L’armée israélienne a continué jeudi à renforcer sa présence le long de la frontière avec le Liban en prévision d’une éventuelle attaque de représailles par le Hezbollah au raid aérien sur les membres du groupe terroriste qui aurait été perpétré dimanche par Israël.

Selon les responsables de la défense, l’armée israélienne a mobilisé des forces terrestres et aériennes dans la région frontalière et déployé des batteries anti-missiles du Dôme de Fer au nord d’Israël par mesure de précaution.

Les reportages de télévision israélienne ont noté « une présence militaire massive » dans le Nord, les habitants évoquant la plus haute tension dans la région depuis la guerre Israël-Hezbollah en 2006.

Les tensions accrues le long de la frontière sont le résultat du raid aérien qui a tué dimanche 12 membres du Hezbollah libanais et des membres du corps iranien des Gardiens de la Revolution près de Quneitra, à la frontière avec la Syrie.

Parmi les morts figurent un général iranien et un haut commandant du Hezbollah, Jihad Mughniyeh, le fils du cerveau terroriste éliminé Imad Mughniyeh.

Le gouvernement israélien n’a pas officiellement confirmé être impliqué dans le raid aérien, mais des responsables l’ont admis officieusement.

Les responsables iraniens ont menacé Israël de représailles sévères. Selon l’agence de presse iranienne Tasnim, le chef des Gardiens de la Révolution Mohammad Ali Jafari aurait déclaré mardi qu’Israël devrait s’attendre à « une foudre dévastatrice », et que l’Iran allait accroître son soutien aux combattants musulmans au Moyen-Orient « jusqu’à l’effondrement final du régime sioniste ».

Un journal koweïtien a rapporté jeudi que le général iranien Mohammed Allahdadi, était la cible de frappe aérienne attribuée à Israël, contrairement aux affirmations israéliennes anonymes que l’armée ignorait la présence de Allahdadi dans le convoi ciblé.

Une source a également déclaré au journal que l’Iran était peu susceptible de répondre directement, mais pourrait plutôt continuer à armer le Hezbollah.

Un responsable israélien anonyme a déclaré mardi à Reuters qu’Israël était persuadé d’avoir frappé « une unité de terrain de l’ennemi qui s’apprêtait à mener à bien une attaque contre nous à la frontière » plutôt qu’un général iranien de haut rang des Gardiens de la Révolution.

« Israël visait le général iranien »

Mais des « sources anonymes bien informées », ont déclaré au quotidien koweïtien Al-Rai qu’Israël savait exactement qui était dans le convoi, et la raison pour laquelle il se trouvait sur le plateau du Golan.

Allahdadi a été éliminé aux côtés de six membres du Hezbollah, dont deux commandants, lors d’une frappe aérienne dans les hauteurs du Golan syrien dimanche.

« Les affirmations israéliennes sont une tentative d’enfouir leur tête dans le sable. Israël savait très bien qui se trouvait dans le convoi de voiture qu’il a attaqué grâce à leurs écoutes », précise une source à al-Rai.

« La cible n’était pas Jihad Mughniyeh [l’un des morts] qui travaillait pour l’agence de protection du Hezbollah, mais le commandant des Gardes révolutionnaires ».

Allahdadi et le commandant du Hezbollah Muhammad Issa, qui a également été tué lors de la frappe aérienne, faisaient la tournée du Golan dans le cadre d’un plan stratégique pour transformer la frontière syrienne avec Israël en une zone de confrontation, tout comme le Hezbollah l’avait fait le long de la frontière libanaise au cours des années 1990, selon l’article koweitien.

Après la frappe, beaucoup ont supposé que le commandant du Hezbollah Jihad Mughniyeh, le fils du chef terroriste du Hezbollah, Imad Mughniyeh (qui a été tué en 2008 lors d’une opération souvent attribués à Israël), avait été la cible de l’attaque.

Certains articles ont également indiqué que la frappe ciblait une équipe qui mettait en place une base de missile pour lancer des attaques contre Israël.

Issa avait acquis de l’expérience dans la guerre en montagne contre Israël en tant que commandant de la région Touffah au sud du Liban, explique le papier koweïtien, et était en train de mettre son expertise au service de la Syrie en tant que chef de l’unité des opérations spéciales du Hezbollah dans le pays.

Allahdadi n’était également pas un étranger du Golan syrien, et avait visité la région en tant que principal conseiller de l’Iran aux combattants du Hezbollah, un poste qu’il occupe depuis la fin de 2014, ajoute le journal.

Allahdadi avait obtenu une carte SIM syrienne et avait quitté Damas pour Quneitra une heure et demi avant la frappe aérienne, laissant aux responsable israéliens suffisamment de temps pour s’assurer de sa présence dans le convoi, a affirmé la source.

Une cache d'armes supposément du Hezbollah découverte en mai 2013 à Kano, Nigeria (Crédit : Capture d'écran Youtube/Euronews)

Une cache d’armes supposément du Hezbollah découverte en mai 2013 à Kano, Nigeria (Crédit : Capture d’écran Youtube/Euronews)

« De ce fait, les cercles proches de l’Iran sont persuadés que Téhéran a bien reçu le message [israélien], et ne prend pas au sérieux les tentatives d’Israël de se soustraire à ses responsabilités », poursuit la source.

Comme l’attaque n’a pas eu lieu en Iran, mais sur le sol syrien, la République islamique ne peut pas répondre par une attaque directe contre Israël, explique la source.

Au lieu de cela, elle préférera « se venger » en continuant à fortifier le front du Golan, et en armant le Hezbollah et Assad.

« Les avions iraniens transfèrent des armes pour la Syrie et le Hezbollah quotidiennement par l’aéroport de Damas et les frappes israéliennes ne peuvent rien contre cela », indique-t-il.

« La décision israélienne de frapper le convoi à Quneitra est une victoire militaire symbolique grâce à l’importance de ceux qui faisaient partie du convoi, mais cette frappe n’a aucune importance tactique ou stratégique ».