Trump dit envisager sérieusement de quitter l’OTAN face au refus de ses alliés de se joindre à la guerre contre l’Iran
Le président US qualifie l'alliance de "tigre de papier", arguant que les US sont venus aider l'Ukraine alors que les Européens "n'étaient pas là pour nous" ; Starmer défend l'alliance, la "plus grande que le monde ait jamais connue"

Mercredi, le président américain Donald Trump a annoncé qu’il envisageait sérieusement de quitter l’OTAN, laquelle n’a pas rejoint la campagne américano-israélienne contre l’Iran ni œuvré à la réouverture du détroit d’Ormuz, point de passage stratégique.
« Oui, je dois dire que [c’est] bien plus qu’une simple remise en question », a-t-il indiqué au journal britannique The Telegraph. « L’OTAN ne m’a jamais impressionné. J’ai toujours su que c’était un tigre de papier, et Poutine en est bien conscient, d’ailleurs. »
Selon lui, les États-Unis ont fait leur part pour protéger l’Ukraine, alors que cela ne concernait pas, selon lui, l’Amérique.
« Nous avons toujours répondu présent, notamment en Ukraine », a ajouté Trump, connu pour son scepticisme récurrent à l’égard de l’alliance militaire transatlantique. « L’Ukraine ne nous concernait pas. C’était un test. Nous avons été là pour eux, et nous l’aurions toujours été. Mais eux n’ont pas été là pour nous. »
Trump a également critiqué le Premier ministre britannique Keir Starmer et les capacités militaires du Royaume-Uni : « Vous n’avez même pas de marine. Vous êtes trop vieux, et vos porte-avions ne fonctionnaient pas. »
En réponse aux remarques de Trump, Starmer a qualifié l’OTAN « d’alliance militaire la plus efficace que le monde ait jamais connue ».
« L’OTAN nous protège depuis plusieurs décennies. Nous sommes pleinement engagés envers cette alliance », a affirmé Starmer lors d’une conférence de presse.
Tout au long de la campagne, Trump s’en est pris à l’OTAN, lui reprochant de ne rien faire pour contribuer à l’effort de guerre. Mardi, le président américain a pointé du doigt la Grande-Bretagne et la France, qu’il considère comme inutiles dans ce conflit qui dure depuis un mois et qui a secoué les marchés mondiaux, faisant grimper les prix de l’énergie. Il a par ailleurs amené l’Iran à bloquer de facto la circulation des pétroliers dans le détroit d’Ormuz.
Dans un message qui a été publié cette semaine sur sa plateforme Truth Social, Trump a rapporté avoir dit à ceux de ses alliés qui se sont montrés réticents à s’engager davantage pour soutenir l’effort de guerre américain : « Il va falloir que vous appreniez à vous battre par vous-mêmes. Les États-Unis ne seront plus là pour vous aider, pas plus que vous n’avez été là pour nous. Le plus dur est fait. Allez chercher votre pétrole vous-mêmes ! »
En mars, il avait également posté : « Sans les États-Unis, l’OTAN N’EST QU’UN TIGRE DE PAPIER ! Ils ont refusé de nous aider à empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire. Maintenant, cette bataille est GAGNÉE sur le plan militaire, sans qu’ils n’aient pris le moindre risque. »
Mercredi, les propos de Trump sont intervenus quelques heures après des remarques similaires de son secrétaire d’État, Marco Rubio, qui a également indiqué, au cours d’une interview accordée à Fox News, que les États-Unis « allaient devoir réexaminer » leurs relations avec l’OTAN une fois la guerre contre l’Iran terminée.
Starmer a fait savoir mercredi aux journalistes que la Grande-Bretagne organiserait cette semaine un sommet réunissant quelque 35 pays, consacré à la question de la réouverture du détroit d’Ormuz.
C’est la ministre britannique des Affaires étrangères, Yvette Cooper, qui sera chargée de présider les discussions, a précisé Starmer aux journalistes.
Ce sommet aura pour objectif « d’évaluer tous les moyens diplomatiques et politiques viables qui sont à notre disposition pour rétablir la liberté de navigation, garantir la sécurité des navires et des marins bloqués, et relancer le transport des marchandises essentielles », a souligné Starmer.
« À l’issue de ce sommet, nous rassemblerons également nos responsables de la planification militaire afin de déterminer de quelle manière nous pouvons mobiliser nos capacités et rendre le détroit accessible et sûr une fois les combats terminés », a-t-il poursuivi.
Ces discussions réuniront les pays qui ont récemment signé une déclaration indiquant qu’ils étaient prêts « à contribuer aux efforts visant à garantir un passage sûr dans le détroit d’Ormuz », a annoncé Starmer.
La Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne, l’Italie, le Japon et les Pays-Bas figurent parmi les signataires.
« Je me dois d’être transparent à ce sujet. Cette réouverture ne sera pas facile », a conclu Starmer.







