Trump : Les négociations avec Téhéran progressent ; Israël redoute un cessez-le-feu prématuré
Washington a transmis 15 conditions à Téhéran ; un sommet pourrait se tenir prochainement au Pakistan ; le président américain mentionne un « très gros cadeau » du régime aux États-Unis

Le président américain Donald Trump a déclaré mardi que son administration « était en pourparlers avec les bonnes personnes » en Iran, ajoutant que la République islamique « tenait absolument à conclure un accord » afin de mettre fin à la guerre en cours.
« Nous sommes en pleine négociation en ce moment même… Plusieurs personnes s’en chargent », a-t-il affirmé aux journalistes dans le Bureau ovale, citant ses négociateurs Jared Kushner et Steve Witkoff, ainsi que le secrétaire d’État Marco Rubio et le vice-président JD Vance.
Malgré ces efforts diplomatiques, le Pentagone prévoit de déployer des milliers de soldats supplémentaires de la 82e division aéroportée au Moyen-Orient, selon deux sources proches du dossier citées par Reuters.
Ces responsables, qui se sont exprimés sous couvert d’anonymat, n’ont pas précisé où les troupes seraient envoyées dans la région ni à quelle échéance.
Mardi, la chaîne N12 a rapporté que l’administration Trump avait communiqué à l’Iran quinze conditions pour mettre fin à la guerre actuelle, en présentant les points clés de ces conditions dont un responsable israélien proche du dossier a ensuite confirmé les détails au Times of Israel, tout en exprimant ses doutes quant à la volonté de Téhéran d’accepter un tel cadre.
Le responsable a également confirmé que Washington avait informé Jérusalem avant ses négociations avec le régime iranien sur la fin des hostilités, qui ont débuté dimanche, sans préciser combien de temps à l’avance.
Ces conditions semblent couvrir l’ensemble des objectifs de guerre des États-Unis et d’Israël, indique la chaîne.
Il a toutefois été indiqué que Jérusalem craignait que Trump et son équipe ne souhaitent faire pression pour conclure rapidement un « accord-cadre, un accord de principe » avec l’Iran, plutôt que d’insister sur ces exigences comme condition préalable à la fin de la guerre.
Selon trois sources proches du dossier, les principaux conseillers du président, Jared Kushner et Steve Witkoff, auraient élaboré un processus prévoyant « la proclamation d’un cessez-le-feu d’un mois, pendant lequel les parties négocieraient un accord en quinze points ».
Ce cadre rappelle les accords précédents négociés par l’administration Trump avec le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza et le groupe terroriste chiite du Hezbollah au Liban.
« Le scénario d’un accord de principe rapide et ambigu cause des nuits blanches aux dirigeants politiques et de sécurité israéliens », a indiqué la chaîne, car il risquerait de déboucher sur une situation où les Iraniens se retrouveraient en position de force, le conflit prenant fin avant que les termes précis ne soient convenus.
N12 a énuméré quatorze des quinze exigences et avantages que les États-Unis ont communiqués à l’Iran, citant une source occidentale.
Exigences des États-Unis envers l’Iran :
- L’Iran doit démanteler ses capacités nucléaires existantes.
- L’Iran doit s’engager à ne jamais chercher à se doter d’armes nucléaires.
- Il n’y aura pas d’enrichissement d’uranium sur le territoire iranien.
- L’Iran doit remettre son stock d’environ 450 kilogrammes d’uranium enrichi à 60 % à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) dans un avenir proche, selon un calendrier à convenir.
- Les installations nucléaires de Natanz, d’Ispahan et de Fordo doivent être démantelées.
- L’AIEA, l’agence de surveillance nucléaire de l’ONU, doit se voir accorder un accès total, la transparence et un droit de contrôle à l’intérieur de l’Iran.
- L’Iran doit abandonner son « paradigme » de mandataires régionaux.
- L’Iran doit cesser de financer, diriger et armer ses proxys régionaux comme le Hezbollah ou le Hamas.
- Le détroit d’Ormuz, par lequel transitent environ 20 % des hydrocarbures mondiaux, doit rester ouvert et continuer à fonctionner comme un corridor maritime libre.
- Le programme de missiles de l’Iran doit être limité en portée et en quantité, avec des seuils à déterminer ultérieurement.
- Toute utilisation future de missiles serait restreinte à la légitime défense.
Contreparties pour l’Iran :
- L’Iran bénéficierait d’une levée totale des sanctions imposées par la communauté internationale.
- Les États-Unis aideraient l’Iran à faire progresser son programme nucléaire civil, y compris la production d’électricité à la centrale nucléaire de Bouchehr.
- Le mécanisme dit de « snapback », qui permet la réimposition automatique des sanctions si l’Iran ne respecte pas ses engagements, serait supprimé.
Le quotidien Haaretz, citant une source au Moyen-Orient, a indiqué que les États-Unis avaient transmis leur proposition en 15 points à la République islamique d’Iran via le Pakistan, assortie d’un délai de 24 heures pour y répondre.
Téhéran a fait savoir qu’il ne serait pas en mesure de respecter cette échéance, les décideurs du régime ayant des difficultés à communiquer ou à se réunir, craignant d’être pris pour cible, selon l’article.
