Un mathématicien israélo-américain et un Juif russe récompensés par le prix Abel
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Un mathématicien israélo-américain et un Juif russe récompensés par le prix Abel

Le prix Abel de mathématiques a récompensé mercredi l'Israélo-américain Hillel Furstenberg et le Russe Gregory Margulis, tous deux spécialistes d'une branche des probabilités

Le mathématicien Israélo-américain Hillel Furstenberg (Crédit : Wikimedia Commons)
Le mathématicien Israélo-américain Hillel Furstenberg (Crédit : Wikimedia Commons)

Le prix Abel de mathématiques a récompensé mercredi l’Israélo-américain Hillel Furstenberg et le Russe Gregory Margulis, tous deux spécialistes d’une branche des probabilités appelée « marches aléatoires », a annoncé l’Académie norvégienne des Sciences et Lettres.

Affiliés à l’Université hébraïque de Jérusalem pour le premier et à l’Université de Yale pour le second, les deux hommes sont primés « pour leur travail de pionnier dans l’utilisation des méthodes probabilistes et dynamiques en théorie des groupes, théorie des nombres et combinatoire ».

Bien que n’ayant jamais vécu en même temps sur le même continent ni écrit conjointement un article scientifique, tous deux excellent dans l’étude des « marches aléatoires », par exemple le parcours d’un chien à la recherche d’un os caché dans un jardin.

L’étude des choix opérés au hasard permet de modéliser de nombreuses situations, du comportement des molécules de gaz à celui des marchés financiers.

« La façon dont le coronavirus passe de personne en personne est aussi un exemple de marche aléatoire », a noté le président du comité Abel, Hans Munthe-Kaas, cité par l’agence NTB.

Né à Berlin, Hillel Furstenberg, aujourd’hui âgé de 84 ans, avait suivi sa famille juive qui avait réussi à quitter l’Allemagne pour se réfugier aux Etats-Unis juste avant la guerre.

Après un début de carrière dans de prestigieux établissements américains (Princeton, MIT), il avait rejoint l’Université de Jérusalem, où il est resté jusqu’à sa retraite en 2003.

L’Université hébraïque sur le mont Scopus, à Jérusalem. Illustration. (Crédit : Leeor Bronis/Times of Israel)

« On ne sait jamais l’impact qu’auront nos travaux. Comme tout mathématicien, j’ai suivi mon flair », a-t-il réagi mercredi.

Le mathématicien russe Russe Gregory Margulis. (Crédit : Wikimedia Commons)

De dix ans son cadet, Gregory Margulis s’est quant à lui distingué dès l’âge de 16 ans en remportant une médaille d’argent à l’Olympiade internationale de mathématiques et, 16 ans plus tard, la prestigieuse médaille Fields.

Victime dans son pays de discrimination en raison de son origine juive, ce n’est qu’en 1979 qu’il a été autorisé à voyager à l’étranger, lorsque les universitaires soviétiques se sont vu accorder plus de libertés individuelles.

Après des séjours dans des établissements universitaires en Suisse, en France et aux Etats-Unis, il s’installe en 1991 à Yale, où il vit depuis.

Elu membre de l’Académie nationale des sciences américaine en 2001, il s’est dit honoré par « ce signe de reconnaissance ».

En raison de la pandémie de Covid-19, la cérémonie de remise du prix Abel, prévue le 19 mai, a été repoussée sine die.

Portant le nom du mathématicien norvégien Niels Henrik Abel (1802-1829) et dotée cette année de 7,5 millions de couronnes (environ 648.000 euros), la récompense a été créée en 2003 par le gouvernement norvégien avec l’objectif de combler l’absence de prix Nobel de mathématiques.

Avec la médaille Fields, c’est l’une des plus prestigieuses distinctions au monde dans cette discipline.

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