Des étudiants d’une université d’Afrique de Sud se sont réveillés mercredi avec des images d’Adolf Hitler et de croix gammées collées sur les bâtiments du campus.

Les grands posters montrant le dirigeant nazi responsable de la Seconde Guerre mondiale et de l’Holocauste étaient affichées dans un endroit important de l’université du Cap, apparemment sans contextualisation ou explication pour savoir pourquoi ils étaient ici. Ils ont été rapidement retirés.

On a dit que les auteurs ont affiché les images afin de protester contre la présence d’une statue du colonialiste britannique Cecil John Rhodes, afin que les « Juifs puissent comprendre… la lutte de l’enfant noir » et l’offense que subissent les étudiants noirs voyant la statue d’un homme « tout aussi méchant qu’Hitler », selon une déclaration publiée par l’Union de Etudiants Juifs d’Afrique du Sud.

L’Union des Etudiants Juifs d’Afrique du Sud a condamné les affiches et a demandé que des sanctions disciplinaires soient imposées aux coupables.

Selon le groupe, les auteurs refusent de s’excuser et prévoient de continuer avec une campagne similaire dans les semaines à venir.

 » ‘Ces étudiants’ essaient de se ré-approprier l’Holocauste pour les besoins de leurs propres objectifs politiques, c’est inacceptable. Cela banalise le plus grand crime contre l’humanité de l’histoire », pouvait-on lire dans une déclaration de l’UEJAS.

« Lorsqu’une croix gammée apparaît dans un espace public (tout particulièrement sans aucun contexte, comme aujourd’hui), c’est souvent interprété comme une menace imminente contre les Juifs », poursuivait la déclaration en ajoutant qu’ « aucune tentative n’a été faite par les auteurs de comprendre cette peur, ou la réaction émotionnelle viscérale ressentie par des Juifs en voyant des symboles nazis ».

Rhodes, qui a été Premier ministre de la colonie du Cap au 19e siècle est très largement méprisé par les étudiants noirs pour sa discrimination et son exploitation historique des noirs dans la province lors de l’époque coloniale.

« L’UEJAS soutient le combat des Sud-africains noirs pour rédresser l’inégalité et enlever les discriminations structurelles qui existe contre eux en résultat du colonialisme », lisait-on dans la déclaration.

« [Pourtant,] l’utilisation de symboles du génocide contre le peuple juif n’est pas une forme justifiable de protestation », continuait la déclaration.

Une précédente manifestation cette semaine avait vu des étudiants lancer des excréments à la statue de Rhodes.