Uri Ariel proteste contre la loi sur l’arrêt du transport des animaux vivants
Rechercher

Uri Ariel proteste contre la loi sur l’arrêt du transport des animaux vivants

Alors que Netanyahu et Kahlon ont apporté leur soutien à la législation, le ministre de l'Agriculture estime que les restrictions mèneront à des licenciements et à une inflation

Des manifestants à Tel Aviv contre les envois vivants d'animaux destinés à l'engraissement et à l'abattage en Israël, le 28 avril 2018. (Adi Avikzer)
Des manifestants à Tel Aviv contre les envois vivants d'animaux destinés à l'engraissement et à l'abattage en Israël, le 28 avril 2018. (Adi Avikzer)

Le ministre de l’Agriculture Uri Ariel (HaBayit HaYehudi) a dénoncé mardi une décision gouvernementale de soutenir un projet de loi dont l’objectif est de progressivement mettre un terme au transports d’animaux vivants destinés à l’abattage en Israël.

Cette décision de soutien apporté au texte a été prise dimanche par la puissante commission des lois. Il avait été proposé par la députée du Likud Miki Zohar, avec l’appui de 27 autres législateurs de différents partis et elle a été saluée par le Premier ministre.

Le ministre des Finances Moshe Kahlon, chef du parti Koulanou de la coalition, a voté en faveur de la loi, malgré l’opposition des responsables du trésor. Une source ministérielle a déclaré que Kahlon a brisé les rangs pour des « considérations morales ».

Le texte forcerait les importateurs à réduire le nombre de moutons et de veaux vivants en provenance d’Australie et d’Europe d’au moins 25 % par an, dans l’espoir que ce type de transport puisse être totalement éliminé dans les trois ans suivant l’adoption de la législation.

Ariel a dénoncé mardi cette proposition, estimant qu’une telle législation n’était « pas proportionnée » dans la mesure où elle créerait une hausse record du prix de la viande, la demande dépassant l’approvisionnement, qu’elle entraînerait des licenciements dans les industries de l’engraissement et de l’abattage et des violations des traités commerciaux signés.

« Dans tout le monde occidental et moderne – dont fait partie Israël – le transport de bétail depuis des pays variés est considéré comme habituel et il y a des régulations et des normes claires pour garantir le bien-être des animaux. Si ces régulations n’étaient pas respectées, il est clair dans tous les esprits raisonnables que cette réalité [des transports] n’existerait pas aujourd’hui ».

Un Israélien fait griller de la viande lors de la 66ème Journée de l’indépendance israélienne à Jérusalem, le 6 mai 2014 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Les Israéliens adorent la viande », a-t-il continué, ajoutant que la consommation de viande était en augmentation.

Le ministère de l’Agriculture a noté une hausse de 25 % de demande pour la viande entre 2015 et 2017.

Ariel a expliqué que le ministère travaillait constamment en faveur de la protection du bien-être animal et qu’il luttait pour garantir la mise en oeuvre appropriée des lois actuelles.

Le ministère de l’Economie a petit à petit élevé les quotas des importations nettes d’impôt de viande réfrigérée, visant 17 millions de tonnes en 2020, et le ministère de l’Agriculture a adopté des régulations visant à étendre la durée de conservation de la viande réfrigérée sous vide de 45 à 85 jours.

Et pourtant, ce sont 363 456 moutons et tête de bétail qui ont été importés en Israël au cours des six premiers mois de l’année, ce qui représente une augmentation de 36 % par rapport à la même période en 2017.

Une source du ministère de l’Agriculture a indiqué mardi au Times of Israel que si le niveau des quotas devait augmenter, les transports d’animaux vivants pourraient être réduits.

« La balle est dans le camp du ministère de l’Economie. Il peut élever les plafonds sur les importations de viande réfrigérée et cela nous permettrait de réduire le nombre de transports d’animaux vivants de manière significative », a noté la source.

Mais une source du ministère des Finances a estimé que ce n’était « pas si simple » parce que le gouvernement – spécifiquement les ministères de l’Agriculture, des Finances et de l’Economie – ont signé des accords avec les Israéliens travaillant dans l’industrie qui engraisse et abat les animaux importés.

L’opposition publique aux transports a pris de l’ampleur après des témoignages de lanceurs d’alertes à bord des navires. Les bateaux contiennent plusieurs étages consacrés à ces convoyages qui hébergent de 1000 à 20 000 têtes de bétail, ou 100 000 moutons, ou les deux.

Transport de bétail vivant depuis l’Australie. (Crédit : Lynn Simpson)

Une fois en Israël, les animaux sont chargés sur des camions pour des voyages qui peuvent durer des heures vers les abattoirs ou les structures d’engraissement.

Au début du mois, 228 avocats avaient signé une pétition réclamant l’arrêt de ce type de transport, disant qu’ils violaient la législation sur les droits des animaux. Leur pétition reprenait les propos du vice-président de la cour suprême Mishael Cheshin qui avait écrit que « la protection des animaux fait partie de l’obligation morale de protéger les faibles dans la société ».

Au mois de mai, 60 éminents rabbins avaient signé un courrier qui disait que « ni la Torah ni la morale humaine ne permettent de telles cruautés envers les animaux ».

Une étude réalisée par l’Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE) a révélé que les Israéliens sont les quatrième plus gros mangeurs de viande dans le monde en 2017, avec en moyenne 86,1 kilos par personne et par an.

De manière plus spécifique, Israël est le plus gros consommateur de poulet dans le monde et le pays est septième en termes de consommation de boeuf et de veau, avec une moyenne annuelle de 20 kilos par personne.

La consommation de viande de mouton, en revanche, s’élève à 1,8 kilo par personne et par an.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...