Un bébé d’un an meurt de la rougeole à Jérusalem
14 enfants en sont morts depuis mai ; selon un médecin émérite, la plupart des décès surviennent lorsque les enfants ne sont pas transportés à l'hôpital à temps ; 4 patients sont actuellement en soins intensifs
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Un enfant âgé d’un an est décédé mercredi matin des suites de la rougeole, ont déclaré les autorités sanitaires de . Il s’agit du 14ᵉ décès depuis le début de l’épidémie, qui sévit depuis plusieurs mois dans les communautés ultra-orthodoxes et les zones où le taux de vaccination est faible.
Le pays est en proie à la pire épidémie de rougeole depuis 2018-2019, mais celle-ci a fait beaucoup plus de victimes, ce qui indique que la maladie touche des populations plus vulnérables et que les bébés malades ne sont peut-être pas pris en charge à temps.
Il s’agit du deuxième décès dû à la rougeole en moins d’un mois ; un bébé de 11 mois est décédé dans à l’hôpital Hadassah Ein Kerem, à Jérusalem, le 8 janvier.
La plupart des victimes sont des enfants en bonne santé, sans problème de santé sous-jacent, qui n’avaient pas été vaccinés contre la rougeole.
Selon les données du ministère de la Santé, quatorze personnes sont actuellement hospitalisées pour cause de rougeole, dont quatre en soins intensifs.
Le bébé décédé mercredi a été transporté dans un état critique à l’hôpital Hadassah Mont Scopus de Jérusalem. Un porte-parole de l’hôpital a confirmé que le décès avait été prononcé après son admission aux urgences.
Dans une vidéo publiée par le ministère de la Santé après le décès, le Dr Uri Pollak, chef par intérim de l’unité de soins intensifs cardiaques pédiatriques du centre hospitalier Hadassah, a déclaré que les patients n’avaient pas été pris en charge à temps.
« La plupart des décès sont dus à une consultation trop tardive à l’hôpital ou chez le médecin », a-t-il souligné.
Selon les données du ministère de la Santé, depuis le début de l’épidémie en mai, 2 898 cas ont été confirmés jusqu’à mercredi, dont plus de 60 % concernaient des enfants de moins de cinq ans, et 973 ont nécessité une hospitalisation.
« La rougeole n’est pas une maladie du passé », a déclaré le Dr. Pollak.
« Elle est bien là, elle sévit actuellement et elle met des vies en danger. »
Environ deux tiers des cas se sont produits à Jérusalem et à Beit Shemesh, deux villes qui comptent une importante population ultra-orthodoxe. Des épidémies ont également été enregistrées dans d’autres villes abritant d’importantes communautés haredim, notamment Bnei Brak, Harish, Modiin Illit, Beitar Illit, Netivot, Safed et Nof Hagalil.
Une maladie contagieuse mais évitable
La rougeole est une maladie virale hautement contagieuse qui se manifeste par de la fièvre, un malaise général, un écoulement nasal et une éruption cutanée.
L’éruption cutanée apparaît généralement trois à cinq jours après les premiers symptômes sous forme de taches rouges plates sur le visage, puis elle s’étend vers le bas, jusqu’au cou, au tronc, aux bras, aux jambes et aux pieds. Selon les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) des États-Unis, la fièvre peut dépasser 40 °C lorsque l’éruption cutanée apparaît.
Le Dr. Pollak recommande de consulter un médecin dès l’apparition de ces symptômes.
Il a également expliqué que le meilleur moyen d’arrêter la propagation de la maladie était la vaccination, qui est « sûre et efficace, et utilisée en Israël et dans le monde entier depuis des décennies ».
La plupart des enfants guérissent de la rougeole, mais l’infection peut entraîner des complications graves, telles que la pneumonie, la cécité, l’œdème cérébral et la mort.
Le calendrier de vaccination systématique recommandé par le ministère de la Santé comprend deux doses : une à l’âge d’un an et une autre en CP.
Cependant, en raison de l’épidémie, le ministère recommande désormais d’administrer une dose supplémentaire préliminaire aux nourrissons âgés de six mois à un an dans les zones à forte incidence de Jérusalem, de Beit Shemesh et de Bnei Brak, et d’accélérer l’administration de la deuxième dose dans ces zones.
La précédente épidémie, qui a débuté en 2018, concernait également principalement les communautés ultra-orthodoxes, avec plus de 4 300 cas signalés dans tout le pays, mais seulement deux décès confirmés.
Lorsque l’immunité collective tombe en dessous de 95 %
En 2015, Israël a été déclaré « exempt de rougeole » après des années de vaccination intensive et généralisée.
Cependant, la maladie est de nouveau apparue, en raison d’une baisse des taux de vaccination. Selon le site web du CDC, des épidémies de rougeole sévissent actuellement dans le monde entier.
Dans les communautés où le taux de vaccination est supérieur à 95 %, la rougeole a plus de mal à se propager grâce à ce qu’on appelle « l’immunité collective ».
Cependant, une légère augmentation du nombre de parents choisissant de ne pas vacciner leurs enfants « suffit à déclencher rapidement le type d’épidémie que nous observons actuellement en Israël », a expliqué le Pr. Michael Edelstein, expert en santé publique à la faculté de médecine Azrieli de l’université Bar-Ilan.
En novembre, une étude menée par le Pr. Edelstein a révélé que les parents israéliens étaient plus enclins à renoncer à la vaccination depuis la pandémie de COVID-19.
Ses recherches ont montré que 6,6 % des parents israéliens ayant fait vacciner un enfant plus âgé avant la pandémie avaient choisi de ne pas faire vacciner un enfant plus jeune né après la pandémie contre au moins l’une des maladies infantiles importantes suivantes : la rougeole, les oreillons, la rubéole, la diphtérie, le tétanos et la coqueluche.
« L’une des raisons pour lesquelles les gens sont sceptiques à l’égard des vaccins est qu’ils ont été si efficaces que des maladies comme la rougeole ont presque disparu », a déclaré le Pr. Edelstein.
Les personnes peuvent mettre à jour leur statut vaccinal via le registre numérique des vaccinations du gouvernement.
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