L’attaque terroriste de mercredi matin à Eli, dans laquelle un Israélien a été blessé et les deux terroristes tués, souligne le changement ces dernières semaines du mode opératoire des attaquants palestiniens, qui s’éloignent du style des loups solitaires de la vague actuelle de violence.

Les attaquants partent à présent tuer des Israéliens en paires, parfois même à trois. Les jeunes palestiniens qui décident de mener une attaque semblent comprendre que d’agir ainsi avec un ou deux partenaires offre la possibilité de causer bien plus de nuisances.

Agir comme une « cellule » ou un groupe peut aussi aider à maintenir un bon moral, particulièrement quand les membres sont des amis qui se soutiennent et s’encouragent l’un l’autre, aidant à fournir la motivation pour attaquer jusqu’au moment de l’action.

L’attaque d’Eli a été menée par deux Palestiniens de 17 ans du village de Qaryut, Labib Azzam et Mohammed Zaghlwan. Ils sont allés au lycée ensemble, et selon des membres de la famille au village, sont allés ensemble à la prière du soir à la mosquée le soir précédent l’attaque, avant de disparaitre du village.

Roy Harel, victime de l'attaque à Eli, au centre médical Shaare Zedek de Jérusalem, le 2 mars 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Roy Harel, victime de l’attaque à Eli, au centre médical Shaare Zedek de Jérusalem, le 2 mars 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Il est raisonnable de supposer que les deux ont planifié leur attaque à l’avance et n’ont pas décidé de la mener tôt ce matin-là. Il est également sûr de supposer que le simple fait qu’ils ont agi ensemble les a aidés à attendre les longues heures de la nuit avant l’attaque.

Nous avons vu ce schéma dans d’autres attaques, bien sûr. Nous l’avons vu dans l’attaque de Beit Horon, par exemple, dans laquelle les deux terroristes, Ibrahim Al’an et Hassin Abu Ghosh – le premier du camp de réfugiés de Qalandiya et le second du village de Beir Ur al-Tahta – étaient de la même famille, même s’ils ne vivaient pas au même endroit et n’allaient pas à la même école.

Ils se sont connectés par Facebook, qui est devenue une plate-forme cruciale pour les jeunes terroristes palestiniens pour s’inciter les uns les autres à d’autres attaques. Avant de quitter leurs maisons pour l’attaque, Al’an et Abu Gosh ont posté sur le réseau social qu’ils allaient « sortir pour chasser des porcs-épics ».

Dans l’attaque du supermarché Rami Levy de Shaar Binyamin aussi, trois terroristes ont agi ensemble : un de Beitunia, près de Ramallah, et les deux autres du camp de réfugiés de Jalazoun. Ils étaient bien connus du garde du supermarché parce qu’ils avaient fait des courses là-bas dans le passé, et un avait été arrêté en essayant de voler le magasin.

Dans l’attaque de la porte de Damas de la Vieille Ville de Jérusalem, dans laquelle l’officier de la police des frontières Hadar Cohen a été tuée, trois terroristes de la ville de Qabatiya, dans le nord de la Cisjordanie, ont agi ensemble : Ahmed Abou Al-Roub, Ahmad Zakarneh et Mohammed Kameel. Ils se sont rencontrés à l’école où ils allaient ensemble. Les trois hommes ont passé la nuit précédant l’attaque à al-Ram, au nord de Jérusalem, et sont partis ensemble pour la capitale le matin suivant.

Les forces de sécurité israéliennes surveillent la zone où un Palestinien a tenté de poignarder des soldats israéliens avant d'être abattu à un checkpoint proche de Ramallah, en Cisjordanie, le 26 février 2016. (Crédit : AFP/Abbas Momani)

Les forces de sécurité israéliennes surveillent la zone où un Palestinien a tenté de poignarder des soldats israéliens avant d’être abattu à un checkpoint proche de Ramallah, en Cisjordanie, le 26 février 2016. (Crédit : AFP/Abbas Momani)

Ce sont simplement quelques exemples du nouveau schéma.

La situation a été répétée dans la recrudescence des attaques à main armée dans la région de Ramallah, qui ont été retracées jusqu’à trois cellules distinctes – pas des individus travaillant seul – qui les ont menées.

Il est raisonnable de supposer que nous verrons plus de ce nouveau type d’attaque terroriste coopérative dans les prochaines semaines.

Mais ce n’est pas le seul schéma déchiffrable dans la dernière vague d’attaques. Nous pouvons apprendre quelque chose d’important dans le fait que la plupart des attaques ont lieu seulement à des jours et des heures particuliers. Le nombre d’attaques atteint un pic entre le jeudi et le dimanche, et chute précipitamment pendant le reste de la semaine.

Par exemple, à Silwad au nord est de Ramallah, un village avec une population mixte de familles riches et de soutiens loyaux au Hamas, a lieu presque chaque vendredi après-midi une tentative d’attaque à la voiture bélier. Les attaquants ne sont pas pressés d’attaquer après les prières de la mi-journée, le moment de prière le plus important de la semaine musulmane, mais attendent plutôt jusqu’aux prières de l’après-midi pour prendre leurs voitures et tenter de tuer des soldats et d’autres cibles sur les routes environnantes.

Dans toute la Cisjordanie, le moment le plus populaire pour une attaque à main armée a été le dimanche soir.

Ces schémas semblent immunisés contre le temps changeant. Dans le passé, des conditions venteuses gardaient les terroristes à la maison, avec peu d’attaques pendant les nuits froides et pluvieuses. Cette nouvelle série ne semble pas se soucier autant du climat.

Un exemple est que les attaquants de Beit Horon, Al’an et Abu Gosh, étaient au bord de l’hypothermie au moment où ils sont arrivés dans l’implantation et ont entrepris de tuer Shlomit Krigman, 23 ans.