The Guardian : Soutenir la Déclaration Balfour a été une « erreur de jugement »
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The Guardian : Soutenir la Déclaration Balfour a été une « erreur de jugement »

Dans la liste de ses pires "erreurs", le quotidien dit qu'Israël n'est pas devenu le pays qui était "envisagé" ou "désiré" ; les responsables juifs s'indignent

Les bureaux du Guardian à Londres (Crédit :  CC-BY WordRidden, Flickr)
Les bureaux du Guardian à Londres (Crédit : CC-BY WordRidden, Flickr)

Plus de cent ans après avoir soutenu la déclaration Balfour du gouvernement britannique, le journal The Guardian a déclaré regretter son soutien enthousiaste à la célèbre déclaration qui reconnaissait l’établissement d’un foyer national pour les Juifs dans la Palestine historique.

Dans un éditorial publié vendredi à l’occasion du bicentenaire du journal, The Guardian a fait la liste de « ses pires erreurs de jugement » depuis sa création en 1821.

Parmi ces « erreurs », le soutien apporté en 1917 à la déclaration émise par le secrétaire aux Affaires étrangères de l’époque, Arthur Balfour, un document considéré comme un tournant déterminant dans l’établissement d’Israël et qui, selon The Guardian, a « changé le monde ».

« Le Guardian de 1917 avait soutenu, célébré – et on peut même dire qu’il avait aidé à faciliter – la déclaration Balfour », note le journal de gauche.

CP Scott (Crédit : Wikipedia/Domaine public)

Se référant à son rédacteur en chef de l’époque, CP Scott, le journal précise que le soutien que ce dernier avait apporté au sionisme « l’avait aveuglé sur la question des droits des Palestiniens ».

« En 1917, il avait écrit un éditorial, le jour même de l’annonce de la déclaration Balfour, dans lequel il avait rejeté toute autre revendication de la terre sainte, disant que ‘la population arabe existant en Palestine est modeste et a un bas niveau de civilisation’. Quoi qu’on puisse dire d’autre, Israël n’est pas aujourd’hui le pays qu’avait envisagé le Guardian ou qu’il aurait désiré », continue l’article.

L’éditorial, qui comprend une copie de celui qui avait été rédigé par Scott en date du 9 novembre 2017, est signé par Randeep Ramesh, l’un de ses principaux éditorialistes.

L’organisation-cadre Board of Deputies of British Jews a dénoncé l’article.

« Que le Guardian puisse estimer que son soutien à un foyer national juif en 1917 a figuré parmi ‘ses pires erreurs de jugement’ commises au cours des 200 ans d’existence du journal est incroyablement mal avisé », a commenté la présidente du groupe, Marie van der Zyl, dans une déclaration.

« Dans son ardeur à se dissocier, de quelque manière que ce soit, de son soutien précoce au sionisme, le Guardian choisit de ne pas se concentrer sur le simple fait que si un tel foyer national avait existé ne serait-ce qu’une décennie avant 1948, de nombreux millions de Juifs – nos proches – assassinés pendant la Shoah auraient conservé la vie, » a-t-elle ajouté.

Van der Zyl a noté que « aux côtés d’un État juif sûr et sécurisé », son organisation soutenait également l’établissement d’un État palestinien, « un élément qui n’est pas nié dans la déclaration Balfour ». Cette dernière dit que dans le cadre de son soutien à un foyer national juif, « rien ne devra être fait qui puisse s’avérer préjudiciable aux droits civils et religieux des communautés existantes non-juives en Palestine, ou aux droits et statuts politiques dont bénéficient les Juifs dans tous les autres pays ».

Van der Zyl a aussi accusé le Guardian de sembler « faire tout ce qui est en son pouvoir pour saper la légitimité du seul État juif du monde ».

Lord Arthur James Balfour, secrétaire aux Affaires étrangères du Royaume-Uni en 1917, et le texte de la déclaration qui porte son nom et soutient l’établissement d’un foyer national juif en Palestine. (Crédit : Domaine public/Wikipédia)

Entre autres, le journal dit avoir eu tort au cours de 200 ans de son histoire d’avoir été « un journal fièrement impérialiste », ajoutant regretter son soutien apporté aux Confédérés dans la guerre civile, aux États-Unis, et certains éditoriaux qui « ont parfois été racistes ».

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