Alors que les victimes s’accumulent, l’industrie du Forex fait la fête à Chypre
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‘Les clients sont responsables. Je pense qu’ils aiment être arnaqués’

Alors que les victimes s’accumulent, l’industrie du Forex fait la fête à Chypre

Renvoyer la balle, accuser les clients et danser comme un gangster : voici les coulisses du festival annuel, animé entre autres par Google, Facebook et Twitter, de l’industrie secouée par le scandale

L'entrée de la conférence IFX Expo au Palais des Sports de Limassol, à Chypre, en mai 2016. (Crédit : Hunter Stuart)
L'entrée de la conférence IFX Expo au Palais des Sports de Limassol, à Chypre, en mai 2016. (Crédit : Hunter Stuart)

LIMASSOL, Chypre – La première personne que j’ai rencontrée à IFX Expo, le sommet annuel de l’industrie des options binaires et du forex organisé au Palais des Sports de ce port industriel méditerranéen, était une femme russe un peu guindée d’une trentaine d’années, qui avait récemment commencé à travailler dans une entreprise d’options binaires en Israël.

Après des cappuccinos au bar à expresso improvisé sur le sol de l’arène sportive transformée où se déroulait la conférence le mois dernier, nous avons parlé de tout et de rien, discuté de la vie en Israël, d’à quel point elle était chère, et de combien Tel Aviv était plus amusante que Jérusalem.

La femme était éduquée, elle parlait un excellent anglais, était polie et professionnelle. Mais quand elle m’a dit au revoir et m’a tendu sa carte de visite, quelque chose n’allait pas. Il y avait son nom, celui de son entreprise, et une adresse email générale. Mais il n’y avait pas de numéro de téléphone ou d’adresse.

J’étais à Chypre en mission pour le Times of Israël, qui a publié ces dernières semaines une série d’articles exposant les entreprises frauduleuses de forex et d’options binaires d’Israël. IFX Expo est la conférence annuelle de l’industrie du forex et des options binaires. Organisée tous les ans à Chypre, elle attire environ 800 personnes du monde entier. Mon objectif était d’acquérir un point de vue interne à l’industrie et de comprendre ce qui l’intéressait.

Pendant la conférence, j’ai expérimenté d’autres moments incongrus, comme cette rencontre avec une femme à la carte de visite incomplète. Un matin, tôt, une belle femme vêtue entièrement de blanc m’a tendu une fine brochure avec « trade.Berry » sur la couverture.

Mais quand j’ai demandé, « Qu’est-ce que c’est ? », elle s’est envolée aussi mystérieusement qu’elle n’était arrivée, et l’ouverture de la brochure brillante n’a révélé aucune information concrète. « Une plate-forme avec un VISAGE », était-il écrit sur la première page, mais je n’ai pu trouver nulle part le nom des employés, des informations pour contacter l’entreprise, ou une indication quelconque sur sa localisation.

‘Le problème avec les entreprises d’options binaires, c’est que la plupart des personnes finissent par perdre tout leur argent’ – un chercheur russe qui a travaillé pour une compagnie de traitement des paiements

Options binaires et forex sont des termes largement employés dans le monde pour des produits financiers qui sont vendus aux consommateurs comme un investissement. Les deux produits peuvent être, et sont, proposés par des entreprises légitimes et très régulées.

Cependant, la fraude est répandue, notamment en Israël, et pour les compagnies frauduleuses, les « investissements » sont en fait des paris dans un casino truqué, conçu pour voler, comme cela a été détaillé dans « Les loups de Tel Aviv » et les autres articles du Times of Israël.

Beaucoup des entreprises frauduleuses emploient des courtiers à la voix douce, d’autres prétendent être basées dans les capitales mondiales de la finance, comme New York et Londres, ou affirment avoir une importante expérience d’investissement, qui vendent ensuite de manière agressive à des clients dans le monde entier le placement de leur argent sur un pari sur la hausse ou la chute d’un certain produit ou d’une certaine devise pendant une très courte période de temps.

