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59 % des Israéliens soutiennent la participation à des frappes US contre l’Iran – sondage

Les partisans comprennent une majorité d’électeurs au sein de la coalition et de l’opposition ; notre enquête d'opinion révèle, par ailleurs, une impasse électorale persistante

Des véhicules circulent sur une autoroute sous une banderole affichant la menace du guide suprême Ali Khamenei contre les navires de guerre américains, à Téhéran, le 18 février 2026. (Crédit : ATTA KENARE/AFP)
Des véhicules circulent sur une autoroute sous une banderole affichant la menace du guide suprême Ali Khamenei contre les navires de guerre américains, à Téhéran, le 18 février 2026. (Crédit : ATTA KENARE/AFP)

Alors que le président américain Donald Trump menace d’attaquer l’Iran si celui-ci refuse de conclure un accord sur le nucléaire, 59 % des Israéliens soutiennent une éventuelle participation de leur pays à une frappe américaine contre la République islamique, selon un sondage de la chaîne N12 publié jeudi.

29 % des personnes interrogées se sont déclarées opposées à une telle participation, tandis que 12 % se sont dites indécises.

Selon N12, les partisans d’une participation d’Israël comprenaient 58 % des électeurs des partis d’opposition et 74 % de ceux ayant voté pour les partis de la coalition du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Une source anonyme a confié mercredi à Axios que si Trump lançait des frappes contre la République islamique, elles prendraient probablement la forme d’une opération conjointe américano-israélienne, d’une ampleur encore plus grande que la campagne de bombardements menée pendant 12 jours par Israël contre des sites nucléaires et militaires iraniens en juin dernier.

Deux responsables israéliens ont indiqué au média qu’Israël poussait en faveur d’une opération visant à renverser le régime.

Jeudi, Trump a averti Téhéran qu’il devait parvenir à un accord sur son programme nucléaire, faute de quoi des « conséquences graves » s’ensuivraient, semblant fixer un délai de 10 à 15 jours avant que les États-Unis ne prennent des mesures.

Le président américain Donald Trump à la fin d’un discours après avoir visité l’usine Coosa Steel Corporation à Rome, en Géorgie, le 19 février 2025. (Crédit : SAUL LOEB / AFP)

Impasse électorale

Par ailleurs, le sondage de N12 et celui de Zman Yisrael, le site en hébreu du Times of Israel, montrent que la coalition de Netanyahu et les partis d’opposition échoueraient une nouvelle fois à obtenir une majorité à la Knesset lors de prochaines élections sans le soutien d’une faction arabe.

Les dirigeants des deux blocs ont refusé de s’appuyer sur un soutien arabe pour former un gouvernement.

Dans le sondage de Zman Yisrael, les personnes interrogées ont été invitées à indiquer pour qui elles voteraient dans deux scénarios : l’un dans lequel tous les partis se présenteraient indépendamment ; l’autre prévoyant la formation de plusieurs listes communes.

Des regroupements seraient envisagés, dans ce second scénario, entre les quatre partis arabes (Raam, Hadash, Taal et Balad), deux partis d’extrême droite (Otzma Yehudit et HaTzionout HaDatit), deux partis ayant rejeté un gouvernement avec Netanyahu (Yashar ! et Bennett 2026), ainsi que deux petits partis ne l’ayant pas rejeté (Kakhol lavan et HaMiluimnikim).

Dans le premier scénario, où tous les partis se présentaient indépendamment, le parti arabe islamiste Raam remporterait six des 120 sièges de la Knesset, tandis que cinq sièges iraient au Hadash-Taal, à majorité arabe, lui-même une union de factions laïques et communistes binationales. Le dernier partenaire potentiel d’une Liste arabe unie, le parti nationaliste Balad, ne parviendrait pas à franchir seul le seuil électoral.

