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À la Haute Cour, Tel Aviv accepte la tenue d’un événement religieux pour Souccot

Simha Torah pourra être célébré dans le centre-ville, à condition qu'aucune barrière physique ne soit érigée pour séparer les sexes

Le chef du Rosh Yehudi, Israël Zeira, en bas à droite, assiste à une audience sur les célébrations de Simhat Torah à Tel Aviv à la Cour suprême de Jérusalem le 6 octobre 2023 (Crédit : Chaim Goldbergl/Flash90)
Le chef du Rosh Yehudi, Israël Zeira, en bas à droite, assiste à une audience sur les célébrations de Simhat Torah à Tel Aviv à la Cour suprême de Jérusalem le 6 octobre 2023 (Crédit : Chaim Goldbergl/Flash90)

La municipalité de Tel Aviv a accédé vendredi aux demandes d’un groupe juif orthodoxe controversé d’organiser des événements pour Souccot et Simhat Torah dans le centre de Tel Aviv pendant le week-end. La Haute Cour de justice avait critiqué la conduite de la municipalité dans cette affaire et avait appelé les deux parties à trouver un compromis.

La municipalité et Rosh Yehudi se sont finalement mis d’accord sur la tenue de l’événement samedi. Ce dernier pourra avoir lieu mais sans séparation physique entre les hommes et les femmes, celle-ci n’étant autorisée que si elle est volontaire ; en outre, l’événement n’aura pas lieu sur la place Dizengoff, mais à proximité.

Simhat Torah marque la fin du cycle annuel de lecture de la Torah et le début d’un nouveau cycle. Les Juifs orthodoxes célèbrent cette fête par des danses folkloriques non mixtes, au cours desquelles ils tiennent des rouleaux de la Torah.

La cérémonie de samedi, connue sous le nom de « deuxième Hakafot », est une célébration traditionnelle qui a lieu immédiatement après Simchat Torah, en signe de solidarité avec les Juifs de la diaspora, qui célèbrent la fête un jour après les Juifs d’Israël.

Un différend oppose l’organisation religieuse conservatrice à la municipalité à la suite d’affrontements survenus lors d’un précédent événement religieux, le mois dernier, à l’occasion de Yom Kippour. Cet événement avait provoqué un tollé dans la société israélienne fortement polarisée.

La municipalité avait alors indiqué qu’elle avait retiré à Rosh Yehudi le permis d’organiser l’événement prévu pour ce week-end parce que l’organisation avait violé les conditions du permis qui lui avait été accordé avant l’événement du 24 septembre à l’occasion de Yom Kippour. La municipalité avait ajouté qu’elle ne faisait plus confiance à Rosh Yehudi pour se conformer aux règlements de la ville lors de l’événement de Simhat Torah, prévu samedi.

Les juges de la Haute Cour ont toutefois signifié à la municipalité, tout au long de l’audience de vendredi, que ces considérations n’étaient pas suffisantes pour justifier la restriction de liberté de culte.

Dans un communiqué, le maire de Tel Aviv, Ron Huldai, a déclaré que la ville avait accepté les demandes pressantes du tribunal « qui, au vu des circonstances et de l’atmosphère tendue au sein de la population, a fait pression sur [nous] pour que [l’événement] soit autorisé ».

« Même si le tribunal ne partage pas mon point de vue, je le respecte », a-t-il déclaré, dans une allusion apparente aux menaces de la coalition de ne pas respecter les décisions de la Haute Cour sur les questions relatives à la refonte du système judiciaire.

Le maire de Tel Aviv, Ron Huldaï, prenant la parole lors d’une marche de protestation dans le cadre de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, à Tel Aviv, le 24 novembre 2022. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Le député Simcha Rothman de HaTzionout HaDatit, un architecte clé du plan de refonte, a déclaré qu’il « se félicitait de la décision de la Haute Cour qui a rétabli un semblant de santé mentale et de calme à Tel Aviv ».

Le député Gideon Saar, membre de l’opposition, a également salué la décision, déclarant que « depuis le début, la décision de la municipalité de Tel Aviv de ne pas autoriser les Hakafot […] avait un air de revanche, avec des considérations non pertinentes liées aux prochaines élections [municipales]. C’est une bonne chose que les juges de la Cour suprême aient remis la municipalité à sa place ».

À l’occasion de Yom Kippour, Rosh Yehudi avait placé une cloison de bambou à laquelle étaient suspendus des drapeaux et l’avait utilisée comme mehitza, séparation entre les hommes et les femmes exigée par la loi juive orthodoxe pour les prières.