En théorie, si le client a eu une prédiction correcte, il gagne de l’argent, et si la prédiction était fausse, il perd son dépôt. En pratique, les entreprises frauduleuses du forex et des options binaires emploient divers stratagèmes pour assurer que tous ou presque tous leurs clients perdent tout ou presque tout leur argent. Parmi les ruses employées, les firmes frauduleuses modifient et manipulent la valeur d’un actif, encouragent les clients à faire de mauvaises transactions, et refusent de répondre quand le client essaie de retirer ses fonds.

En se présentant à des clients naïfs comme des entreprises responsables offrant une opportunité de gagner de l’argent par des transactions financières sur un produit, les compagnies frauduleuses israéliennes de cette industrie brassent des centaines de millions de dollars, peut-être même des milliards. Des milliers d’Israéliens travaillent dans ce domaine, arnaquant des clients dans le monde entier de centaines de millions de dollars par an.

Aux Etats-Unis, le marché des options binaires est limité à trois bourses américaines régulées, et il est illégal pour les compagnies d’options binaires étrangères au pays d’approcher des citoyens américains. Dans des pays comme la France et le Canada, de nombreuses entreprises israéliennes figurent sur les listes noires du gouvernement, et les enquêteurs tentent de coincer les fraudeurs israéliens, sans beaucoup d’aide des autorités israéliennes.

En France et en Roumanie, il y a eu une série d’arrestations récentes, dont des Israéliens et des suspects de fraude aux options binaires liés à Israël. Israël a récemment interdit aux compagnies d’options binaires d’avoir des clients israéliens, mais elles sont toujours scandaleusement autorisées à perpétrer leur vol cynique chez des clients étrangers.

L’Autorité des titres israélienne affirme qu’elle n’a pas le pouvoir d’empêcher ces entreprises de voler des étrangers ; la police n’a montré aucun intérêt à mettre fin au scandale qui fait boule de neige. Et il prospère ainsi.

L'espace d'exposition de la conférence IFX Expo au Palais des Sports de Limassol, à Chypre, en mai 2016. (Crédit : Hunter Stuart)
L’espace d’exposition de la conférence IFX Expo au Palais des Sports de Limassol, à Chypre, en mai 2016. (Crédit : Hunter Stuart)

Les Israéliens ont une présence démesurée à la fête de Chypre. Ils représentent environ 15 % des participants à la conférence, et sont en bonne place comme orateurs des deux douzaines de panels du sommet. Une compagnie israélienne, SpotOption, a obtenu l’espace central de l’exposition, où elle a construit un salon cossu avec canapés en cuir et chandeliers.

Les autres participants de la conférence venaient des Etats-Unis, du Royaume-Uni, de Chypre, de Grèce, de Russie et d’anciens pays soviétiques, de l’Europe de l’Est, de pays arabes (un très faible nombre de participants) et d’Asie du sud-est, y compris de Chine (peut-être une dizaine de personnes). La majorité des exposants semblait être des fournisseurs de service aux entreprises d’options binaires plutôt que ces entreprises elles-mêmes.

Un exposant tourné vers le marché arabe, à la conférence IFX Expo au Palais des Sports de Limassol, à Chypre, en mai 2016. (Crédit : Hunter Stuart)
Un exposant tourné vers le marché arabe, à la conférence IFX Expo au Palais des Sports de Limassol, à Chypre, en mai 2016. (Crédit : Hunter Stuart)

C’est SpotOption, producteur du logiciel sur lequel les joueurs d’options binaires effectuent leurs « transactions », qui a inventé le concept d’options binaires en premier lieu, il y a environ 10 ans, a déclaré un dirigeant né en Lituanie d’une entreprise de forex basée à Chypre.

Depuis, a-t-il déclaré, l’industrie israélienne a explosé. « Il y a probablement 200 entreprises de forex ou d’options binaires en Israël. Chaque année, vous en avez une douzaine de nouvelles qui ouvrent puis font faillite. »

Pendant ce temps, un Chinois qui travaille pour une plate-forme technologique m’a confié que « l’industrie du forex et des options binaires est une preuve de récession. Quand l’économie est sur le déclin, même le pétrole est touché, mais pas le forex ni les options binaires. Les gens veulent toujours trouver un moyen de gagner de l’argent depuis chez eux. »

Pendant toute la conférence, j’ai entendu parler encore et encore du marché croissant très rapidement en Asie.

