2 000 voyageurs pourront entrer chaque jour en Israël dès samedi
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2 000 voyageurs pourront entrer chaque jour en Israël dès samedi

Les ministres ont donné leur feu vert après la fermeture de l'aéroport durant plusieurs semaines; les transporteurs étrangers aideront au rapatriement des citoyens bloqués ailleurs

Le hall d'arrivée vide à l'aéroport international Ben Gurion, près de Tel Aviv, le 3 février 2021. (Crédit :  Tomer Neuberg/Flash90)
Le hall d'arrivée vide à l'aéroport international Ben Gurion, près de Tel Aviv, le 3 février 2021. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Israël rouvrira partiellement son aéroport international à la fin de la semaine, permettant à 2 000 voyageurs par jour d’entrer dans le pays, ont fait savoir le ministère de la Santé et le bureau du Premier ministre dans la journée de dimanche.

Les portes d’entrée terrestres et aérienne de l’Etat juif sont restées largement closes depuis le 25 janvier, et l’aéroport Ben-Gurion a vu ses activités réduites au strict minimum, n’autorisant l’atterrissage que de quelques vols spéciaux affrétés par des compagnies israéliennes pour rapatrier les citoyens qui s’étaient retrouvés bloqués à l’étranger.

La fermeture de l’aéroport et des frontières visait à empêcher l’importation des nouveaux variants du coronavirus dans le pays, dans un contexte de craintes portant sur une éventuelle résistance de ces derniers au vaccin.

Dimanche, les ministres ont voté une proposition de réouverture de l’aéroport Ben-Gurion en date du 20 février, qui limite toutefois le chiffre des personnes autorisées quotidiennement à pénétrer sur le territoire à
2 000. S’ils ont soutenu, par principe, cette proposition, les régulations spécifiques qui devront s’appliquer au transport aérien n’auraient pas encore été approuvées. Il est difficile de déterminer clairement pour le moment si ces régulations concerneront uniquement les Israéliens ou si elles engloberont également les non-ressortissants.

Un aéroport international Ben Gurion presque vide, aux abords de Tel Aviv, le 18 janvier 2021. (Avshalom Sassoni/FLASH90)

Selon le site d’information Ynet, les personnes qui entreront dans le pays devront probablement se placer à l’isolement dans les hôtels de quatorzaine mis en place par le gouvernement – à moins qu’elles n’aient été préalablement vaccinées ou qu’elles aient guéri du coronavirus – dès samedi.

L’accord précise que d’autres transporteurs aériens qu’El-Al, qui est la compagnie aérienne nationale, auront dorénavant l’autorisation du ministère des Transports d’atterrir à Tel Aviv, selon le site.

Ce changement est survenu après la demande soumise par le département des Transports américains qu’Israël puisse permettre aux compagnies aériennes américaines de dépêcher des vols de secours pour ramener au sein de l’Etat juif les Israéliens bloqués à l’étranger, avertissant que, le cas échéant, les vols d’El Al ne seraient plus autorisés à se poser aux Etats-Unis, selon la Douzième chaîne. La chaîne a noté que les Etats-Unis avaient fait savoir que la politique israélienne actuelle – qui n’autorise que les firmes israéliennes à faire les trajets – contrevenait aux accords conclus entre les pays dans le domaine de l’aviation.

Le reportage a précisé qu’un message avait été envoyé par l’administration Biden à Jérusalem, disant que les avions américains devaient être autorisés à atterrir en Israël pour empêcher une crise potentielle entre les deux pays.

Israël aurait par ailleurs redouté que le Royaume-Uni n’adopte des sanctions similaires.

Le gouvernement a renforcé ses mesures de précaution, ces dernières semaines, pour empêcher une importante circulation dans le pays des variants anglais et sud-africain très contagieux du coronavirus.

Les citoyens ayant quitté le pays avant le 25 janvier et qui se sont depuis retrouvés bloqués à l’étranger ont le droit de revenir au sein de l’Etat juif, mais ils sont directement amenés dans des hôtels de quatorzaine dès leur atterrissage. Ils y restent pendant deux semaines ou dix jours s’ils effectuent deux tests de dépistage consécutifs, en l’espace de quelques jours, qui se révèlent négatifs.

Le nombre de vols affrétés par El Al reste néanmoins limité et ces vols ne desservent que quelques destinations.