Des personnes prient tandis que des activistes protestent contre la non-mixité dans l’espace public lors d’une prière publique sur la place Dizengoff à Tel Aviv, le 25 septembre 2023, à l’occasion de Yom Kippour. (Crédit : Itai Ron/Flash90)

Rosh Yehudi, qui encourage ouvertement les Juifs à adopter un mode de vie plus orthodoxe, a déclaré que la cloison amovible n’enfreignait pas les conditions du permis, qui interdit toute séparation entre les sexes. La police a autorisé la cloison, mais la municipalité a estimé qu’elle enfreignait l’interdiction des séparations entre les sexes, qu’elle considère comme discriminatoire.

Le 24 septembre, des laïcs locaux avaient démonté la cloison et perturbé les offices. Rosh Yehudi organisait ces offices chaque année sur la place Dizengoff depuis 2020. C’était la première fois, cette année, que la ville avait introduit la disposition interdisant la séparation. Une deuxième prière organisée le 25 septembre avait elle aussi été interrompue par des laïcs, et ce même s’il n’y avait pas de cloisons.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et de nombreux autres hommes politiques avaient condamné les actions des laïcs. Le chef de l’opposition, Yair Lapid, avait justifié leurs actions, mais il avait déclaré que les scènes qui s’étaient déroulées sur la place Dizengoff « ne peuvent pas se répéter ».

Nombre d’entre eux estiment que la répression de la laïcité et le militantisme contre certains aspects de la pratique juive orthodoxe sont liés au caractère conservateur du gouvernement de droite de Netanyahu, composé de son parti, le Likud, et de cinq partis religieux.

Les militants laïcs décrivent un sentiment de coercition religieuse rampante dans divers aspects de la vie publique et considèrent les prières publiques au cœur de Tel Aviv, ce bastion de la laïcité israélienne, comme une tentative d’accroître l’influence religieuse dans l’espace public.

Des militants opposés à une prière publique non-mixte s’opposent aux fidèle, place Dizengoff à Tel Aviv, la veille de Yom Kippour, le 24 septembre 2023. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Les partisans du groupe se sont insurgés contre les efforts visant à limiter la liberté de culte dans la ville, certains décrivant même l’opposition aux services de prière comme une forme d’antisémitisme.

L’audience de la Haute Cour a eu lieu après qu’un tribunal de Tel Aviv a confirmé le droit de la municipalité de révoquer le permis mercredi soir. Cette décision fait suite à l’échec d’une procédure d’arbitrage entre la municipalité et Rosh Yehudi.

Israël Zeira, le fondateur de Rosh Yehudi, a déclaré aux journalistes au tribunal de district mercredi : « Nous n’avons pas honte de ce que nous voulons : Nous voulons que le peuple d’Israël devienne religieux. Promouvoir la Torah est légitime et nous le faisons sans la moindre contrainte ou provocation, nous ne l’avons jamais caché. »

Vendredi, l’organisation a déclaré : « Qu’il n’y ait aucun doute, nous agirons conformément à la loi. Mais une loi empêchant les séparations entre hommes et femmes est une loi immorale et est destinée à disparaître. C’est une loi prétentieuse qui tente de prendre des décisions à la place des fidèles à propos de leur foi. Elle tente de rééduquer les « religieux dépassés » aux vues éclairées de la religion progressiste. Nous ne permettrons jamais que des lois qui contredisent la Torah nous soient imposées ».

Nouvelle controverse sur la place Dizengoff

Jeudi, une nouvelle vague d’indignation a éclaté lorsque le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est joint à de nombreux hommes politiques de droite pour condamner catégoriquement un incident qui aurait été violent lors d’un office de prière public à Tel Aviv, alors que les deux parties impliquées dans l’incident ont affirmé qu’il n’y avait eu aucune violence.

Une vidéo largement diffusée montre un homme heurtant le rabbin Leo Dee pendant l’office, avant de s’éloigner rapidement de la scène. La femme et les deux filles du rabbin Dee ont été assassinées par des terroristes palestiniens au début de l’année.

La vidéo a provoqué une polémique sur les réseaux sociaux, où de nombreux utilisateurs, principalement des partisans du gouvernement et des membres de la coalition, ont dénoncé l’acte comme un exemple consternant de violence à l’encontre du culte juif.

Dee et l’homme qui l’a poussé, Michael Sfard, ont rapidement donné une version totalement différente des faits, le premier insistant sur le fait qu’il n’y avait pas eu de violence et le second affirmant qu’il n’avait fait qu’essayer maladroitement d’échapper à une confrontation qui se déroulait à proximité.

L’incident a souligné le pouvoir des images pour alimenter les narratifs dans le climat actuel de conflit et d’instabilité du pays – même hors contexte.

Canaan Lidor a contribué à cet article.

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