« En Asie, la région a réellement de plus en plus d’appétit pour le forex », a déclaré pendant une présentation un dirigeant de Google, Panos Lamprakos, tout en montrant des diapositives illustrant que le nombre de recherches pour « forex » et « options binaires » en Asie du sud-est a explosé ces dernières années.

L'entrée de la conférence IFX Expo au Palais des Sports de Limassol, à Chypre, en mai 2016. (Crédit : Hunter Stuart)
L’entrée de la conférence IFX Expo au Palais des Sports de Limassol, à Chypre, en mai 2016. (Crédit : Hunter Stuart)

Je suis venu à cet évènement à Chypre pour voir l’industrie de près.

Je savais comment travaillent les firmes frauduleuses, comment les vendeurs, en utilisant de faux noms et en mentant sur leur expertise et leur emplacement, cajolent les clients pour qu’ils investissent de petites sommes d’argent, disons 200 dollars, et les laissent gagner au début pour obtenir leur confiance pendant qu’ils les embobinent et les toisent.

J’ai lu au sujet des victimes d’Europe orientale et occidentale, du Canada, d’Arabie saoudite, d’Egypte, du Nigéria et d’Inde. J’ai lu l’histoire de Daniel et Italia, un couple français marié qui avait économisé 50 000 euros pour sa retraite et rêvait de conduire dans toute l’Europe un camping-car avec leurs économies, mais voulait d’abord en investir une partie. Après des recherches sur Internet, ils ont reçu un appel d’un courtier en investissement d’une compagnie appelée Fxntrade. Fxntrade a un beau site internet et une adresse à Londres. Le vendeur les a appelés encore et encore pendant un long moment pour les prendre au piège, petit à petit, en investissant de plus en plus d’argent. Une fois qu’ils avaient placé leurs 50 000 euros dans des investissements en utilisant le programme de Fxntrade, Fxntrade a disparu sans laisser de trace.

J’ai lu l’histoire des personnes âgées obligées de vendre leur maison quand les économies de toute leur vie ont été volées par des entreprises d’options binaires de la région de Tel Aviv, et celle d’un jeune homme pakistanais qui a perdu tout son dépôt, alors qu’il économisait pour son mariage.

Et à cette conférence, il est devenu remarquablement simple d’associer les histoires atroces que j’avais lues avec les personnes que je rencontrais, puisque plusieurs d’entre elles ont reconnu que c’était exactement ce qu’il se passait.

Ils l’appellent ‘la cuisine’

Je me suis lié d’amitié avec un jeune banquier sérieux de Lettonie, par exemple, habillé d’un Levis bleu foncé, d’une veste en coton bleu ciel et portant des lunettes Elvis Costello.

Il parlait avec éloquence de combien les entreprises d’options binaires mentent sur les performances réelles sur le marché des produits qu’elles vendent à leurs clients. « Ils l’appellent ‘la cuisine’, parce que les entreprises cuisinent ce qu’elles veulent » en termes de performance sur le marché, a-t-il dit, ajoutant qu’il avait travaillé dans le forex légitime, dans lequel les entreprises ne gagnent de l’argent que quand le client en gagne.

« Le problème avec les entreprises d’options binaires, c’est que la plupart des personnes finissent par perdre tout leur argent », a confessé un chercheur russe légèrement barbu qui travaille pour une entreprise de traitement des paiements. (Ces entreprises aident typiquement les compagnies d’options binaires en évitant que les clients indignés ne recouvrent leur argent.)

Des modèles en costume grecs accueillent les participants de la conférence IFX Expo à Chypre, en mai 2016. (Crédit : Hunter Stuart)
Des modèles en costume grecs accueillent les participants de la conférence IFX Expo à Chypre, en mai 2016. (Crédit : Hunter Stuart)

Alors qu’un modèle dans une combinaison bleue à sequins et les mots « pas de sexe, juste des affaires » peints sur son dos nu nous servait des flûtes de champagne frais, ce chercheur, qui n’avait pas plus de 25 ans, a continué à fustiger l’industrie même qui l’emploie. Il m’a dit à quel point les vendeurs des entreprises d’options binaires étaient pressants, « dès que vous essayez de mettre en place un compte avec l’un d’entre eux, ils vous appellent et commencent à vous poser toutes sortes de questions pour comprendre qui vous êtes. »

Il s’est plaint que la régulation de l’industrie soit à ce point inefficace : « beaucoup de ces entreprises, elles veulent la régulation chypriote, parce que la marque est bonne. Mais ce n’est pas assez stricte pour les empêcher de faire des choses qui ne sont pas éthiques », a-t-il accusé.

