Un pharmacien de Jérusalem-Est, arrêté sur la base d’accusations non vérifées, libéré
L'employé de Petah Tivka a été dénoncé, à tort, comme portant une bague avec une image ressemblant au drapeau du groupe terroriste État islamique
Jeremy Sharon est le correspondant du Times of Israel chargé des affaires juridiques et des implantations.
Un pharmacien de Jérusalem-Est a été libéré mercredi après avoir été arrêté pour suspicion d’identification au groupe terroriste État islamique (EI) en raison d’une bague qu’il portait et qui ressemblait au drapeau de l’EI, mais sans que la police n’ait vérifié à quoi ressemble ce drapeau.
À la suite d’une plainte déposée par un citoyen selon laquelle la bague que portait le pharmacien portait le symbole de l’EI, la police l’a arrêté dans la pharmacie où il travaillait à Petah Tivka lundi soir.
Lors d’une audience du tribunal de Petah Tikva sur la demande de la police de prolonger sa détention mardi, le représentant des forces de l’ordre a admis que l’écriture arabe sur la bague n’avait pas été traduite et que la police n’avait pas reçu de déclaration professionnelle du département concerné sur la bague et son lien présumé avec l’EI avant de donner suite à la plainte.
La police n’a pas non plus obtenu l’autorisation écrite nécessaire du bureau du procureur de l’État pour ouvrir une enquête sur le pharmacien soupçonné de s’identifier à un groupe terroriste.
« Ce suspect n’a pas de casier judiciaire, il est titulaire d’un doctorat en pharmacologie […] Il a une famille et n’a pas besoin d’être arrêté à cause de l’islamophobie de la police », a déclaré à la Cour Me Alla Tilawi, qui représentait le pharmacien.
Bien qu’il ait reconnu les problèmes liés à l’affaire, le juge a insisté sur le fait qu’il y avait une ressemblance entre la bague et le drapeau d’EI et a décidé que l’homme serait maintenu en détention jusqu’au lendemain.
Mardi soir, cependant, un juge du tribunal de Lod a déclaré que rien sur la bague n’indiquait une association avec l’EI, soulignant que la police n’avait pas inclus d’image du drapeau de l’EI dans son dossier.
« Si la police n’a pas vérifié pour comparer la bague et le logo du groupe terroriste, on ne peut pas déclarer qu’il y a ne serait-ce que le début d’une base de suspicion contre l’appelant », a écrit le juge Ido Druyan-Gamlielle.
La bague porte l’image du sceau de Mahomet, avec des lettres blanches sur fond noir, déclarant que Mahomet est le messager de Dieu. Le drapeau de l’EI porte également l’image du sceau de Mahomet, mais avec des lettres noires sur un fond blanc, lui-même sur un étendard noir avec une phrase islamique distincte au-dessus du sceau.