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Wizz Air « déterminée » à s’implanter à l’aéroport Ben Gurion d’ici le printemps 2026

La compagnie hongroise investirait un milliard de dollars, baserait des avions en Israël et doublerait son réseau pour atteindre 50 liaisons au cours des prochaines années

Sharon Wrobel est journaliste spécialisée dans les technologies pour le Times of Israel.

La ministre des Transports Miri Regev (à gauche) et le PDG de Wizz Air József Váradi, le 27 novembre 2025. (Crédit : Autorisation)
La ministre des Transports Miri Regev (à gauche) et le PDG de Wizz Air József Váradi, le 27 novembre 2025. (Crédit : Autorisation)

Jeudi, la compagnie aérienne low-cost hongroise Wizz Air s’est dite « déterminée » à s’implanter à l’aéroport Ben Gurion de Tel Aviv dès mars ou avril. Une initiative qui pourrait stimuler la concurrence et faire baisser les tarifs exorbitants pour les voyageurs.

« Nous sommes pleinement déterminés à concrétiser le projet d’une base Wizz ici, en Israël », a déclaré József Váradi, PDG de Wizz Air, en visite en Israël. « Nous voulons être considérés comme une entreprise citoyenne, intégrée dans la société israélienne. »

Ces propos de Váradi interviennent à l’issue d’une réunion avec la ministre des Transports, Miri Regev, et des responsables du ministère. Cependant, certaines questions réglementaires et autres sont encore en cours de discussion, et les compagnies aériennes israéliennes se sont farouchement opposées à ce projet.

« Nous avons eu une excellente réunion qui a permis de réaliser d’énormes progrès dans la compréhension de l’opportunité sous tous ses angles, dans la compréhension des besoins du pays, dans la compréhension de ce que nous pouvons faire en termes d’opérations et dans la mise sur la table des problèmes afin de trouver des moyens de les résoudre », a déclaré Váradi au Times of Israel après la réunion. « Certains des défis sont d’ordre technique, commercial ou réglementaire. »

« Mais les deux parties sont réellement déterminées à faire en sorte que les choses fonctionnent », a ajouté Váradi.

Dans un communiqué conjoint à l’issue de la réunion, Regev et Váradi ont fait savoir qu’ils avaient convenu de consacrer les deux prochains mois à travailler ensemble sur les questions en suspens, afin de tenter de conclure les discussions d’ici la fin du mois de janvier.

Un vol Wizz Air décolle de l’aéroport international Ben Gourion, le 22 juillet 2019. (Crédit : Moshe Shai/Flash90)

« Nous sommes pleinement déterminés à progresser davantage, dans le but de commencer à mettre en œuvre cette idée [d’un hub en Israël] dès que possible. Nous espérons que ce sera en mars ou avril », a ajouté Váradi.

Váradi a déclaré que la création d’un hub Wizz Air en Israël représentait « un investissement considérable au profit des consommateurs, qui bénéficieront d’une baisse du coût des voyages ».

« Il s’agit d’un investissement d’un milliard de dollars de notre part, et nous apporterions au pays l’efficacité technologique de nos avions, mais surtout, nous proposerions beaucoup plus de tarifs bas sur le marché local », a-t-il expliqué. « Nous pensons pouvoir doubler notre réseau. »

« À l’heure actuelle, nous proposons 21 liaisons au départ d’Israël [vers des destinations à travers l’Europe] et nous envisageons un réseau d’environ 50 liaisons dans les prochaines années », a-t-il estimé.

Regev mène depuis plusieurs mois des discussions avec Wizz Air pour établir une base opérationnelle dans le pays. Cette implantation permettrait à la low-cost de stationner ses avions en Israël et d’ajouter davantage de vols vers un plus grand nombre de destinations, a-t-elle souligné, ce qui augmenterait la capacité globale et devrait entraîner une baisse des tarifs.

Váradi a précisé au Times of Israel que, sur les trois prochaines années, la compagnie entend créer « une capacité supplémentaire de quatre millions de sièges, en plus du programme actuel ».

« La décision de Wizz Air d’ouvrir une base en Israël marque une avancée qui conduira sans aucun doute à une baisse des prix des vols sur le marché israélien », a estimé Shirley Cohen Orkaby, vice-présidente d’Eshet Tours. « L’ampleur de cette baisse dépendra de plusieurs facteurs, notamment du nombre d’avions que Wizz stationnera dans le pays, de l’emplacement de la base, à l’aéroport Ben Gurion où l’effet serait plus marqué ou à l’aéroport Ramon à Eilat, ainsi que de l’octroi éventuel à Wizz Air de la septième liberté aérienne lui permettant de voler depuis Israël vers des pays hors UE. »

Shirley Cohen Orkaby, vice-présidente du groupe Eshet Tours. (Crédit : Ezra Levy)

Elle a toutefois ajouté que l’arrivée de Wizz Air « ne devrait pas résoudre le problème des prix élevés vers l’Est », la compagnie se concentrant sur le court-courrier.

Si le projet aboutit, Wizz Air entrerait en concurrence directe avec les transporteurs locaux pour les créneaux de décollage et d’atterrissage sur les principales routes européennes.

La compagnie nationale El Al et les transporteurs israéliens plus modestes, Arkia et Israir, ont fait valoir qu’autoriser Wizz Air à ouvrir une base opérationnelle nuirait sensiblement aux compagnies locales et compromettrait la résilience nationale, en particulier en temps de guerre.

Les compagnies israéliennes, dont El Al, ont été accusées de pratiquer des prix abusifs et de profiter indûment de la situation. Elles font l’objet de recours collectifs après avoir enregistré des bénéfices records ces deux dernières années de guerre, alors que les tarifs ont atteint des niveaux sans précédent.

« J’apprécie que les compagnies israéliennes aient continué à voler en période d’urgence, mais il ne fait aucun doute qu’elles ont profité de la pénurie d’offre [les compagnies aériennes étrangères ayant cessé leurs activités] pour imposer des prix exorbitants en ces temps difficiles, et c’est une réalité inacceptable », a déclaré Regev. « Nous travaillons actuellement sur tous les fronts pour réduire le coût de la vie. »

Alors que la plupart des grandes compagnies étrangères ont repris leurs vols vers et depuis Israël ces dernières semaines, après plusieurs cycles d’annulations et de rétablissements dûs aux deux ans de guerre, déclenchée par le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, nombre de compagnies low-cost ont choisi de continuer à rester à l’écart.

Fin septembre, la compagnie irlandaise Ryanair a renoncé à reprendre ses opérations vers Israël cet hiver et a prolongé indéfiniment la suspension de ses vols, après plusieurs reports.

Le directeur général du groupe, Michael O’Leary, avait précédemment indiqué que la compagnie pourrait ne pas revenir en Israël, même si les violences liées à la guerre à Gaza s’apaisaient.

Cet été, la low-cost britannique easyJet avait déjà annoncé prolonger la suspension de toutes ses liaisons vers et depuis Tel Aviv jusqu’au 28 mars 2026.

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