Feu vert ministériel au texte interdisant les transports d’animaux « cruels »
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Feu vert ministériel au texte interdisant les transports d’animaux « cruels »

Netanyahu a salué le projet de loi "humain et moral" qui cherche à mettre fin aux importations d'animaux vivants venant d'Australie et d'Europe d'ici 3 ans après adoption du texte

Emission "60 Minutes" diffusée à la télévision australienne le 8 avril 2018 consacrée aux importations d’animaux (Crédit : capture d'écran de l'émission "60 minutes")
Emission "60 Minutes" diffusée à la télévision australienne le 8 avril 2018 consacrée aux importations d’animaux (Crédit : capture d'écran de l'émission "60 minutes")

Les ministres ont approuvé dimanche un projet de loi dont l’objectif est d’éliminer petit à petit les transports d’animaux vivants controversés destinés à l’abattage en Israël.

Le texte forcerait les importateurs à réduire le nombre de moutons et de veaux vivants en provenance d’Australie et d’Europe d’au moins 25 % par an, dans l’espoir que ce type de transport puisse être totalement éliminé dans les trois ans suivant l’adoption de la législation.

Selon la proposition, les animaux transitent lors de voyages maritimes longs, « baignant dans leurs excréments et souffrant d’une chaleur excessive ».

Le projet de loi recommande vivement l’importation de viande plutôt que celle d’animaux vivants.

En réponse, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a téléchargé la photographie d’un veau recouvert d’excréments et il a écrit : « Nous avons approuvé à la commission des Lois de la Knesset un texte visant à mettre un terme au transport d’animaux vivants vers Israël ».

« Nous devons vraiment corriger la grande souffrance causée aux animaux ».

Son épouse, Sara, qui au début de l’année avait écrit sur sa page Facebook avoir le coeur brisé et qui avait appelé à observer les conditions de voyage des animaux en Israël, a pour sa part salué l’approbation de ce qu’elle a qualifié de « projet de loi humain et moral pour mettre fin au transport d’animaux vivants en Israël ».

« Pas une seule créature vivante ne mérite de vivre une telle souffrance et nous, en tant que société, ne devons pas accepter l’existence d’une telle situation », a-t-elle dit.

Le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan a indiqué avoir fait campagne contre la cruauté de ces transports depuis qu’il a occupé le siège de ministre de la Protection environnementale. Se référant à l’option de l’importation de viande réfrigérée, il a ajouté qu’il incombait au pays « d’empêcher toute souffrance non-nécessaire lorsqu’il existe une alternative raisonnable causant moins de cruauté et de douleur aux animaux. C’est une obligation morale ».

Au début du mois, 228 avocats avaient signé une pétition réclamant l’arrêt de ce type de transport, disant qu’ils violaient la législation sur les droits des animaux. Leur pétition reprenait les propos du vice-président de la cour suprême Mishael Cheshin qui avait écrit que « la protection des animaux fait partie de l’obligation morale de protéger les faibles dans la société ».

Au mois de mai, 60 éminents rabbins avaient signé un courrier qui disait que « ni la Torah ni la morale humaine ne permettent de telles cruautés envers les animaux ».

Parmi les signataires, des membres du conseil du grand rabbinat – le rabbin Yehuda Deri, le grand rabbin de la ville de Beer Sheva, dans le sud du pays, Ratzon Arusi et le rabbin Shimon Elitov; ainsi que des lauréats du prix d’Israël, le rabbin et professeur Daniel Sperber, les rabbins Avraham Steinberg et Eli Sadan; et feu Elyashiv Knohl.

Dans une lettre personnelle, Deri avait écrit que tous ceux qui achetaient les produits issus de ces transports d’animaux vivants étaient complices de ces cruautés.

L’opposition publique aux transports a grandi suite aux témoignage des lanceurs d’alertes à bord des navires et d’un reportage réalisé au mois d’avril par Animals Australia et diffusé dans l’émission australienne « 60 Minutes », consacrée aux conditions des moutons lors de leur importation par la mer vers le Moyen-Orient, au cours de cinq voyages.

Des manifestants à Tel Aviv contre les envois vivants d’animaux destinés à l’engraissement et à l’abattage en Israël, le 28 avril 2018. (Adi Avikzer)

Malgré plusieurs déclarations dans le passé faites par le ministre de l’Agriculture Uri Ariel qui avait indiqué qu’il oeuvrerait à réduire le nombre de transports, ce sont 363 456 moutons et tête de bétail qui ont été importés en Israël au cours des six premiers mois de l’année, ce qui représente une augmentation de 36 % par rapport à la même période en 2017.

Interrogé sur la raison de cette hausse, un porte-parole du ministère de l’Agriculture a fait savoir au Times of Israel que la demande de viande dans le pays avait augmenté de 25 % au cours des deux dernières années.

Pour sa part, le ministère de l’Economie a petit à petit élevé les quotas des importations nettes d’impôt de viande réfrigérée, qui coûte moins cher aux consommateurs que la viande issus de transports d’animaux vivants, mais qui n’est pas fraîche.

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