Une policière dont la promotion a été bloquée par Ben Gvir va faire appel
La commissaire Ruti Hauslich s’apprête à saisir la justice après le refus du ministre, qui l’accuse d’avoir exprimé à la Knesset des positions contraires à la police et à son ministère

La commissaire Ruti Hauslich, enquêtrice de haut rang dont la promotion a été bloquée par le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, a annoncé mercredi son intention de saisir les tribunaux, selon la presse israélienne.
Le ministre d’extrême droite a officiellement annoncé lundi son refus d’autoriser la promotion de Hauslich, défiant ainsi les hauts responsables de la police, dont le commissaire général Danny Levy, qui souhaitaient la faire passer du grade de commissaire principal à celui de commandant.
Gil Limon, adjoint de la procureure générale Gali Baharav-Miara, avait adressé dimanche une lettre à Ben Gvir, dans laquelle il exhortait le ministre d’extrême droite à ne plus se comporter comme le « super commissaire » de la police.
« Vous n’êtes pas censé endosser le rôle de ‘super commissaire’, et vous n’êtes pas le commandant des policiers », peut-on lire dans la lettre, selon Ynet.
« Vous n’êtes pas autorisé à ‘punir’ des agents pour leur travail simplement parce qu’il ne vous convient pas », ajoute Limon.
« Votre comportement soulève de sérieuses inquiétudes dans la mesure où il affecte la capacité à maintenir l’indépendance de la police israélienne, ainsi que son caractère d’organisme étatique et apolitique ».
Dans une publication sur X, Ben Gvir, a balayé le contenu de la lettre : « Je t’ai entendue, Gali. Je n’accepte pas ton conseil. Nous continuons à avancer, avec toute l’énergie dont nous disposons. »
Ben Gvir a en outre accusé la policière d’avoir exprimé, lors de réunions de commissions de la Knesset, des positions « contraires à celles de la police israélienne et du ministère de la Sécurité nationale ».
Selon lui, un tel comportement revient à s’arroger une autorité, à présenter de fausses informations à des instances extérieures à la police et à enfreindre la loi ainsi que le code de conduite de la police.
Selon le quotidien Haaretz, Hauslich aurait exprimé à plusieurs reprises des positions contraires à celles de Ben Gvir lors de différentes discussions avec le ministre, notamment quant à la gestion par les forces de l’ordre des infractions d’incitation à la haine.
Hauslich n’est pas la première à subir les foudres de Ben Gvir et à se voir refuser une promotion pour des raisons personnelles.
Depuis l’année dernière, il refuse de promouvoir la surintendante de police Rinat Saban, de la division des enquêtes et des renseignements, qui a témoigné contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans son procès pour corruption pour ce qu’il qualifie de « graves manquements » dans sa conduite.
Au début de la semaine, le tribunal de Jérusalem a ordonné à Ben Gvir de se retirer du processus et d’approuver la promotion de Saban.
Le ministre bloque la promotion de Saban depuis l’été dernier, pour des raisons que le tribunal a estimé relever de « considérations externes » susceptibles de menacer l’indépendance de la police.
Malgré cette décision, Ben Gvir refuse toujours de céder et a annoncé son intention de faire appel devant la Cour suprême.
Le ministre avait auparavant invoqué un manque de professionnalisme présumé de Saban pour justifier son veto, mais il a récemment déclaré que son rôle dans l’enquête « illégale » visant Netanyahu devrait constituer un motif de renvoi de la police.
C’est traditionnellement le ministre en charge de la police qui approuve les promotions des officiers. Cette signature était considérée comme une simple formalité jusqu’à la nomination de Ben Gvir.







