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Ryad admet que Khashoggi a été tué dans son consulat d’Istanbul

"Dire que je suis sceptique sur la nouvelle version saoudienne sur M. Khashoggi est un euphémisme," a déclaré le sénateur républicain Lindsey Graham, proche allié de Donald Trump

Le journaliste saoudien et directeur de Alarab TV, Jamal Khashoggi, à Manama en 2014. (Crédit : AFP/MOHAMMED AL-SHAIKH)
Le journaliste saoudien et directeur de Alarab TV, Jamal Khashoggi, à Manama en 2014. (Crédit : AFP/MOHAMMED AL-SHAIKH)

L’Arabie saoudite a formellement admis samedi, 17 jours après les faits, que le journaliste saoudien Jamal Khashoggi avait été tué à l’intérieur du consulat du royaume à Istanbul.

La confirmation de la mort de Khashoggi a été relayée peu avant l’aube par l’agence de presse officielle saoudienne SPA qui a fait état du limogeage de deux hauts responsables saoudiens et de l’arrestation de 18 suspects, tous Saoudiens.

Jamal Khashoggi devait avoir 60 ans le 13 octobre.

Il a eu une carrière riche en rebondissements qui l’a fait évoluer en 35 ans entre l’islam politique des Frères musulmans, les médias saoudiens, les cercles dirigeants à Ryad et les plus grands titres de la presse internationale.

Il s’était exilé aux Etats-Unis lors d’une vague d’arrestations en septembre 2017 dans le royaume saoudien et n’avait cessé depuis de dénoncer les « excès » du prince Mohammed, 33 ans, surnommé MBS.

A l’époque, il avait annoncé avoir été interdit de s’exprimer dans le quotidien panarabe Al-Hayat, propriété du prince saoudien Khaled ben Sultan al-Saoud, pour avoir défendu la confrérie des Frères musulmans, classée « terroriste » par Ryad.

Le 6 mars 2018, il écrivait dans un éditorial cosigné avec l’historien britannique Robert Lacey dans le Guardian : « Pour son programme de réformes intérieures, le prince héritier mérite des éloges. Mais ce jeune et impétueux innovateur n’a ni encouragé ni permis le moindre débat en Arabie saoudite ».

MBS « semble faire bouger le pays d’un extrémisme religieux d’une autre époque vers son propre extrémisme ‘Vous devez accepter mes réformes’. Son programme ignore-t-il la plus importante des réformes, la
démocratie ? »

Grand de taille, portant des lunettes et tantôt un bouc tantôt une barbe naissante grisonnante, Jamal Khashoggi est né dans la ville sainte de Médine (ouest de l’Arabie saoudite).

Il a obtenu en 1982 un diplôme de gestion à l’Université d’Etat d’Indiana, aux Etats-Unis.

Il a commencé sa carrière en travaillant pour des quotidiens saoudiens, dont le Saudi Gazette et Asharq al-Awsat, couvrant notamment le conflit en Afghanistan.

A l’époque, une photo du jeune Khashoggi avait circulé le montrant avec un fusil d’assaut et des vêtements afghans.

Il n’avait pas combattu aux côtés des moudjahidine en guerre contre les Soviétiques, mais avait épousé leur cause financée par la CIA américaine et les services secrets saoudiens.

Jamal Khashoggi avait interviewé Ben Laden en Afghanistan et au Soudan mais, dans les années 1990, il avait pris ses distances avec le chef d’Al-Qaïda quand celui-ci avait basculé dans la violence contre l’Occident.

Image non datée du chef terroriste d’Al-Qaida, Oussama Ben Laden, et de son fils Hamza. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Plus tard, il avait occupé des postes de responsabilité dans des journaux saoudiens. Jugé trop progressiste, il avait été en 2003, au bout de 54 jours seulement, contraint à la démission du poste de rédacteur-en-chef du quotidien saoudien Al-Watan.

Il y était revenu en 2007, mais était reparti en 2010 après un éditorial jugé offensant pour les salafistes, courant rigoriste de l’islam.

Neveu du célèbre marchand d’armes Adnan Khashoggi, Jamal est issu d’une grande famille saoudienne qui a des origines lointaines turques.

Il a longtemps entretenu des rapports ambigus avec le pouvoir saoudien, ayant occupé des postes de conseiller à Ryad et à Washington, notamment auprès d’un ambassadeur, le prince Turki al-Fayçal, qui a aussi dirigé les services de renseignement pendant plus de 20 ans.

Un autre prince, le milliardaire Al-Walid ben Talal, lui avait confié la direction d’Alarab, une grande chaîne panarabe d’information en continu. Mais ce projet, qui devait être lancé en 2015 depuis Bahreïn, n’a jamais vu le jour après une interdiction des autorités de Manama, proches de Ryad.

