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Berlin appelle l’Europe à ne plus signer de contrats d’armement avec Ryad

Jusqu'ici, Paris et Londres ont indiqué ne pas vouloir revoir leur politique en la matière, la jugeant suffisamment rigoureuse

Peter Altmaier en 2013 (Crédit : RudolfSimon/CC BY SA 3.0)
Peter Altmaier en 2013 (Crédit : RudolfSimon/CC BY SA 3.0)

Le ministre allemand de l’Economie a appelé lundi les Européens à suspendre tout nouveau contrat d’armement avec l’Arabie saoudite tant qu’elle n’aura pas fait la lumière sur la mort du journaliste Jamal Khashoggi.

« Ce n’est que si tous les pays européens se mettent d’accord que cela impressionnera le gouvernement de Ryad », a affirmé Peter Altmaier sur la chaîne allemande ZDF, précisant que « les explications apportées » jusqu’ici par l’Arabie saoudite n’étaient pas « satisfaisantes ».

« Il n’y a aucun effet positif si nous restons les seuls à arrêter les exportations et si en même temps d’autres pays comblent le trou », a-t-il expliqué.

Le ministre conservateur (CDU) fait référence à la décision annoncée la veille par Angela Merkel de ne plus autoriser de nouvelles exportations d’armes vers l’Arabie saoudite. Néanmoins, celles qui ont déjà été approuvées ces derniers mois vont pouvoir se poursuivre.

L’Allemagne a autorisé entre janvier et fin septembre de cette année 416,4 millions d’euros d’exportations d’armes vers l’Arabie saoudite.

La question de ces ventes d’armement à Ryad est une source de tension permanente au sein du gouvernement de Mme Merkel entre les conservateurs et les sociaux-démocrates. Ces derniers relèvent que leur accord de coalition prévoit un arrêt des ventes d’armes aux protagonistes de conflits militaires, ce qui est le cas de l’Arabie Saoudite au Yémen.

Les exportations d’armement allemand sont cependant mineures comparées à celles de ses partenaires européens, Royaume-Uni et France en tête. Jusqu’ici, Paris et Londres ont indiqué ne pas vouloir revoir leur politique en la matière, la jugeant suffisamment rigoureuse.

L’affaire de la disparition de M. Khashoggi, qui vivait aux Etats-Unis depuis 2017 et sa disgrâce auprès du pouvoir saoudien, a relancé le débat dans plusieurs pays sur un réexamen des relations avec Ryad.

Le journaliste saoudien Jamal Khashoggi au formum économique mondial de Davos, en janvier 2011. (Crédit : AP Photo/Virginia Mayo)

Dimanche, le Premier ministre canadien Justin Trudeau avait affirmé ne pas exclure que le Canada puisse annuler un important contrat de vente d’armes à l’Arabie saoudite.

Selon la version de Ryad, le journaliste a été tué au cours d’une rixe au consulat saoudien à Istanbul, où il s’était rendu le 2 octobre pour des démarches administratives.

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