Un recours déposé contre Ben Gvir et le raid policier à Tarabin, une « punition collective »
Le ministre, visé par un recours déposé par le Conseil régional d'El Kassum, a aussi été accusé par Yair Golan de "semer la destruction et le chaos" dans la société israélienne

Le Conseil régional d’El Kassum a déposé un recours mardi auprès de la Haute Cour de justice contre l’opération policière controversée qui se déroule actuellement dans la ville bédouine de Tarabin al-Sana.
Ce recours demande au tribunal d’ordonner le retrait des barrières en béton utilisées par la police pour boucler la ville, ainsi que la cessation des manoeuvres musclées qui ont vu des agents de la police des frontières lourdement armés entrer dans les maisons de la ville, procéder à des arrestations et utiliser, durant leurs opérations, des techniques antiémeutes telles que des canons à eau, des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes.
Par ailleurs, Muhammad Hussein Tarabin, un habitant de la ville, aurait été abattu par un policier à l’entrée de son domicile, dans la soirée de samedi, lorsque la police est venue l’arrêter. Cet incident fait actuellement l’objet d’investigations du département des enquêtes internes de la police du ministère de la Justice.
Ce recours demande en outre à la cour d’ordonner au ministre de la Sécurité intérieure Itamar Ben Gvir de mettre fin à ses « visites de prestige » à Tarabin. Ben Gvir est en effet venu à plusieurs reprises à Tarabin depuis le début de l’opération, suscitant la colère des habitants.
« La police mène des opérations répressives à Tarabin, notamment en installant des barrières en béton à l’entrée et à la sortie de la ville, en effectuant des contrôles ponctuels sur les personnes qui entrent et sortent, en fermant la ville pendant de longues périodes, avec des restrictions imposées à la liberté de mouvement des habitants, en déployant des forces de police dans la ville à une échelle sans précédent et disproportionnée, tout cela au titre d’une punition collective fondée sur une campagne de relations publiques orchestrée par le ministre Itamar Ben Gvir, qui est en charge du ministère de la Sécurité intérieure », peut-on ainsi lire dans ce recours.
Le chef du parti Les Démocrates, Yair Golan, a pour sa part accusé le ministre de la Sécurité intérieure Itamar Ben Gvir de « semer la destruction et le chaos » dans la société israélienne.
S’exprimant à l’occasion d’une conférence sur la société commune au centre Givat Haviva, Golan a accusé le ministre d’extrême droite, qui supervise les forces de l’ordre, d’utiliser la criminalité violente qui sévit dans la société arabe comme prétexte pour s’en prendre aux citoyens ordinaires.
Il a fustigé ce qu’il a décrit comme des « démonstrations de force de la police, sans action visant à lutter contre la criminalité », mentionnant la technique controversée qui consiste à boucler des villes arabes entières en plaçant des blocs de béton à chaque entrée.
Golan a en outre accusé le gouvernement de fermer les yeux sur la vague de criminalité qui secoue la société arabe, qui a déjà fait sept victimes en 2026.
« De jeunes gens méritants, intelligents, travailleurs et prometteurs sont bloqués par un gouvernement qui ne s’intéresse pas à leur avenir, un gouvernement qui les persécute, qui les met en danger et qui les laisse mourir », a-t-il déploré.
À la fin de son discours, il a renouvelé son engagement à s’associer aux partis arabes dans le but de former un gouvernement potentiel.
Alors qu’il quittait la scène, un membre du public a appelé le député de gauche à « s’engager à inclure des politiciens arabes dans le prochain gouvernement ».
En réponse, Golan a simplement haussé les épaules, comme pour indiquer qu’il n’avait rien contre cette idée, avant de donner une accolade au président du Raam, le député Mansour Abbas, installé au premier rang de l’auditorium.







