Un Israélien attaqué dans le métro parisien après avoir parlé en hébreu
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Un Israélien attaqué dans le métro parisien après avoir parlé en hébreu

"Il est évident pour moi qu'ils m'ont attaqué uniquement parce qu'ils ont entendu que je suis Israélien", a déclaré Yogev. B en échange universitaire à HEC

Station de la ligne 4 du métro de Paris, située dans le 10 arrondissement de la capitale française (Crédit : CC BY-SA 3.0)
Station de la ligne 4 du métro de Paris, située dans le 10 arrondissement de la capitale française (Crédit : CC BY-SA 3.0)

« Alors qu’il laissait un message vocal en hébreu à son père sur WhatsApp, l’étudiant, en échange universitaire à HEC, a été brutalement roué de coups – au point d’en perdre connaissance – par deux individus d’origine africaine en plein milieu d’une rame de métro bondée au niveau de la station Château d’eau à 6h55 du matin. Transporté en état de choc et en sang à l’Hôpital de Lariboisière, il a dû avoir plusieurs points de suture au visage, son nez est cassé et son visage couvert d’hématomes, » a écrit mardi Meyer Habib, un député français juif (UDI), dans une publication Facebook.

Le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA) a identifié l’étudiant comme étant Yogev. B, 30 ans.

L’un de ces deux hommes a attaqué l’étudiant, le frappant à la tête, au corps et au visage. Le trentenaire s’est évanoui sur le sol du wagon de la ligne 4 du métro parisien, selon le BNVCA.

« Ils m’ont frappé plusieurs fois. Mes lunettes se sont brisées et j’ai perdu connaissance », a déclaré l’Israélien cité par le site d’information Ynet. « Heureusement, les gens m’ont aidé. »

« Il est évident pour moi qu’ils m’ont attaqué uniquement parce qu’ils ont entendu que je suis Israélien », a déclaré l’étudiant en échange universitaire à l’École des hautes études commerciales de Paris (HEC) et qui s’est rendu au poste de police pour porter plainte après avoir été brièvement hospitalisé pour y revenir ensuite six heures plus tard.

« Cette agression est symptomatique de ce nouvel antisémitisme ultra-violent ‘du quotidien’ qui sévit dans les quartiers sur fond d’islamisme, de détestation d’Israël et de théories du complot, » a ajouté le député franco-israélien Meyer Habib.

« Cet après-midi à l’Assemble nationale, j’ai directement avisé le Ministre de l’Intérieur Christophe Castaner de l’affaire. Il s’est montré très attentif et m’a posé des questions sur l’état de santé de Yogev. Il m’a assuré en personne que tous les moyens seraient mis en œuvre pour appréhender les auteurs, » a conclu l’élu.

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שוחחתי הערב עם יוגב, אזרח ישראלי שהותקף בפריז במה שנראה כמעשה אנטישמיות.יוגב: ״השוטרים אני חייב לומר מאוד מופתעים. הם לא מבינים למה ראש הממשלה, למה חבר הפרלמנט מתקשרים אליי. מבחינתם זה אירוע נורמלי.״ אמרתי ליוגב שמבחינתנו זה אירוע לא נורמלי.נעשה הכל כדי להילחם בכל גילוי אלימות ואנטישימיות. איחלתי לו רפואה שלמה.

פורסם על ידי ‏Benjamin Netanyahu – בנימין נתניהו‏ ב- יום שלישי, 10 בדצמבר 2019

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a téléphoné mardi à l’étudiant. « Je ne peux penser à aucune autre raison que la langue hébraïque », peut-on entendre Yogev dire sur haut-parleur dans une vidéo publiée par Netanyahu.

« Les policiers, je dois dire, sont très surpris. Ils ne comprennent pas pourquoi un Premier ministre et un député m’appellent. Pour eux, il s’agit d’un incident normal », a-t-il déclaré.

En réponse, Netanyahu a déclaré : « Pour nous, ce n’est pas un incident normal et nous ne sommes pas prêts à l’accepter. » Le Premier ministre a souhaité à Yogev un prompt rétablissement, « à la fois physique et mental », et lui a dit qu’il pouvait appeler à tout moment.

Sur son compte Twitter, Netanyahu a écrit que l’incident « semble être un acte antisémite ». « Nous ferons tout pour lutter contre toute expression de violence et d’antisémitisme », a-t-il ajouté.

Castaner a annoncé mercredi la création au sein de la gendarmerie d’un « office national de lutte contre la haine », lors d’une visite du cimetière juif alsacien de Westhoffen (nord-est) où 107 tombes juives ont été profanées.

Le ministre français de l’Intérieur, Christophe Castaner (C) et le président du Conseil national des Archives françaises, Jean-Louis Debre (2ndD), visitent le cimetière juif de Westhoffen, le 4 décembre 2019, dans l’est de la France, où 107 tombes ont été découvertes vandalisées avec des croix gammées et des inscriptions antisémites. (Crédit : Patrick HERTZOG / AFP)

L’Assemblée nationale a par ailleurs adopté mardi dernier une proposition de résolution LREM soutenue par le gouvernement, mais qui a entraîné un record d’oppositions de « marcheurs », certains craignant qu’elle empêche toute critique de la politique d’Israël ou « hiérarchise les haines ».

La résolution reprend la définition de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA), déjà validée par le Parlement européen et 20 pays dont 16 de l’UE, et appuyée par Emmanuel Macron en février devant le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif). Le président avait alors affirmé vouloir élargir la définition de l’antisémitisme à l’antisionisme.

Malgré des plans de lutte et un arsenal législatif important, la France, où vit la plus grande communauté juive d’Europe, est en effet confrontée à une résurgence des actes antisémites : 541 faits antisémites y ont été recensés en 2018, soit une poussée de 74 % des menaces et violences visant des juifs, selon les statistiques du ministère de l’Intérieur.

En revanche, les faits anti-musulmans ont atteint leur plus faible niveau depuis 2010 avec une centaine répertoriés, tandis que les actes à caractère raciste et xénophobe – hors actes anti-musulmans et antisémites – ont eux continué de décroître (d’un peu plus de 4 % après près de 15 % en 2017).

L’AFP a contribué à cet article.

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