L’Iran aurait finalement indiqué aux États-Unis qu’il examinerait l’offre, tout en soulignant que certaines conditions seraient inacceptables, ajoute la même source.
Trump a affirmé lundi qu’il existait de nombreux points d’accord avec l’Iran sur les conditions de fin de la guerre et qu’il y avait de sérieuses chances de parvenir à un accord. Les services de renseignement israéliens estiment néanmoins que les divergences entre les parties restent très importantes, selon N12.
Le nouveau guide suprême iranien doit approuver les pourparlers
Les États-Unis, avec le concours de médiateurs tels que le Pakistan, l’Égypte et la Turquie, envisagent d’organiser dès jeudi un « sommet de paix » avec le régime iranien, au cours duquel les parties discuteraient de la proposition américaine, selon trois sources proches du dossier citées par la chaîne.
Le sommet se tiendrait probablement à Islamabad, précise la chaîne, tout en indiquant que, selon deux sources, l’Iran n’a pas encore donné son accord.
Le Premier ministre pakistanais a déclaré plus tôt être disposé à accueillir des pourparlers entre les États-Unis et l’Iran sur la fin de la guerre. Une source gouvernementale pakistanaise a indiqué que les discussions sur une telle réunion étaient à un stade avancé et que, si elle devait avoir lieu – « un grand “si” » –, elle se tiendrait dans la semaine.
Le reportage télévisé précise que le niveau de ces pourparlers reste incertain. Les États-Unis privilégieraient une rencontre de haut niveau, par exemple entre JD Vance et le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf. Elle pourrait toutefois se tenir à un niveau inférieur, entre le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi d’une part, et Jared Kushner et Steve Witkoff d’autre part.
Indépendamment des négociations menées par Washington avec le régime iranien, des responsables américains et israéliens ont indiqué à N12 qu’ils ne s’attendaient pas à une fin, ni même à une interruption de la guerre dans les deux à trois prochaines semaines, estimant qu’un accord nécessiterait davantage de temps.
L’Iran a démenti avoir engagé des pourparlers directs avec les États-Unis. Des responsables proches du dossier ont précisé que les échanges récents relevaient davantage de messages transmis par l’intermédiaire de médiateurs.
Trump affirme que l’Iran a offert aux États-Unis un « cadeau » lié au détroit d’Ormuz
Dans le Bureau ovale, Donald Trump a affirmé qu’il s’apprêtait à ordonner des frappes contre la principale centrale électrique iranienne, avant que Téhéran ne prenne apparemment contact ce week-end pour exprimer son intérêt à négocier un accord visant à mettre fin à la guerre.
Le président a indiqué qu’il exigeait, dans le cadre des discussions, que l’Iran ne soit pas autorisé à se doter de l’arme nucléaire, affirmant que Téhéran avait déjà accepté ce principe. L’Iran soutient de longue date ne pas chercher à acquérir l’arme nucléaire, tout en enrichissant de l’uranium à des niveaux proches du seuil militaire.
Il a également déclaré que l’Iran lui avait offert un « cadeau » d’une « valeur inestimable » concernant le détroit d’Ormuz et les questions liées au pétrole et au gaz.
Speaking to reporters earlier at the White House, President Trump mentions and vaguely talks about a mysterious “present” given to the United States yesterday by Iran:
“Because they're going to make a deal. They're going to make a deal. They did something yesterday that was… pic.twitter.com/Wo3HBVl35d
— OSINTdefender (@sentdefender) March 24, 2026
Interrogé sur les raisons qui le poussent à faire confiance au gouvernement iranien, Trump a d’abord affirmé qu’il ne faisait confiance à personne, avant d’ajouter « qu’ils ont fait quelque chose d’incroyable hier, ils nous ont offert un cadeau… qui est arrivé aujourd’hui. »
« C’était un très gros cadeau d’une valeur colossale, et je ne vais pas vous dire de quoi il s’agit, mais c’était un cadeau très important », a-t-il déclaré.
« Ils nous l’ont offert, et ils avaient dit qu’ils allaient le faire. Cela signifiait une chose pour moi. [Que nous] traitons avec les bonnes personnes… Ce sont les seuls [qui] auraient pu le faire », a poursuivi Trump.
« Cela n’avait rien à voir avec le nucléaire, mais avec le pétrole et le gaz », a-t-il ajouté lorsqu’on lui a demandé de préciser la nature du cadeau.
Interrogé sur un lien éventuel avec le trafic dans le détroit d’Ormuz, Trump a répondu par l’affirmative. À la question de savoir si les États-Unis contrôleraient le détroit après la guerre, il a déclaré : « Nous contrôlerons tout ce que nous voulons. »
« Je pense que nous allons mettre fin à la guerre », a-t-il ajouté.
Trump a enfin plaisanté en affirmant que lorsqu’il avait indiqué à son secrétaire à la Défense et à son chef d’état-major qu’il pensait que le conflit serait bientôt réglé, ceux-ci avaient manifesté leur mécontentement, car ils voulaient continuer à se battre.
L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.







