Attentat AMIA: L’Argentine demande à Moscou d’arrêter un haut officiel iranien
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Attentat AMIA: L’Argentine demande à Moscou d’arrêter un haut officiel iranien

Velayati ne fait l'objet d'aucun mandat d'arrêt international et son extradition ne peut être demandée qu'à chacun de ses déplacements dans un pays étranger

Ali Akbar Velayati , conseiller du Guide suprême iranien Ali Khamenei (Crédit : capture d'écran YouTube)
Ali Akbar Velayati , conseiller du Guide suprême iranien Ali Khamenei (Crédit : capture d'écran YouTube)

L’Argentine a demandé à la Russie l’arrestation de l’ex-ministre des Affaires étrangères iranien, Ali Akbar Velayati, en vue de son extradition et de son procès pour l’attentat de Buenos Aires en 1994, a annoncé jeudi le ministère des Affaires étrangères argentin.

Une demande similaire a été transmise à la Chine, où est attendu M. Velayati, aujourd’hui conseiller spécial pour les affaires étrangères auprès du guide suprême iranien Ali Khamenei.

Ali Akbar Velayati devait rencontrer le président russe Vladimir Poutine mercredi à Moscou. M. Velayati était ministre des Affaires étrangères de l’Iran lors de l’attentat contre le centre juif AMIA de Buenos Aires qui avait fait 85 morts et 300 blessés, le plus grave qu’ait connu l’Argentine, qui abrite la plus importante communauté juive d’Amérique latine. Il est maintenant conseiller aux affaires internationales de l’ayatollah Ali Khamenei.

A côté d’autres instigateurs iraniens présumés, M. Velayati est accusé par la justice argentine d’être « l’auteur intellectuel » de l’attentat.

Velayati compte parmi les envoyés spéciaux que l’Iran dépêche dans différents pays en réponse au retrait américain plus tôt cette année de l’accord sur le nucléaire.

« Après l’erreur stratégique de M. Trump de se retirer unilatéralement, la République islamique d’Iran a décidé de dépêcher des envoyées spéciaux vers différents pays pour faire passer les messages des hauts dirigeants de l’Iran concernant nos positions et nos démarches vis-à-vis de la décision arrogante et illégale des Etats-Unis », a déclaré Bahram Ghasemi, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères de l’Iran, alors qu’il décrivait la visite de mercredi de Velayati à Moscou.

Le centre juif de l’AMIA à Buenos Aires après l’attentat du mois de juillet 1994 (Crédit: Cambalachero/Wikimedia commons)

Après avoir appris la visite dans la presse, le ministère des Affaires étrangères argentin a envoyé aux autorités russes la demande de mise en détention émise par le juge Rodolfo Canicoba Corral, chargé de l’enquête sur l’attentat.

« L’Argentine attend une réponse des autorités russes, formulée dans le cadre du traité d’extradition entre les deux pays », a indiqué le ministère argentin des Affaires étrangères dans un communiqué.

Contrairement à d’autres accusés, M. Velayati ne fait l’objet d’aucun mandat d’arrêt international et son extradition ne peut être demandée qu’à chacun de ses déplacements dans un pays étranger.

On pense que l’Iran est aussi derrière l’attentat à la bombe de 1992 qui a détruit l’ambassade israélienne à Buenos Aires, tuant 29 personnes et en en blessant 242.

En 2016, en prévision d’un autre voyage de Velayati, l’Argentine avait fait des demandes pour son arrestation à Singapore et en Malaysie, mais sans succès.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a également rencontré Poutine à Moscou mercredi quand il a discuté des demandes israéliennes pour un retrait des forces iraniennes de Syrie, où elles aident le régime à combattre les rebelles dans la guerre civile.

L’AFP et l’équipe du Times of Israel ont contribué à cet article.

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