Le prince Al-Walid a lui-même été détenu entre novembre 2017 et janvier 2018 à l’hôtel Ritz-Carlton de Ryad avec des dizaines de personnalités accusées de « corruption » par une commission présidée par le prince héritier.

Dès septembre 2017, dans une tribune publiée par le Washington Post, Jamal Khashoggi écrivait : « Quand je parle de peur, d’intimidation, d’arrestations et d’humiliations publiques d’intellectuels et de dirigeants religieux et que je vous dis que je suis d’Arabie saoudite, êtes-vous surpris? »

Les autorités saoudiennes lui avaient précédemment demandé d’arrêter d’utiliser son compte Twitter alors qu’il avait « incité à la prudence par rapport à une étreinte trop forte » du président Trump, très apprécié au palais royal à Ryad.

Il avait aussi critiqué l’implication saoudienne dans la guerre au Yémen ainsi que l’embargo imposé au Qatar voisin, accusé par Ryad de soutenir les Frères musulmans et d’entretenir des liens avec l’Iran.

Dans sa dernière tribune au Washington Post, Jamal Khashoggi avait loué le Qatar par rapport à ses voisins qui cherchent à « maintenir le contrôle de l’information afin d’appuyer ‘l’ancien ordre arabe' ».

Le 2 octobre, Jamal Khashoggi était entré au consulat saoudien à Istanbul pour des démarches administratives en vue de son mariage avec une Turque, Hatice Cengiz, mais il n’a plus été vu vivant.

Selon elle, il voulait être un journaliste influent à Washington et « la voix de ses collègues qui ne peuvent plus s’exprimer ».

Une femme qui se présente comme Hatice A., fiancée de Jamal Khashoggi, journaliste porté disparu, devant le consulat saoudien à Istanbul, le 3 octobre 2018. (Crédit : AP Photo/Lefteris Pitarakis)

Le président américain Donald Trump a qualifié ces développements de « pas très important ».

« Les discussions entre Jamal Khashoggi et ceux qu’il a rencontrés au consulat du royaume à Istanbul (…) ont débouché sur une rixe, ce qui a conduit à sa mort », a déclaré SPA en citant le parquet.

Le procureur général d’Arabie saoudite a publié un communiqué sur le déroulement des faits : « Les discussions qui ont eu lieu entre lui et les personnes qui l’ont reçu au consulat saoudien à Istanbul ont débouché sur une bagarre et sur une rixe à coups de poing avec le citoyen Jamal Khashoggi, ce qui a conduit à sa mort, que son âme repose en paix ».

Le directeur d’un centre de réflexion considéré comme proche du pouvoir à Ryad, a donné une autre version. « Khashoggi est mort d’un étranglement au cours d’une altercation physique, pas d’une rixe à coups de poings », a déclaré Ali Shihabi, disant s’appuyer sur une source saoudienne haut placée.

Plus tard, le département international du ministère saoudien de l’Information a publié une déclaration en anglais attribuée à « une source officielle », affirmant que les discussions au consulat ont pris « une tournure négative » entraînant une bagarre qui a conduit à la mort de Khashoggi et à une « tentative » par les personnes qui l’avaient interrogé de « dissimuler ce qui est arrivé ».

Limogeages et arrestations

Jusqu’ici, Ryad avait affirmé que Khashoggi était ressorti du consulat et il avait qualifié de « sans fondement » des accusations de responsables turcs selon lesquelles le journaliste avait été tué au consulat.

En confirmant la mort de Khashoggi, l’Arabie saoudite, dont l’image a terriblement souffert, a annoncé la destitution d’un haut responsable du renseignement, le général Ahmed al-Assiri, et celle d’un important conseiller à la cour royale, Saoud al-Qahtani.

Ces deux hommes sont de proches collaborateurs du jeune et puissant prince héritier Mohammed ben Salmane, surnommé MBS, sur lequel la pression était montée ces derniers jours à propos de l’affaire Khashoggi.

Leur grande proximité avec MBS a été soulignée par un analyste du Baker Institute de l’université de Rice, aux Etats-Unis. « Renvoyer Saoud al-Qahtani et Ahmed al-Assiri, c’est aller aussi près de MBS qu’il est possible d’aller », a relevé cet analyste, Kristian Ulrichsen.

Le prince héritier Mohammed ben Salmane assiste à une réunion aux Nations Unies le 27 mars 2018 à New York. (Crédit : AFP / Bryan R. Smith)

« Intéressant de voir si ces mesures s’avèrent suffisantes. Si le goutte à goutte de détails supplémentaires (sur la mort de Khashoggi) continue, il n’y a plus de tampon pour protéger MBS », a-t-il estimé.

