L’ambassadeur des Nations unies d’Israël Ron Prosor a publié une ardente critique du Qatar lundi, accusant le riche émirat pétrolier du Golfe persique de financer directement les organisations terroristes, comme le Hamas et les groupes en Syrie affiliés à Al-Qaïda, afin de faire valoir et d’intensifier son influence à travers le monde.

Dans un article d’opinion paru dans le New York Times, Prosor a exhorté les puissances internationales à déployer tous les efforts pour mettre fin à la capacité du Qatar de financement des groupes terroristes, notamment le Hamas.

« Aujourd’hui, le petit royaume pétrolier est déterminé à acheter son hégémonie régionale, et comme d’autres acteurs du Moyen-Orient, il a utilisé des procurations pour tirer parti de son influence et déstabiliser ses rivaux, » écrit Prosor.

« Chacun des tunnels et des roquettes du Hamas pourraient aussi bien avoir eu une pancarte qui disait, ‘Rendu possible grâce à un don en nature de l’émir du Qatar' », a-t-il ajouté.

Prosor a également accusé le réseau de nouvelles qatari d’Al-Jazeera, financé par l’émir cheikh Tamim Bin Hamad al-Thani, de diffuser « des messages radicaux qui ont enflammé les divisions communautaires » à travers le Moyen Orient.

« Dans les premiers jours du printemps arabe, la couverture d’Al-Jazeera des soulèvements populaires, a fait gagné des millions de nouveaux adeptes et a renforcé son statut de réseau de nouvelles ordinaire », a poursuivi Prosor.

« Le Qatar a financé ce succès en promouvant son propre programme – à savoir, l’utilisation du réseau arabe pour défendre les vues des extrémistes qui minent les éléments les plus pragmatiques de la région », a-t-il affirmé, distinguant plus tard les Frères musulmans comme le principal groupe bénéficiant du soutien de Doha.

Prosor affirme que le Qatar a délibérément sapé les efforts d’Israël de mettre fin aux tirs de roquettes du Hamas depuis la bande de Gaza en « tirant les ficelles » de l’organisation palestinienne et en forçant le groupe à rejeter les propositions de cessez-le-feu.

« Selon un rapport de la semaine dernière paru dans le quotidien pan-arabe Al Hayat, le Qatar a même menacé d’expulser [le chef du Hamas Khaled Meshaal] si le Hamas venait à accepter les propositions égyptiennes pour un cessez-le-feu à long terme dans la bande de Gaza », dit-il.

« Tout cela parce que Doha veut un rôle de premier plan dans tout accord de cessez-le-feu entre le Hamas et Israël », a affirmé Prosor.

Le rapport d’Al-Hayat financé par des capitaux saoudiens, n’a pas pu être confirmé par des sources indépendantes.

Meshaal est basé au Qatar depuis 2012. Il a quitté Damas après que le Hamas a rompu avec le président Bashar al-Assad au milieu de la guerre civile syrienne.

L’ambassadeur d’Israël a suggéré « qu’à la lumière du soutien sans bornes de l’émirat pour le terrorisme », la FIFA doit réévaluer sa décision de nommer le Qatar, hôte de la Coupe du monde de football en 2022.

Prosor a conclu que la communauté internationale doit se rendre compte que, bien que « le Qatar n’a épargné aucun coût pour déguiser son pays en société progressiste libérale », en réalité il [alimentait] « le financement des mouvements islamistes radicaux et agressifs » en déstabilisant la région.

« Le parrainage continu du Qatar au Hamas garantit que, quoi qu’il arrive dans cette reprise des hostilités, le groupe terroriste se réarmera et reprendra les hostilités avec Israël », a-t-il affirmé. « La seule façon d’avancer est d’isoler ce dernier des principaux soutiens du Hamas. »

La semaine dernière, le ministre allemand du Développement Gerd Mueller a suggéré que le Qatar soutient financièrement le groupe terroriste de l’Etat islamique, qui s’est taillé un califat islamique autoproclamé et couvre de vastes étendues de territoire des deux côtés de la frontière entre la Syrie et l’Irak.

Dans une interview à la télévision avec la chaîne publique ZDF, Mueller a affirmé qu’il était important d’examiner qui finance le groupe, et que « le mot clé est le Qatar. »

Les fonctionnaires allemands ont cependant, rapidement essayé de faire taire cette allégation.

La porte-parole de Mueller, Katharina Maenz, a déclaré vendredi qu’il n’avait fait que reprendre les rapports des médias sur la participation du Qatar.

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères allemand, Martin Schafer a déclaré que des diplomates allemands dans la capitale qatarie de Doha avaient rencontré des représentants du Qatar pour les rassurer que Berlin considèrait le pays comme un partenaire et que « s’il y avait des malentendus nous [les] regrettons. »

Le Qatar a été l’un des premiers pays du Moyen-Orient à condamner la récente décapitation du journaliste américain James Foley, disant qu’il s’agissait « d’un crime odieux qui va à l’encontre de tous les principes humanitaires et islamiques, ainsi que des lois et des conventions internationales. »