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Belgique : Un très influent imam qui avait appelé à « brûler des Juifs » expulsé

Mohamed Toujgani prêchait jusqu'à l'an dernier à la mosquée Al-Khalil à Molenbeek, l'un des plus grands lieux de culte musulman de Belgique créé par les Frères musulmans

Mohamed Toujgani (Crédit : capture d'écran YouTube)
Mohamed Toujgani (Crédit : capture d'écran YouTube)

Un imam marocain a été interdit de séjour en Belgique en octobre, car il est considéré comme « une menace à la sécurité nationale », pour avoir notamment appelé à « brûler des Juifs » dans une vidéo, a indiqué jeudi le gouvernement.

L’information, révélée par la chaîne publique flamande VRT, a été confirmée par le secrétaire d’Etat belge à l’Asile et la Migration, Sammy Mahdi.

Cet imam, Mohamed Toujgani, qui prêchait jusqu’à l’an dernier à la mosquée Al-Khalil à Molenbeek, l’un des plus grands lieux de culte musulman de Belgique créé par les Frères musulmans, s’est vu retirer son permis de séjour « le 12 octobre » 2021, ont précisé dans un communiqué les services de M. Mahdi.

Ce prédicateur « était contesté depuis un certain temps. En 2009, il avait encore appelé à brûler des Juifs », ajoute le communiqué.

Une photo prise avec un téléphone portable le 14 novembre 2015 montre une camionnette de l’unité belge de déminage SEDEE tandis que les policiers bloquent une rue lors d’un raid de la police dans le quartier de Molenbeek à Bruxelles, peut-être en relation avec les attentats meurtriers du 13 novembre à Paris (Crédit : AFP Photo / Belga / Hendrik Devriendt)

La vidéo avait refait surface en 2019, précise la VRT, soulignant que M. Toujgani s’était excusé pour ces propos, évoquant « un dérapage » lié à « la guerre » menée par Israël contre les groupes terroristes palestiniens dans la bande de Gaza.

M. Toujgani, considéré comme un religieux influent, responsable de la Ligue des imams marocains de Belgique, était surveillé par la Sûreté de l’Etat, le service de renseignement civil belge.

Sammy Mahdi explique avoir décidé l’interdiction de séjour il y a trois mois « sur la base d’informations provenant des services de sécurité », et « en raison de signes d’un grave danger pour la sécurité nationale ». Cette interdiction porte sur une durée de dix ans.

« Nous ne tolérerons pas ceux qui divisent et menacent notre sécurité nationale », a insisté le secrétaire d’Etat.

Sammy Mahdi (Crédit : capture d’écran YouTube)

Pourquoi cette décision en 2021 ? Sollicitée par l’AFP, la Sûreté de l’Etat a répondu qu’elle « ne communique pas d’informations sur un dossier individuel pour lequel des procédures sont en cours ».

D’après la VRT, M. Toujgani n’est plus en Belgique actuellement mais il a saisi un avocat pour contester son expulsion. L’imam, établi en Belgique depuis 40 ans, a une femme et des enfants résidant dans le pays, selon la chaîne flamande.

La mosquée Al-Khalil, située dans la commune bruxelloise de Molenbeek, est gérée par la Ligue d’entraide islamique (LEI) qui se présente comme « la plus grande institution musulmane de Belgique », comptant également des centres de formation et une école en langue arabe accueillant 500 enfants et adolescents.

Il s’agit d' »une affaire strictement privée sur laquelle notre institution n’a aucun commentaire à apporter », a réagi de son côté l’Exécutif des musulmans de Belgique (EMB), le plus ancien organe représentatif et interlocuteur de l’Etat belge pour la gestion du culte. L’EMB a aussi souligné, dans un communiqué publié sur son site internet, n’avoir « pas de lien d’autorité avec les imams non rattachés aux mosquées subventionnées ».

Le mandat d’arrêt publié contre le 8e terroriste des attentats de Paris Salah Abdeslam.

C’est dans la commune bruxelloise de Molenbeek, que l’organisateur présumé des attentats de Paris (130 morts le 13 novembre) Abdelhamid Abaaoud, l’un des kamikazes, Brahim Abdeslam, et son frère Salah, ont grandi. C’est à Molenbeek que Salah Abdeslam a été arrêté après être resté quatre mois caché à Molenbeek grâce au soutien des frères El Bakraoui.

« La naïveté des Belges nous a coûté 130 morts », avait fustigé un ancien magistrat antiterroriste français Alain Marsaud, s’interrogeant dans le quotidien bruxellois Le Soir « sur la capacité des services d’intervention et de renseignement belges », au lendemain des attaques suicide qui ont fait 31 morts et 270 blessés à l’aéroport et dans le métro de la capitale belge.

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