Les voyageurs en provenance d’Angleterre arrivent à l’hôtel Dan Panorama de Jérusalem, utilisé comme centre de quarantaine, le 20 décembre 2020. (Yonatan Sindel / Flash90)

Le ministère de la Santé a annoncé, dimanche, que 14 nouveaux cas du variant sud-africain très contagieux avaient été identifiés en Israël avec notamment un cas de réinfection chez un homme qui avait déjà été atteint par la COVID-19. Au total, 44 cas de cette souche sud-africaine ont été signalés au sein de l’Etat juif jusqu’à aujourd’hui.

Les ministres du cabinet du coronavirus ont aussi débattu, dimanche, de la possibilité de rouvrir de larges pans de l’économie avant la date du 23 février qui avait été initialement fixée. La rencontre s’est terminée sans prise de décision à ce sujet.

Il y a eu, ces derniers jours, un ralentissement lent mais constant du nombre de nouvelles infections au coronavirus dans le pays, alors que les effets du long confinement et de la campagne de vaccination commencent à se faire ressentir.

Le responsable israélien de la lutte contre le coronavirus, le professeur Nachman Ash, visite le centre médical Ziv à Safed, 24 décembre 2020. (David Cohen/Flash90)

S’exprimant devant les ministres, dimanche, le responsable de la lutte contre la COVID-19, Nachman Ash, a parlé d’un « optimisme prudent » face aux taux d’infection, même s’il a déclaré que le nombre de personnes gravement atteintes baissait à un rythme plus lent qu’il ne l’avait anticipé.

« Il y a une baisse de la morbidité mais en ce qui concerne l’avenir, nous devrons faire attention à ne pas rouvrir le pays de manière irresponsable – ce qui entraînerait assurément une augmentation du nombre de malades », a commenté Ash, des propos repris par la radio militaire.

Ash s’est dit « très, très perturbé » face à la perspective de violations massives des directives à l’occasion de la fête de Pourim, à la fin du mois, alors que les responsables de la Santé devraient recommander un couvre-feu nocturne pendant la fête pour empêcher les rassemblements dans les synagogues et autres célébrations.

Ash a également vivement recommandé que soit adoptée une législation qui exigerait de tous les travailleurs en contact étroit avec le public – les enseignants notamment – qu’ils se fassent vacciner. Cette loi concernerait donc, entre autres, les professeurs, les chauffeurs des transports publics et les personnels soignants travaillant dans les dispensaires et autres cliniques, selon la radio militaire.

Ceux qui refuseraient de se faire vacciner devraient passer un test de dépistage tous les deux jours. La semaine dernière, Yuli Eldelstein, ministre de la Santé, avait déclaré que les travailleurs pourraient devoir payer les tests de dépistage.

Des policiers et des inspecteurs de la municipalité de Bat Yam font respecter le confinement au centre commercial de Bat Yam, qui a été partiellement ouvert contre la réglementation gouvernementale, le 11 février 2021. (Avshalom Sassoni / Flash90)

Selon les chiffres transmis par le ministère de la Santé, dimanche matin, il y a eu 1 869 nouvelles infections à la COVID-19 au sein de l’Etat juif dans la journée de samedi sur 24 732 tests de dépistage qui avaient été réalisés. Le nombre de tests de dépistage chute habituellement pendant le week-end.

1 008 patients étaient dans un état grave et 284 personnes étaient encore placées sous respirateur.

Dimanche matin, selon le ministère, 5 368 personnes au total avaient succombé à une forme grave de la maladie depuis l’apparition de l’épidémie dans le pays.

Toutefois, selon les données transmises par le groupe de travail dépendant des renseignements militaires israéliens, le nombre de reproduction de base – R-0 – qui mesure la transmission a chuté en une semaine, passant de 1,0 à 0,85. Le nombre de malades graves est également déclinant, a noté le groupe de travail. Il y a ainsi, cette semaine 125 personnes gravement atteintes de moins que la semaine dernière dans les unités hospitalières, où elles étaient 1 333.

Mais les données ont aussi révélé une augmentation notable du nombre de cas graves parmi les personnes âgées de moins de 60 ans qui, cette semaine, ont constitué environ 40 % de tous les cas graves. En même temps, il y a eu une nette baisse du taux de morbidité sévère dans la catégorie des 60 ans et plus.

Tandis que plus de 3,8 millions d’Israéliens ont reçu la première dose du vaccin contre la COVID-19 – la deuxième dose a d’ores et déjà été administrée à 2,4 millions de personnes – les chiffres montrent également que la campagne a ralenti dans tous les groupes d’âge mais particulièrement chez les 60 ans et plus. 10 % d’entre eux n’ont pas encore été vaccinés.

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