Tollé général après qu’Israel Katz annonce son intention de limoger Avi Bluth
D'anciens chefs de la Défense critiquent le ministre pour avoir entraîné Tsahal dans la campagne des primaires du Likud, un "nouveau coup bas", selon Gilad Erdan
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Lundi, Elazar Stern, député du parti Yesh Atid et officier supérieur à la retraite, a appelé le Premier ministre Benjamin Netanyahu à limoger le ministre de la Défense, Israel Katz, pour avoir tenté de démettre de ses fonctions le général de division Avi Bluth, chef du Commandement du Centre de l’armée israélienne. Cette manœuvre, initiée en amont des primaires prévues le 17 août au Likud, est largement considérée par ses détracteurs comme purement politique.
« Katz œuvre en faveur des primaires [de son parti] et non pour la sécurité d’Israël », a-t-il écrit sur les réseaux sociaux.
Yaïr Golan, ancien chef d’état-major adjoint de Tsahal et dirigeant du parti de gauche Les Démocrates, a pour sa part déclaré que la tentative de Katz de démettre Bluth, annoncée lors d’une intervention sur la Quatorzième chaîne pro-gouvernement, constituait un « attentat politique », un terme habituellement réservé au terrorisme.
« La destitution d’un général du Commandement du Centre en direct à la télévision, sans les procédures nécessaires et sans [l’accord] du chef d’état-major, constitue un franchissement de la ligne rouge qui prouve que ce gouvernement destructeur a perdu toute retenue », a-t-il écrit sur le réseau social X.
Le député Moshe Turpaz (Yesh Atid), qui occupe un poste d’officier dans la réserve, a écrit que par cette initiative, Katz causait un « préjudice grave » à l’armée « au nom du populisme ».
Les députés de la coalition sont restés, pour la plupart, discrets sur le sujet, ne défendant ni ne critiquant Katz.
Gilad Erdan, un ancien responsable politique du Likud susceptible de former un parti rival en vue des prochaines élections législatives, a accusé le ministre de la Défense de mener « une politique mesquine au détriment de notre sécurité », à la suite de l’annonce télévisée, dimanche soir, de sa décision de démettre Bluth de ses fonctions.
« Cette fois, il a atteint un nouveau niveau de bassesse : révoquer un général dévoué de Tsahal en direct à la télévision. Ce n’est pas de la droite. C’est une droite corrompue qui nous fait honte à tous », a déclaré Erdan, un ancien proche de Netanyahu, dans un message publié sur le réseau social X.
« Une véritable droite respecte les officiers de Tsahal, une véritable droite soutient les officiers de Tsahal et agit dans l’intérêt de l’État et non pour son profit personnel. »
Alors que la décision de Katz a suscité une vague de condamnations, Erdan est l’un des premiers, parmi ceux qui restent étroitement liés au Likud, à critiquer ouvertement cette démarche.
Erdan a occupé les fonctions d’ambassadeur auprès des Nations unies et des États-Unis, avant d’être remplacé à ces deux postes en 2024.
Selon certaines sources, il s’apprêterait à fonder un nouveau parti, le « Likud B », avec Yuli Edelstein, une autre figure éminente écartée du Likud, afin de rallier les soutiens de ce parti qui ne suivent plus leur dirigeant de longue date.
D’anciens responsables de l’establishment de la Défense, devenus hommes politiques, se sont joints à d’autres pour critiquer vivement Katz pour sa décision de limoger le chef du Commandement du Centre.
Benny Gantz, le chef du parti Kakhol Lavan, et Yoav Gallant, ancien ministre du Likud – tous deux anciens ministres de la Défense -, ont pris la défense de Bluth et accusé Katz d’instrumentaliser l’armée à des fins politiques.
« La tentative de transformer les discussions sur les nominations au sein de Tsahal en un élément de la campagne des primaires du Likud nuit à la sécurité nationale », a écrit Gantz sur X.
« La politisation de Tsahal n’est pas de la gouvernance, c’est un véritable danger. »
Gallant, qui avait été remplacé par Katz, a écrit que la décision de démettre Bluth en direct à la télévision « est un acte méprisable qui franchit une nouvelle ligne rouge ».
« Saper l’autorité des commandants ébranle les fondements de l’armée, et faire entrer Tsahal dans l’arène politique est un jeu périlleux qui met en danger l’État d’Israël », a-t-il écrit sur X.
Invité dimanche soir sur la Quatorzième chaîne, Katz avait annoncé qu’il démettait Bluth, le général en chef en Cisjordanie, en raison de sa décision de renouveler une ordonnance administrative restrictive à l’encontre d’un résident d’implantation violent.
Cette mesure, que l’armée israélienne a qualifiée d’invalide, a été largement perçue comme une manœuvre visant à s’attirer le soutien de la droite, alors que le Likud s’apprête à tenir ses primaires internes dans les semaines à venir.
Avigdor Liberman, chef du parti Yisrael Beytenu et ancien ministre de la Défense (bien qu’il ne soit pas un vétéran hautement décoré de l’armée comme Gantz et Gallant), a écrit sur X que « quiconque agit uniquement en fonction des primaires du parti et des membres du comité central n’est ni apte ni digne d’occuper le poste de ministre de la Défense d’Israël ».
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