Le rapporteur des droits de l’Homme de l’ONU dans les territoires palestiniens a accusé les forces de la sécurité israélienne de faire un usage excessif de la force contre les Palestiniens, et a appelé Israël à enquêter et à poursuivre les auteurs, a annoncé Reuters.

« La poussée de violence est un rappel sinistre de la situation intenable des droits de l’Homme dans les Territoires palestiniens occupés et de l’environnement volatile qu’elle engendre », a déclaré Makarim Wibisono dans son dernier rapport au conseil des droits de l’Homme.

Wibisono a démissionné de son poste de rapporteur spécial des droits de l’Homme en Cisjordanie et dans la bande de Gaza le mois dernier. Il se retirera à la fin du mois de mars, après avoir commencé sa mission en juin 2014.

Il a déclaré dans sa lettre de démission que ses « efforts pour aider à améliorer les vies des victimes palestiniennes de violations [des droits de l’Homme] sous l’occupation israélienne ont été frustrants à chaque étape du chemin », parce qu’Israël ne lui a pas donné accès aux territoires palestiniens.

Wibisono a déclaré jeudi au conseil des droits de l’Homme que la violence palestinienne qui fait rage depuis octobre est intervenue pendant la construction par Israël d’implantations « illégales » en Cisjordanie. Il a parlé du blocus d’Israël sur la bande de Gaza, dirigée par le Hamas, conçu pour empêcher l’import d’armes par le groupe terroriste, comme d’un « étranglement » et d’une « punition collective ».

Trente Israéliens ont été tués dans la vague d’attaques palestiniennes au couteau, à main armée et à la voiture bélier quasi quotidiennes depuis octobre. Plus de 160 Palestiniens ont également été tués, la plupart pendant qu’ils menaient des attaques contre des Israéliens et d’autres pendant des affrontements ou des manifestations violentes.

Il a également dénoncé l’emprisonnement par Israël de centaines de Palestiniens en détention administrative, considérant qu’elle ne se conforme pas aux standards internationaux.

« Le gouvernement d’Israël devrait rapidement accuser ou libérer tous les détenus administratifs », a-t-il déclaré.

Le ministère des Affaires étrangères a rejeté le rapport de l’observateur de l’ONU car reflétant « le caractère unilatéral du mandat et son parti-pris anti-Israël flagrant ».

« C’est le caractère unilatéral qui a rendu impossible la mission du rapporteur, d’où sa démission », a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Emmanuel Nahshon.