Les dirigeants des partis arabes célèbrent la signature d’un accord visant à rétablir la Liste arabe unie à Sakhnin, le 22 janvier 2026. (Crédit : Hadash-Taal)

Le Likud de Netanyahu resterait le plus grand parti, avec 27 sièges. Sa coalition obtiendrait un total de 52 sièges, auxquels s’ajouteraient 10 sièges pour le Shas, parti ultra-orthodoxe séfarade, huit pour Yahadout HaTorah, parti ultra-orthodoxe ashkénaze, et sept pour Otzma Yehudit, parti d’extrême droite dirigé par le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir. Le parti d’extrême droite HaTzionout HaDatit du ministre des Finances Bezalel Smotrich ne parviendrait pas à franchir le seuil électoral.

Les partis opposés à Netanyahu remporteraient 53 sièges, dont 18 pour l’ancien Premier ministre Naftali Bennett, principal rival de Netanyahu pour le poste de Premier ministre ; dix pour la faction laïque et belliciste Yisrael Beytenu de l’ancien ministre de la Défense Avigdor Liberman ; neuf chacun pour le parti centriste Yashar ! de l’ancien chef d’état-major Gadi Eisenkot et pour le parti de gauche Les Démocrates de l’ancien chef d’état-major adjoint Yaïr Golan ; et sept pour le parti centriste Yesh Atid du chef de l’opposition Yaïr Lapid.

Quatre sièges supplémentaires reviendraient au parti centriste Kakhol Lavan de l’ancien chef d’état-major Benny Gantz, la seule formation de l’opposition s’étant déclarée ouverte à l’idée d’entrer dans un gouvernement avec Netanyahu.

Les quatre sièges de Gantz ne suffiraient ni au bloc de Netanyahu ni à l’opposition pour former un gouvernement. Bien que Raam ait fait partie du gouvernement anti-Netanyahu de Bennett, qui a eu une existence éphémère en 2021-2022, Bennett, tout comme Gantz et Liberman, a déclaré qu’il était devenu intenable de compter sur le soutien des partis arabes après le pogrom perpétré le 7 octobre 2023 par le groupe terroriste palestinien du Hamas, qui a déclenché la guerre à Gaza.

Le chef du parti des Démocrates, Yair Golan, le chef du parti HaMahane HaMamlahti, Benny Gantz, le chef du parti Yesh Atid, Yair Lapid, et le chef du parti Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, tiennent une conférence de presse conjointe à la Knesset à Jérusalem, le 6 novembre 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Dans le second scénario, avec listes communes, la coalition de Netanyahu et le bloc d’opposition sioniste échoueraient également à obtenir une majorité.

La Liste arabe unie composée de Raam, Hadash-Taal et Balad obtiendrait 13 sièges, soit deux de plus que dans le premier scénario. Les partis se sont engagés à œuvrer à sa relance sous la pression de la communauté arabe après une recrudescence de la criminalité violente.

Le score de Gantz passerait de quatre à six sièges s’il se présentait avec l’ancien ministre des Communications Yoaz Hendel, dont le parti HaMiluimnikim (« Les réservistes ») souhaite former un gouvernement excluant les partis ultra-orthodoxes et arabes.

Du côté de Netanyahu, une liste commune de Ben Gvir et Smotrich remporterait neuf sièges, contre sept dans le premier scénario, mais ce gain serait compensé par la perte d’un siège chacun pour le Likud, le Shas et Yahadout HaTorah, laissant la coalition au pouvoir avec 50 sièges.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu participant à la 51ᵉ mission annuelle de leadership de la Conférence des présidents en Israël, à Jérusalem, le 15 février 2026. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Une liste commune menée par Bennett et Eisenkot deviendrait le plus grand parti de la Knesset, avec 27 sièges, soit le même total que dans le premier scénario où ils se présentaient séparément. Yisrael Beytenu, les Démocrates et Yesh Atid perdraient chacun un siège, ce qui porterait le bloc à 51 sièges.

Le sondage de Zman Yisrael a été réalisé les 18 et 19 février par Tatika Research and Media en collaboration avec le panel Adgenda. Il a inclus 500 répondants juifs et arabes, pondérés selon l’âge, la religion, le sexe et le lieu de résidence. La marge d’erreur est de 4,4 %.

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