Il était frappant d’entendre des employés de l’industrie parler si franchement. Ils semblaient si normaux, le genre de personne qui, si j’avais oublié mon portefeuille sur le stand de l’une des entreprises, me l’aurait rendu immédiatement.

Et pourtant, même si la majorité d’entre eux n’étaient pas les personnes siphonnant directement les comptes en banque des veuves du Canada et des jeunes hommes pauvres du Pakistan, ils gagnent de l’argent dans une industrie qui, pour sa grande majorité, fait exactement cela, et boivent et dansent à sa conférence annuelle.

Un open bar servant des cocktails à la conférence IFX Expo à Chypre, en mai 2016. (Crédit : Hunter Stuart)
Un open bar servant des cocktails à la conférence IFX Expo à Chypre, en mai 2016. (Crédit : Hunter Stuart)

Il y avait un open bar qui commençait à servir des cocktails gratuits vers l’heure du déjeuner tous les jours. Et là-bas, j’ai rencontré un homme, se décrivant comme un homme d’affaires polonais, un bon causeur qui me parlait dans un anglais courant de Jérusalem, où il disait avoir autrefois vécu, il y a des années, et de journalisme, puisqu’il avait un neveu qui était aussi journaliste freelance au Moyen Orient.

Quand j’ai orienté la conversation vers son propre travail, il est devenu évasif. Voyant que son étiquette indiquait « FXBull », je lui ai demandé où était situé son entreprise. Il a éludé la question et a seulement déclaré qu’il venait à Limassol installer une branche locale de son entreprise. Alors que je rentrais le jour suivant, je l’ai vu à l’aéroport, parler hébreu et attendre pour embarquer dans un vol à destination de Tel Aviv.

Pendant une fête dans un club le deuxième soir de la convention, sponsorisée par l’une des plus grandes entreprises de forex, les choses sont devenues plutôt étranges.

Il y avait un thème année 20 : les hommes portaient des costumes croisés et des borsalinos ; les femmes des robes osées et des gants jusqu’aux coudes, qui fumaient langoureusement avec des fume-cigarettes. Un nain moustachu était attrapé pour poser dans des photos de groupe, comme un accessoire de fête.

Un animateur travesti, qui chantait sur scène d’anciennes chansons, était lui aussi tiré par des inconnus pour des photos. Quand le concert a été terminé, la chanson « Gangsta’s Paradise » a résonné pendant que des feux d’artifice étaient lancés. « Pouvoir et argent, argent et pouvoir », résonnait la chanson, pendant que la Grey Goose était commandée par bouteilles, qu’on faisait la queue au bar pour des verres de Jagermeister, et qu’ici et là un petit nuage de fumée de cannabis s’élevait au-dessus des chandeliers.

Quand j’ai quitté le club à 1h00, je passais devant ceux qui venaient d’arriver. Le lendemain matin, l’espace d’exposition de la conférence était largement déserté jusqu’à l’heure du déjeuner.

Atteindre leurs quotas

Alors que l’on commençait à entrer, j’ai entamé une conversation avec une employée d’une entreprise chypriote intitulée « Global Recruitment Solutions », qui propose des services de recrutement pour les compagnies de forex et d’options binaires.

« Que pensez-vous des articles disant que les vendeurs sont manipulateurs et trompent les gens, en prenant leur argent ? », ai-je gentiment demandé. Sa réponse a été méprisante. « C’est la nature des ventes, non ? Ils doivent atteindre leurs quotas, » a-t-elle répondu.

C’était le thème, et cela devenait clair : bien que presque toutes les personnes que j’ai rencontrées ont reconnu que d’une manière ou d’une autre, il existait des pratiques hypocrites dans l’industrie des options binaires, pour le moins qu’on puisse dire, ils se renvoyaient tous la balle.

