Israël en guerre - Jour 140

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À Nahariya dans le Nord d’Israël, les habitants craignent un deuxième front

Depuis plus de deux mois, les 75 000 habitants de la ville balnéaire vivent sous les tirs presque quotidiens du groupe terroriste du Hezbollah

De la fumée s’élevant dans le sud du Liban après que l’armée israélienne eut frappé des cibles dans le pays en représailles  d'attaques du Hezbollah sur Israël, 23 novembre 2023. (Crédit : Ayal Margolin/Flash90)
De la fumée s’élevant dans le sud du Liban après que l’armée israélienne eut frappé des cibles dans le pays en représailles d'attaques du Hezbollah sur Israël, 23 novembre 2023. (Crédit : Ayal Margolin/Flash90)

Daniel Bussidan semble encore sous le choc : une roquette vient de tuer l’un de ses proches, et comme tous les habitants de la station balnéaire israélienne la plus proche du Liban, il craint l’embrasement régional.

« J’ai peur d’une attaque depuis le Liban », lance ce jeune homme de 26 ans qui travaille à l’abri des rangées d’eucalyptus immenses dans une boulangerie de la principale rue commerçante de Nahariya, verdoyant lieu de villégiature sur les rives de la Méditerranée.

En temps normal, les 75 000 habitants et les promeneurs profitent de la douceur du climat. Mais depuis plus de deux mois, ils vivent sous les échanges de tirs presque quotidiens entre l’armée israélienne et le groupe terroriste du Hezbollah.

Car la destination se situe à quelques kilomètres seulement de la frontière septentrionale, bien visible sur la colline au loin. Et le mouvement terroriste chiite, l’un des ennemis jurés d’Israël, dit être « entré dans la bataille depuis le 8 octobre », pour soutenir son homologue palestinien du Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007.

« On est pas venus habiter en Suisse »

En visite jeudi dans le nord auprès des troupes, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a menacé de transformer Beyrouth « en Gaza », intensément bombardée depuis l’attaque sanglante du Hamas sur le sol israélien le 7 octobre, si le Hezbollah « choisissait de déclencher une guerre totale ».

Difficile dans ce contexte de prévoir l’avenir. À la station-service, Mair, 52 ans, qui vend du bois de construction et ne souhaite pas donner son nom de famille, parle d’un chiffre d’affaires en chute libre.

Nahariya, ville côtière du nord d’Israël. (Crédit : Wikimdia Commons/Domaine public)

Même son de cloche dans les restaurants du front de mer et dans les boutiques affichant le drapeau national.

« Il peut y avoir une infiltration » de terroristes du Hezbollah depuis le Liban et « dès qu’on sort, on repère les abris », explique Nathalie Betito, 44 ans, qui s’apprêtait à célébrer Hanoukka, la fête juive des lumières qui a débuté jeudi soir.

Elle a retrouvé une centaine de personnes dans la salle attenante de la synagogue centrale avec sa fille et son mari Arié, avec lequel elle a immigré depuis la France il y a cinq ans.

« On est pas venus habiter en Suisse », dit ce dernier, 47 ans, qui s’occupe des nouveaux arrivants à la mairie de Nahariya, attractive pour son cadre de vie comme pour ses avantages fiscaux, concédés en raison de sa proximité avec le Liban où est positionné le groupe terroriste pro-Iran du Hezbollah et qu’Israël a affronté à deux reprises en 1982 et en 2006.

Pas question de suivre des Russes et des Ukrainiens qui ne voulaient pas subir encore un front et sont repartis massivement trouver un point de chute moins angoissant, dans un pays d’Europe occidentale.

« On a un revolver pointé sur la tempe », estime Arié Betito à Nahariya, qui craint l’arsenal beaucoup plus sophistiqué du Hezbollah « pointé sur nous », mais ne croit toutefois pas à une guerre « totale ». « Le prix à payer serait exorbitant » et « ni d’un côté ni de l’autre », « quelqu’un a « envie de ça ».

« Totale » ou pas, Efi Dayan, 60 ans, « sait qu’il va y avoir une guerre ici ». « On se prépare avec de la nourriture, des vêtements. On l’attend », souffle-t-il calmement sous le soleil hivernal.

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