Une recherche confirme la résilience des coraux face à la hausse des températures
Les experts avertissent qu'ils pourraient atteindre leurs limites et ils appellent à la mise en place de politiques régionales de conservation
Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.

De nouvelles recherches ont confirmé, une fois de plus, que les coraux qui se trouvent au large des côtes d’Eilat, dans le sud d’Israël, sont remarquablement résistants à la hausse des températures.
Les résultats de cette étude – des résultats qui ont été publiés mercredi dans Science of the Total Environment – révèlent que les coraux du golfe d’Aqaba ont résisté à quatre étés consécutifs de vagues de chaleur marine pourtant de plus en plus intenses. Parmi ces dernières, une période record de 113 jours en 2024, pendant laquelle la température de la surface de la mer a atteint 32,6 degrés.
L’étude a montré que cinq espèces de coraux ont survécu à cette vague de chaleur sans précédent, sans être victimes de blanchissement massif. Les coraux porites (un genre de petits coraux pierreux) sont restés stables. Les cyphastrea, qui sont communément appelés coraux cerveaux en raison de leur apparence, ont subi un stress mais ils se sont rétablis en quelques mois.
Un blanchissement sporadique en eaux peu profondes laisse toutefois entendre que les coraux du golfe pourraient atteindre leurs limites.
« Alors que près de la moitié des coraux constructeurs de récifs dans le monde sont menacés d’extinction, notre étude montre que le golfe d’Aqaba reste l’un des derniers bastions de survie des récifs », dit Naama-Rose Kochman, étudiante en doctorat qui a travaillé aux côtés du professeur Maoz Fine, de l’Institut des sciences de la vie de l’Université hébraïque et de l’Institut interuniversitaire des sciences marines d’Eilat.
Elle ajoute néanmoins que « même ce refuge n’est pas à l’abri de l’accélération du changement climatique et de la pollution locale ».
Fine, de son côté, explique que « ces résultats mettent en évidence à la fois la résilience et la fragilité des écosystèmes coralliens. Ils soulignent l’urgence de mettre en place des politiques de conservation régionales afin de préserver ce qui pourrait être le dernier récif corallien florissant au monde ».
Les récifs coralliens sont de hauts-lieux de la biodiversité qui font vivre des millions de personnes, de la pêche à la protection des côtes. Pourtant, les vagues de chaleur marine — des périodes prolongées de températures anormalement élevées à la surface de la mer — sont aujourd’hui l’une des principales causes de mortalité des coraux dans le monde.