Certains choisissaient le bouc émissaire facile des « vendeurs hyper agressifs » qui « avaient l’habitude de vendre des cosmétiques à l’étranger ». D’autres proclamaient leur innocence car ils fournissaient simplement des services à l’industrie, comme des logiciels, du marketing, ou des facilités de paiement, et par conséquent ne pouvaient pas être tenus pour responsables si les entreprises choisissaient de ne pas respecter la loi ou d’agir de manière immorale.

Tammy Levy, de SpotOption, pendant un "atelier" sur les plateformes efficaces pour les transactions d'options binaires, à la conférence IFX Expo à Chypre, en mai 2016. (Crédit : Hunter Stuart)
Tammy Levy, de SpotOption, pendant un « atelier » sur les plateformes efficaces pour les transactions d’options binaires, à la conférence IFX Expo à Chypre, en mai 2016. (Crédit : Hunter Stuart)

« SpotOption est une entreprise technologique, OK ? Tout le monde est responsable de vérifier les régulations de la juridiction où ils veulent travailler. Je suis ici pour vous dire quelles options vous avez, technologiquement », a déclaré Tammy Levy, directrice du marketing de SpotOption, pendant une session de question et réponse où elle avait été interrogée sur une répression possible des forces de l’ordre.

Et que dire des grandes corporations technologiques qui ont donné des présentations pendant la conférence : Google, Facebook, et Twitter ? Les trois compagnies ont donné des discours présentant des conseils sur comment utiliser leurs plate-formes pour gagner plus de clients, et plus d’argent.

Liset van Oosterhout, de Twitter, pendant la conférence IFX Expo à Chypre, en mai 2016. (Crédit : Hunter Stuart)
Liset van Oosterhout, de Twitter, pendant la conférence IFX Expo à Chypre, en mai 2016. (Crédit : Hunter Stuart)

« Nous avons travaillé très étroitement avec les industries du forex et des options binaires ces derniers six mois, je dirai », a déclaré Liset van Oosterhout, chargée de compte chez Twitter pour le marché israélien, à un public conquis. « Nous avons vu de très bons résultats avec quelques annonceurs, et c’est vraiment une industrie en croissance pour nous. »

Quand le Times of Israël les a contactés, cherchant à les interroger sur leur coopération avec une industrie dévastée par la fraude, ni Facebook, ni Twitter n’ont répondu.

Google a répondu, disant combien il empêche ostensiblement les vendeurs de forex et d’options binaires de manipuler ses résultats de recherche, mais n’a pas parlé du tout de pourquoi il aide cette industrie.

« Les algorithmes de Google peuvent détecter la grande majorité des spam et les rétrograder automatiquement », avait affirmé Paul Solomon, porte-parole de la compagnie.

« Pour le reste, nous avons des équipes qui cherchent manuellement les sites comprenant des violations de nos directives pour les webmasters, et prennent des mesures, dont le retrait d’un site des résultats de recherche. » (En fait, les compagnies d’options binaires sans scrupules dominent souvent les résultats de recherche de Google.)

Alors que je quittais Chypre pour rentrer en Israël, une question ne cessait de me tarauder. Si les entreprises de paiements ne sont pas responsables, si le marketing n’est pas responsable, si les vendeurs agressifs doivent simplement atteindre leurs quotas, trompant leurs client qui pensent réellement investir mais sont en fait simplement dépouillés, alors qui est vraiment responsable de la fraude menée dans le monde entier, et par des entreprises dont la majorité sont basées en Israël ?

La réponse la plus communément entendue parmi les personnes à qui j’ai parlé à la conférence IFX Expo de Chypre a été résumée par le jeune chercheur russe qui avait reconnu que presque quiconque « achetant » des options binaires perdait tout son argent.

« Les clients sont responsables, m’a-t-il dit sérieusement. Ils savent qu’ils font les mauvais choix, mais ils continuent à le faire. Je pense qu’ils aiment être arnaqués. »


Le Times of Israël propose à d’autres personnes ayant travaillé dans cette industrie, ou qui ont été arnaquées par celle-ci de nous contacter. Vous pouvez nous envoyer un mail à office@timesofisrael.com

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