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Un commandant kurde presse les États-Unis d’intervenir en Syrie et se dit favorable à l’aide d’Israël

Les forces gouvernementales syriennes ont pris le contrôle du plus important gisement pétrolier malgré l'opposition américaine et les forces kurdes se sont retirées des zones qu'elles tenaient depuis le départ de l'État islamique en 2017

Des soldats du gouvernement syrien agitent un drapeau syrien depuis le sommet de la statue d'une combattante kurde, suite à la prise de contrôle de la ville par les Forces démocratiques syriennes (FDS) soutenues par les États-Unis lors d'une offensive contre les forces dirigées par les Kurdes, à Tabqa, dans l'est de la Syrie, le 18 janvier 2026. (Photo AP / Omar Albam)
Des soldats du gouvernement syrien agitent un drapeau syrien depuis le sommet de la statue d'une combattante kurde, suite à la prise de contrôle de la ville par les Forces démocratiques syriennes (FDS) soutenues par les États-Unis lors d'une offensive contre les forces dirigées par les Kurdes, à Tabqa, dans l'est de la Syrie, le 18 janvier 2026. (Photo AP / Omar Albam)

Il est probable que les États-Unis fassent preuve de plus de fermeté pour mettre fin à l’offensive syrienne qui a permis de prendre des territoires clés aux combattants kurdes ces derniers jours, a déclaré à Reuters le chef de la principale force kurde.

Samedi, dans le nord-est de la Syrie, les forces gouvernementales ont lancé une offensive à l’intérieur d’un territoire contrôlé depuis une dizaine d’années par des autorités kurdes semi-autonomes et repris des villes des deux côtés de l’Euphrate ainsi que le plus important gisement pétrolier du pays et un gisement gazier, expliquent des responsables et sources des milieux des forces de l’ordre.

Selon les médias syriens officiels, dimanche, deux civils ont été tués par les Forces démocratiques syriennes (FDS) dirigées par les Kurdes à Raqqa, dans le nord, et un observateur a fait état d’affrontements.

L’Observatoire syrien des droits de l’homme, basé au Royaume-Uni, a indiqué que des affrontements entre les FDS « et des combattants tribaux arabes locaux » avaient lieu dans cette ville sous contrôle des FDS depuis que la force soutenue par les États-Unis a chassé les djihadistes de l’État islamique, en 2017.

Le commandant des Unités de Protection du Peuple (YPG), Sipan Hamo, a déclaré que la réunion, samedi, de l’envoyé américain Tom Barrack et des responsables kurdes n’avait pas permis de s’accorder sur une feuille de route en vue d’un cessez-le-feu. Il a par ailleurs infirmé que les Kurdes syriens souhaitent faire sécession ou créer un État indépendant, assurant que leur avenir se trouvait en Syrie.

« Nous espérons qu’il y aura un résultat concret, surtout de la part de la coalition et des États-Unis, et qu’ils interviendront avec plus de fermeté », a ajouté Hamo.

Le leader politique kurde Massoud Barzani (5ᵉ à gauche) assis à côté du chef des Forces démocratiques syriennes dirigées par les Kurdes, Mazloum Abdi (4ᵉ à gauche), alors qu’ils rencontrent l’envoyé spécial américain en Syrie, Tom Barrack (2ᵉ à droite), à Erbil, au Kurdistan irakien, le 17 janvier 2026. (Crédit : SIÈGE DE BARZANI/AFP)

Samedi, les forces syriennes ont continué d’avancer, malgré l’appel à cesser adressé par le Commandement central militaire américain.

Hamo a indiqué que, du point de vue des autorités kurdes, Washington devrait revoir l’alliance qui le lie depuis plusieurs années aux forces kurdes, qui l’ont aidé à défaire l’EI en Syrie, en raison de son soutien actuel aux autorités syriennes emmenées par leur président Ahmed al-Sharaa.

Compte tenu des « craintes des Kurdes concernant les changements en cours », les États-Unis devraient leur offrir des garanties de protection, a-t-il poursuivi.

