Un documentaire retrace l’antisémitisme et la collaboration de Louis-Ferdinand Céline
Disponible sur france.tv, ce documentaire en 3 épisodes revient sur l’antisémitisme virulent et l’engagement collaborationniste de l’écrivain
Un documentaire en trois épisodes consacré à Louis-Ferdinand Céline, figure majeure mais très controversée de la littérature française, revient en détails sur l’antisémitisme virulent de l’écrivain et son engagement en faveur de l’Allemagne nazie – des positions qui l’ont durablement marginalisé avant une réhabilitation progressive.
Intitulé « Louis-Ferdinand Céline, le voyage sans retour », le documentaire, disponible sur la plateforme france.tv depuis mi-décembre, s’appuie sur des analyses d’historiens, des archives inédites et des extraits d’interviews filmées de l’auteur de Voyage au bout de la nuit.
Adapté d’un podcast du producteur et auteur Philippe Collin diffusé sur France Inter, il retrace la genèse et la diffusion de la haine des Juifs chez Céline, ainsi que son rôle actif dans la collaboration.
Issu d’une petite bourgeoisie marquée par l’antidreyfusisme, Céline développe dès les années 1930 un antisémitisme radical, nourri par son hostilité à l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1936 et par une fascination pour les théories raciales.
Le documentaire rappelle qu’il a multiplié les écrits et les prises de position publiques en faveur du IIIe Reich, adressant notamment « des dizaines de lettres » à des journaux collaborationnistes.
À la Libération, l’écrivain fuit la France en 1944 avec son épouse Lucette, d’abord en Allemagne puis au Danemark, où il est incarcéré plusieurs mois. Accusé de trahison en France, Céline bénéficie finalement d’une amnistie controversée, qui lui permet d’échapper à la confiscation de ses biens et de rentrer à Paris.
Le film revient sur les zones d’ombre entourant cette période, notamment les protections dont il aurait bénéficié et les raisons pour lesquelles son éditeur Gallimard lui propose un contrat à son retour, malgré son statut de paria.
Ce soutien marque le début d’une réhabilitation progressive, encouragée par des figures intellectuelles comme Philippe Sollers, qui défend l’idée d’un « écrivain considérable ».
Mort en 1961, Céline voit ses obsèques réunir une cinquantaine de personnes. Il deviendra néanmoins, au fil des décennies, une figure centrale du panthéon littéraire français, jusqu’à être étudié dans les programmes scolaires, tout en restant associé à la collaboration.








