Une autre femme accuse le fondateur de ZAKA de l’avoir agressée en 2014
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Une autre femme accuse le fondateur de ZAKA de l’avoir agressée en 2014

Cette agression tomberait dans le délai légal, mais la victime n’a pas encore déposé plainte ; selon un clip audio, Meshi-Zahav aurait organisé des actes sexuels en groupe

Yehuda Meshi-Zahav, alors chef du centre de secours israélien ZAKA, se tient sur les lieux d'une fusillade par un homme armé palestinien, à Jérusalem, le 13 octobre 2015. (AP Photo Oded Balilty, File)
Yehuda Meshi-Zahav, alors chef du centre de secours israélien ZAKA, se tient sur les lieux d'une fusillade par un homme armé palestinien, à Jérusalem, le 13 octobre 2015. (AP Photo Oded Balilty, File)

De nouvelles allégations d’abus sexuels contre le fondateur de ZAKA, Yehuda Meshi-Zahav, ont été révélées jeudi, les dernières d’une série d’accusations de viol et d’autres crimes sexuels par près d’une dizaine de personnes.

Un reportage du quotidien Haaretz la semaine dernière, qui a fait l’effet d’une bombe et déclenché une tempête d’accusations contre Meshi-Zahav, a entraîné des allégations quasi quotidiennes de méfaits et de dissimulation.

De nouvelles victimes présumées se sont entretenues avec Haaretz à la suite du reportage initial, dont une femme de 40 ans qui a déclaré avoir été agressée en 2014, à 33 ans, lorsqu’elle s’est tournée vers Meshi-Zahav pour obtenir de l’aide. L’affaire est importante car elle semble être dans la limite du délai légal, bien que la femme n’ait pas encore déposé plainte.

Le fondateur de ZAKA, personnalité éminente de la communauté ultra-orthodoxe, aurait commencé à toucher la poitrine de la femme contre son gré dans son bureau, a-t-elle déclaré.

Il a continué à la tripoter, malgré ses protestations, porte ouverte et sans aucune peur apparente d’être attrapé, a-t-elle déclaré à Haaretz. Des reportages antérieurs ont déclaré que les méfaits de Meshi-Zahav étaient largement connus de certaines parties de la communauté ultra-orthodoxe, et les responsables de ZAKA étaient peut-être également au courant.

Cette femme, identifiée seulement par l’initiale de son nom, L., a raconté qu’elle avait fui le bâtiment en larmes et qu’elle n’avait pu parler de cet incident à personne pendant des années. Elle pense que si elle était restée dans le bureau, elle aurait été violée.

Yehuda Meshi-Zahav s’exprime lors d’une conférence à Jérusalem, le 7 mars 2021. (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

La police a ouvert une enquête contre Meshi-Zahav la semaine dernière et au moins une plainte a été déposée, mais il ne semble pas y avoir de preuves d’incidents qui entreraient dans le délai de prescription légal. L’affaire de L. est suffisamment récente pour constituer une infraction passible de poursuites, mais elle a trop peur de Meshi-Zahav pour déposer une plainte, a-t-elle déclaré.

Haaretz a révélé ce jeudi plusieurs autres infractions présumées de Meshi-Zahav qui ont fait surface à la suite du reportage initial.

L’une des victimes présumées avait huit ans quand, en 1981, Meshi-Zahav l’aurait pris sur ses genoux de manière sexuelle, a-t-il raconté.

Un autre homme, qui avait 14 ans au moment des faits présumés en 1997, a déclaré que Meshi-Zahav l’a déshabillé et léché.

Dans un troisième incident présumé, une femme a raconté que Meshi-Zahav s’était masturbé plusieurs fois en la regardant depuis sa voiture en 1994, alors qu’elle avait 12 ans.

Les témoins affirment que la déviance de Meshi-Zahav était de notoriété publique, mais qu’ils avaient peur de s’exprimer. L’un d’eux s’interroge : « Tout le monde était au courant. Je ne comprends pas pourquoi ça explose maintenant. »

Haaretz a également obtenu un enregistrement audio dans lequel Meshi-Zahav semble vouloir organiser une orgie.

Dans cet enregistrement, Meshi-Zahav parle à un homme du milieu de la prostitution et lui demande de rassembler plusieurs personnes pour une séance de sexe en groupe avec une femme qu’il connaît.

« Écoutez, elle est malade, elle veut une partouze », explique Meshi-Zahav dans l’enregistrement. « Elle veut cinq mecs qui la traiteront comme une pute, une esclave sexuelle. »

Un avocat a déclaré à Haaretz que l’appel était « une discussion inappropriée entre amis sans aucune signification ». Le reportage indique que le rassemblement prévu avait effectivement eu lieu.

Illustration : une équipe ZAKA répond à un accident à Petah Tikva, le 26 octobre 2015. (Ilan Malca / ZAKA)

Un reportage publié jeudi par le Times of Israël a révélé des allégations selon lesquelles Meshi-Zahav avait également des antécédents de malversations financières.

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