Un syndicat tunisien condamne des voyages organisés en Israël depuis la Tunisie
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Un syndicat tunisien condamne des voyages organisés en Israël depuis la Tunisie

L’organisation a incité le ministère public à ouvrir une enquête

Des touristes tunisiens en voyage à Jérusalem avec l’agence Tunisia Bay Travel. (Crédit photo : Tunisia Bay Travel / Facebook)
Des touristes tunisiens en voyage à Jérusalem avec l’agence Tunisia Bay Travel. (Crédit photo : Tunisia Bay Travel / Facebook)

Dans un message publié ce vendredi 24 mai sur Facebook, l’Union générale tunisienne du travail, principale centrale syndicale dans le pays, a dénoncé les séjours en Israël qu’organiserait l’agence de voyages Tunisia Bay Travel.

L’organisation entendait ainsi attirer l’attention du ministère public et l’inciter à ouvrir une enquête. L’organisation avait également appelé à manifester devant les locaux de l’agence de voyage.

Le prochain séjour organisé par l’agence devrait avoir lieu du 27 mai au 3 juin 2019. Il prévoit notamment la visite de la mosquée Hassan Bek à Tel Aviv, à Tibériade et le port de Jaffa.

Déjà, en janvier dernier, sur son site, la « Campagne tunisienne pour le boycott académique et culturel d’Israël » avait « condamné avec la plus grande fermeté le trafic illégal et immoral de l’agence de voyage tunisienne Tunisia Bay Travel avec l’ennemi sioniste », Israël.

« Nous avons appris récemment que l’agence de voyage tunisienne Tunisia Bay Travel commercialise depuis quelques mois des voyages organisés vers la Jordanie, la Palestine et Israël. Ce dernier pays ne figure pas dans le prospectus commercial, disponible sur la page Facebook de l’agence de voyage, mais le programme du voyage, consultable sur la même page, mentionne explicitement des étapes dans les villes de Haïfa et de Tibériade situées dans l’Israël d’aujourd’hui, en plus d’étapes en Cisjordanie et à Jérusalem. Rappelons par ailleurs que l’accès en Cisjordanie par le pont d’Allenby ainsi que l’accès à Jérusalem sont contrôlés par l’armée d’occupation israélienne », avait indiqué l’organisation.

« Nous appelons le gouvernement tunisien à mettre immédiatement fin à ce trafic illégal avec l’ennemi sioniste et à faire traduire les responsables devant la justice, ajoutait-elle. Nous appelons les représentants du peuple tunisien et la justice à se saisir de ce dossier pour faire toute la lumière sur les conditions d’entrée des citoyens tunisiens en Israël et sur les entreprises et les services de l’État qui auraient facilité de près ou de loin cet acte illégal de normalisation avec l’ennemi sioniste. »

En Tunisie, les propos, actes et comportements antisionistes et antisémites sont courants. En 2017, le Times of Israël avait publié un reportage sur la situation des Juifs en Tunisie.

« Des facteurs variés, notamment la violence à l’encontre des Juifs tolérée par l’Etat à la suite de la victoire d’Israël contre ses voisins lors de la guerre des Six jours de 1967, ont petit à petit vidé la Tunisie des 110 000 Juifs qui y vivaient avant le début des années 1970, écrivait alors le journaliste Cnaan Liphshiz de l’agence JTA. Quelques douzaines de familles sont parties après la révolution de 2011 qui avait brièvement installé au pouvoir un parti islamiste et anti-israélien. »

« En Tunisie, les expressions d’antisémitisme – qui présentent souvent un vernis anti-israélien – continuent », ajoutait-il – des actes touchant régulièrement les 1 700 Juifs restant dans le pays.

En mars dernier, le bureau exécutif du syndicat tunisien des chanteurs avait publié un communiqué annonçant la radiation de ses listes d’un chanteur : Mohsen Cherif. La décision faisait suite à sa participation à des concerts en Israël.

Selon le site Tunisienumerique.com, le communiqué indiquait que « les liens amicaux et professionnels noués par Mohsen Cherif avec l’entité sioniste [Israël] n’avaient rien à voir avec l’engagement de la Tunisie en faveur de la question palestinienne et du soutien qu’elle lui apporte ».

La loi tunisienne prône le boycott de l’État juif.

En janvier dernier, des membres de la « Campagne tunisienne pour le boycott académique et culturel d’Israël » avaient annoncé « une série d’activités visant principalement à lutter contre toute activité soupçonnée de liens avec les institutions israéliennes », annonçait le site AA.com.

L’an dernier, une championne d’échecs âgée de 7 ans avait été interdite de tournoi en Tunisie parce qu’Israélienne. Ce n’était pas la première fois que des joueurs d’échecs israéliens n’étaient pas autorisés à participer à des tournois internationaux en raison de leur nationalité.

Dans le monde du sport également, la fédération internationale de judo avait retiré à la Tunisie l’organisation d’un tournoi international en raison de l’incapacité du pays à garantir une égalité de traitement aux athlètes israéliens.

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