Lin.

Ernest Lin (Crédit  : Autorisation)
Ernest Lin (Crédit : Autorisation)

Et cela a aussi été à l’avantage d’Israël, qui peut faire des affaires avec ces deux pays (ce qui n’est pas le cas dans le cadre des relations diplomatiques ; Israël reconnaît la Chine, et Pékin et Taipei insistent généralement sur l’exclusivité des relations officielles avec les autres pays).

Taïwan dispose d’un bureau de commerce et de culture actif à Tel-Aviv, et organise plusieurs événements commerciaux en Israël chaque année – le dernier a eu lieu en juin, une conférence sur les sciences de la vie qui a réuni des chercheurs d’universités israéliennes et taïwanaises.

Plusieurs grandes entreprises taïwanaises et des fonds de capitaux ont aussi investi en Israël.

L’entreprise taïwanaise Macronix Ltd a investi en 2001 plus de 100 millions de dollars dans une usine de fabrication de puce construite par Tower Semiconductor à Migdal Haemek, et en 2005, l’entreprise de fabrication de puce Winbond a acheté une des divisions israéliennes de National Semiconductor pour établir un centre de R & D ici.

Israël et Taïwan pourraient – et devraient – faire beaucoup plus de choses ensemble, a estimé Lin. « Nous avons tous deux de bonnes relations commerciales avec la Chine. Il n’y a aucune raison que nous ne puissions pas tous travailler ensemble sur des projets qui bénéficieront à tous. »

Et la base de l’industrie de Taiwan pourrait être une grande opportunité pour les start-ups israéliennes pour tester leurs produits et services, a déclaré Lin.

« Vous avez un grand nombre de start-ups avec des idées novatrices, et nous avons beaucoup d’industrie pour les produits technologiques avancés. Taiwan pourrait être un bon terrain d’essai pour la technologie israélienne, avec la technologie de pointe installée dans les usines, pour s’assurer qu’ils fonctionnent correctement à grande échelle. Il y a beaucoup de façons pour que nos économies se complètent l’une avec l’autre. »

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