Un livre sur l’histoire méconnue des Juifs de Vendée
Pendant la Shoah, 80 % des Juifs présents dans le département ont survécu, soit environ 200 personnes sauvées (sur un total d’environ 250) grâce à la solidarité locale
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Le Centre vendéen de recherches historiques a publié en mars dernier Les Juifs en Vendée, nouvel ouvrage de l’archiviste et historien Christophe Dubois, fruit de près de quinze années de recherches.
L’auteur a travaillé à partir de rares archives écrites et de témoignages oraux de survivants de la Shoah et de leurs familles, afin de « mettre en lumière une communauté souvent oubliée ». Il raconte l’installation, au début du XXe siècle, d’une petite communauté originaire de l’Empire ottoman (actuelle Turquie), intégrée au fil des décennies, ainsi que l’arrivée de réfugiés juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.
Peu nombreuse à l’origine (environ 80 personnes), cette communauté est rejointe durant le conflit par quelque 70 réfugiés et une centaine d’enfants cachés, venus de Paris ou de l’est de la France. Entre 1942 et 1943, une vingtaine de Juifs sont arrêtés en Vendée et déportés. Puis, 42 personnes sont arrêtées sur la seule journée du 31 janvier 1944, date de la rafle décidée par les Allemands et organisée par les gendarmes et les policiers français aux Sables-d’Olonne, à La Roche-sur-Yon, aux Herbiers, à Mouchamps, à Saint-Juire-Champgillon et dans d’autres communes vendéennes. 31 Juifs de Vendée seront déportés à Auschwitz dans les jours qui ont suivi cette rafle. Au total, 70 Juifs seront arrêtés en Vendée durant la guerre.
Malgré l’occupation allemande, 80 % des Juifs présents dans le département ont ainsi survécu, soit environ 200 personnes sauvées (sur un total d’environ 250) grâce à la solidarité locale.
« Dans un département occupé, avec un nombre important d’Allemands, ce chiffre est significatif et montre que les Vendéens ont dit non. Certains ont caché des Juifs, les ont prévenus du danger lorsque c’était nécessaire, tandis que d’autres se sont tus et n’ont pas cédé face à la pression de l’occupant », remarque l’auteur. « Ce livre rend hommage à ceux qui ont été victimes du nazisme et à ceux qui ont contribué à sauver des vies. »
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