Alfred Dreyfus nommé officier général à titre posthume ?
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Alfred Dreyfus nommé officier général à titre posthume ?

Florence Parly, ministre des Armées, envisagerait l’éventualité d'offrir une promotion au lieutenant-colonel qui a vu sa carrière brisée par l'antisémitisme

Alfred Dreyfus à Carpentras, 1899-1900. (Crédit : Collection de la famille Dreyfus)
Alfred Dreyfus à Carpentras, 1899-1900. (Crédit : Collection de la famille Dreyfus)

Le lieutenant-colonel Alfred Dreyfus, officier général à titre posthume ? Selon le journal L’Opinion, Florence Parly, ministre des Armées, envisagerait l’éventualité. Elle a notamment émis l’idée lors de la cérémonie de commémoration de la rafle du Vel d’Hiv, le 21 juillet dernier, à Paris, s’exprimant au nom du gouvernement et avec l’aval de l’Elysée.

« Je pense à Alfred Dreyfus, a ainsi prononcé la ministre. Je pense au destin fauché d’un brillant officier qui avait choisi de donner sa vie à son pays, qui avait pris la décision de revêtir l’uniforme pour défendre des valeurs dont ses pairs n’ont pas été dignes au moment du jugement. (…) Le capitaine Dreyfus a été réhabilité, les Armées l’ont réintégré, promu au grade de lieutenant-colonel : indispensable mais maigre compensation des quatre années passées au bagne de l’île du Diable et des douze années hors des rangs. Lorsque je pense à Alfred Dreyfus, lorsque je lis chaque nom inscrit sur le mur du jardin des enfants du Vel d’Hiv’, la même question revient sans cesse : que seraient-ils devenus si leur avenir ne leur avait pas été arraché ? Quel destin les attendait ? Le véritable courage, c’est celui de la vérité. 120 ans après le procès de Rennes, les Armées doivent regarder leur histoire en face. 120 ans plus tard, il est encore temps que les Armées redonnent à Alfred Dreyfus tout l’honneur et toutes les années qu’on lui a ôtées. Et j’y veillerai personnellement. Il y a les cicatrices que l’on peut apaiser… »

Alfred Dreyfus (1859-1935), officier français d’ascendance juive alsacienne, fut victime d’une erreur judiciaire à l’origine d’une crise politique majeure au début de la IIIe République, « l’affaire Dreyfus », qui divisa l’opinion française en deux clans ennemis.

Condamné à la dégradation et à la déportation à vie, il avait ensuite été gracié et rétabli dans son grade, après la découverte d’un faux qui avait joué un rôle capital dans son arrestation. Sa carrière restera néanmoins tout du long entachée par cette affaire.

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