« Compte tenu de la situation actuelle et du chaos dans lequel nous vivons, les seuls à pouvoir nous offrir des garanties sont les États-Unis ou la coalition », a ajouté Hamo dans le cadre d’une interview exceptionnelle depuis la province de Hasakeh, toujours sous contrôle kurde.

« Nous estimons que la responsabilité de ce qui se passe actuellement en Syrie incombe aux pays occidentaux, et en particulier aux États-Unis d’Amérique », a-t-il ajouté.

Des habitants scandant des slogans en faveur des Forces démocratiques syriennes (FDS), dirigées par les Kurdes et soutenues par les États-Unis, lors d’un défilé à Qamishli, dans le nord-est de la Syrie, le 18 janvier 2026. (Crédit : Baderkhan Ahmad/AP Photo)

Hamo assure que les YPG ne sont soutenues ni par l’Iran ni par la Russie et qu’il serait bon qu’Israël intervienne en faveur des Kurdes de Syrie.

« Bien sûr, nous voyons en Israël un État puissant dans la région, avec ses propres priorités. Nous espérons que la position prise par d’autres pays de la région envers certaines minorités syriennes vaudra également pour les Kurdes », a précisé Hamo.

Interrogé sur une possible allusion à la position israélienne envers la minorité druze, l’été dernier, — lorsqu’Israël a mené des frappes aériennes sur le ministère de la Défense, près du palais présidentiel de Damas et sur les troupes syriennes en route vers les villes druzes — Hamo a répondu : « Bien sûr. »

Le gouvernement syrien a pris le contrôle du plus grand gisement pétrolier

Dimanche, les forces dirigées par les Kurdes se sont retirées du plus grand gisement pétrolier de Syrie, a indiqué un observateur, lorsque les forces gouvernementales ont assis leur contrôle sur de vastes territoires au nord et à l’est du pays.

Avant cela, dans un geste apparent de bonne volonté, Sharaa avait publié un décret reconnaissant officiellement les Kurdes alors même que son gouvernement islamiste asseoit son autorité en Syrie depuis la destitution de son ex-dirigeant, Bachar al-Assad, fin 2024.

Des militaires syriens se préparent à arracher le portrait du dirigeant kurde emprisonné Abdullah Ocalan, le long d’une route à Tabqa, dans la province de Raqqa, sur les rives sud-ouest de l’Euphrate, le 18 janvier 2026. (Bakr Alkasem / AFP)

L’administration autonome de facto des Kurdes, qui contrôle une grande partie du nord-est de la Syrie, a déclaré que cette annonce ne réglait pas tout l’accord visant à intégrer les forces kurdes dans l’État étant au point mort depuis des mois.

Tôt dans la journée de dimanche, les Forces démocratiques syriennes (FDS) dirigées par les Kurdes se sont soudainement retirées « de toutes les zones sous leur contrôle dans la campagne orientale de Deir Ezzor, y compris des gisements pétroliers d’Al-Omar et Tanak », a déclaré à l’AFP le chef de l’Observatoire syrien des droits de l’homme, Rami Abdel Rahman.

Il a indiqué que le retrait des FDS des provinces de Deir Ezzor et Raqqa avait eu lieu alors que « des combattants issus de tribus locales, y compris des combattants arabes faisant partie des FDS, avançaient en coordination avec les forces gouvernementales. »

Ces zones sont désormais contrôlées par les forces gouvernementales, a confirmé l’Observatoire.

Des soldats du gouvernement syrien posent pour une photo prise par un autre soldat à l’entrée de Raqqa, en Syrie, le 17 janvier 2026. (Photo AP/Ghaith Alsayed)

Plus grand gisement pétrolier de Syrie, Al-Omar a aussi abrité la plus importante base américaine en Syrie. Il était contrôlé par des forces dirigées par les Kurdes depuis 2017, depuis l’éviction de l’EI.

L’annonce du départ des Kurdes d’Al-Omar fait suite à l’annonce du gouvernement selon laquelle il a repris les deux gisements pétroliers de Safyan et Al-Tharwa, dans la province de Raqqa.

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