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Trafic aérien en temps de guerre : Les observations du patron de l’Iata

Selon cette association mondiale de compagnies aériennes, qui représente 85 % d'entre elles, la demande reste forte "même si la hausse du prix des billets aura des conséquences" sur le comportement des consommateurs

Un Airbus A320-271N de la compagnie aérienne Lufthansa atterrissant à l'aéroport d'Heathrow, à l'ouest de Londres, le 29 avril 2024. (Crédit : Adrian Dennis/AFP)
Un Airbus A320-271N de la compagnie aérienne Lufthansa atterrissant à l'aéroport d'Heathrow, à l'ouest de Londres, le 29 avril 2024. (Crédit : Adrian Dennis/AFP)

Une hausse des prix des billets d’avion est « inévitable » vu la flambée des cours des hydrocarbures sous l’effet de la guerre au Moyen-Orient, a affirmé vendredi le directeur général de l’Iata, la principale association mondiale de compagnies aériennes.

Le prix du baril de kérosène a doublé depuis l’attaque israélo-américaine contre l’Iran le 28 février, une progression encore supérieure à celle du brut, a noté Willie Walsh lors d’une conférence organisée par l’Association des journalistes professionnels de l’aéronautique et de l’espace (AJPAE).

Les compagnies aériennes avaient prévu de consacrer en moyenne 26 % de leurs dépenses d’exploitation au carburant cette année, sur la base d’un baril de kérosène à 88 dollars, a rappelé M. Walsh. Jeudi, il était à 216 dollars.

Or, la marge moyenne de ces entreprises, bien que proche du record historique de 2017 (5 %), évolue actuellement à seulement 4 %.

« Il ne faut pas être un génie pour déduire que les coûts supplémentaires auxquels les compagnies vont devoir faire face, si la situation persiste, seront bien supérieurs à ce qu’elles peuvent absorber », a ajouté Willie Walsh, dont l’association fédère 360 transporteurs revendiquant 85 % du trafic mondial.

« Donc il est inévitable que les prix des billets augmentent », a-t-il souligné : « on le voit déjà sur certains marchés, en particulier aux Etats-Unis. » Plusieurs compagnies aériennes européennes ont récemment annoncé des augmentations de tarifs sur long-courrier.

M. Walsh a jugé que la magnitude de la crise actuelle, qui affecte en première ligne les compagnies du Golfe forcées d’annuler une grande partie de leurs vols, n’avait « rien à voir avec celle du Covid », quand près des deux tiers des volumes de passagers aériens s’étaient évaporés en 2020.

« Je la comparerais aux crises que nous avons connues après les événements tragiques du 11-Septembre », quand la fréquentation des lignes transatlantiques s’était effondrée pendant quelques mois, avant de reprendre, a-t-il développé.

Un Airbus A320 d’Air France s’apprêtant à atterrir à Lisbonne au lever du soleil, le 10 octobre 2023. (Crédit : Armando Franca/AP)

Pari sur une reprise du Golfe

Pour M. Walsh, « la demande sous-jacente reste robuste » pour les voyages aériens, même si la hausse des prix des billets « aura des conséquences » sur le comportement des consommateurs.

Les perspectives de croissance de l’aérien pour 2026 seront affectées, mais il est encore trop tôt pour dire à quel point, selon lui. L’Iata publie ses prévisions financières et de trafic deux fois par an, en juin à l’occasion de son assemblée générale, et en décembre.

Fin 2025, l’organisation tablait sur 5,2 milliards de voyages par avion cette année, une hausse de 200 millions en un an. Elle voyait aussi le chiffre d’affaires cumulé des compagnies atteindre 1.053 milliards de dollars, une hausse de 45 millions par rapport à 2025.

Lors de telles crises, « les gens voyagent toujours, mais ils partent moins longtemps », a assuré M. Walsh, ancien dirigeant de British Airways et de sa maison mère IAG. « Donc cela a sans doute davantage de conséquences pour les hôtels que les compagnies aériennes. »

Les transporteurs du Golfe, soutenus par les pétromonarchies, se sont spécialisés dans les vols long-courrier en correspondance, via les plateformes de Dubaï, Abou Dhabi et Doha.

Ces compagnies « représentent environ 9,5 % des capacités » mondiales en sièges d’avion, a révélé M. Walsh, contre 26,5 % pour les compagnies européennes.

Certaines parmi ces dernières ont renforcé leurs liaisons directes vers l’Asie, pour répondre à la demande suscitée par la paralysie des « hubs » du Golfe, mais selon le directeur général de l’Iata, elles ne pourront déployer que « peut-être 1 % » de capacité en plus.

« En aucun cas les capacités des transporteurs du Golfe ne pourront être remplacées par les compagnies européennes », a-t-il jugé.

« Donc, je m’attends à ce que la situation revienne à celle qui prévalait avant la guerre, quand la région aura retrouvé la stabilité », a démontré Willie Walsh, en pariant sur la même résilience de Dubaï, deuxième aéroport mondial grâce à sa puissante compagnie Emirates.

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