Le roi Salmane d’Arabie saoudite a également ordonné la création d’une commission ministérielle présidée par le prince héritier pour restructurer les services de renseignement, selon les médias officiels.

Critique envers MBS, Khashoggi vivait en exil depuis 2017 aux Etats-Unis où il collaborait notamment avec le Washington Post.

La confirmation de sa mort est intervenue peu après une nouvelle conversation téléphonique entre le président turc Recep Tayyip Erdogan et le roi Salmane. Ils « ont souligné l’importance de continuer à travailler ensemble en complète coopération », selon une source à la présidence turque.

Les enquêteurs turcs ont poursuivi leurs investigations vendredi, fouillant notamment une vaste forêt proche d’Istanbul. Au total, 15 membres du personnel du consulat ont été entendus, a précisé la chaîne de télévision privée NTV. Les autorités turques avaient fouillé cette semaine ce bâtiment et la résidence du consul saoudien.

Les enquêteurs turcs ont par ailleurs procédé à des recherches dans une vaste forêt à Istanbul, des images de vidéosurveillance prises le 2 octobre, jour de la disparition de Jamal Khashoggi, ayant permis de voir au moins un véhicule muni de plaques diplomatiques y pénétrer après avoir quitté le consulat, selon les médias.

L’administration Trump avait adressé vendredi une nouvelle mise en garde à Ryad, évoquant de possibles sanctions, tout en s’inquiétant des répercussions de l’affaire sur la relation stratégique et commerciale entre les Etats-Unis et l’Arabie saoudite.

Après l’annonce saoudienne, répondant à un journaliste qui lui demandait s’il jugeait la version de Ryad « crédible », M. Trump a répondu : « Oui, oui ». « Encore une fois, il est tôt, nous n’avons pas fini notre évaluation, ou enquête, mais je pense qu’il s’agit d’un pas très important ».

Donald Trump avait admis pour la première fois jeudi que le journaliste était très probablement mort, menaçant l’Arabie saoudite de « très graves » conséquences.

« Nous sommes attristés d’apprendre que la mort de M. Khashoggi a été confirmée », a déclaré la porte-parole de la Maison Blanche, Sarah Sanders.

Les Etats-Unis notent « que l’enquête sur le sort de Jamal Khashoggi progresse et que (le royaume saoudien) a entrepris des actions à l’encontre des suspects qui ont été pour l’instant identifiés », a ajouté la porte-parole.

Les Etats-Unis vont « appeler à ce que justice soit rendue dans les meilleurs délais et de manière transparente, et en accord avec l’état de droit », a dit Mme Sanders.

Le président américain Donald Trump (à gauche) et le prince héritier adjoint saoudien, et ministre saoudien de la Défense Mohammed ben Salmane, qui est devenu plus tard cette année-là le prince héritier d’Arabie saoudite, se serrant la main dans la salle à manger de la Maison Blanche à Washington, DC, le 14 mars 2017. (NICHOLAS KAMM/AFP)

A un journaliste qui lui demandait dans l’Arizona avant un meeting de campagne s’il jugeait la version de Ryad « crédible », M. Trump a répondu : « oui, oui ».

« Encore une fois, il est tôt, nous n’avons pas fini notre évaluation ou enquête mais je pense qu’il s’agit d’un pas très important », a-t-il ajouté.

Quant à d’éventuelles sanctions contre Ryad, le président américain a dit qu’il était « trop tôt pour en parler ».

« Nous voulons voir. Nous enquêtons en ce moment. Nous avons beaucoup de gens qui travaillent là-dessus (…) et nous avons d’autres pays qui travaillent dessus, comme vous le savez. C’est un problème très sérieux », a-t-il poursuivi.

L’Arabie saoudite, énorme investisseur dans la Silicon Valley

M. Trump a dit « préférer que nous n’utilisions pas, comme représailles, l’annulation de l’équivalent de 110 milliards de dollars de travail, ce qui veut dire 600 000 emplois », en allusion à des contrats militaires passés avec l’Arabie saoudite.

Le président américain a ces dernières semaines régulièrement mis en avant les énormes intérêts stratégiques liant son pays au royaume, tout en menaçant l’Arabie saoudite de « très graves » conséquences si sa responsabilité était avérée.

‘Arabie saoudite, dont le régime est accusé d’avoir orchestré en Turquie l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, est un investisseur essentiel dans le secteur technologique américain, par exemple dans le groupe Uber.

Le régime, soucieux de réduire sa dépendance au pétrole, s’intéresse particulièrement ces dernières années au secteur technologique et investit notamment via son fonds appelé Public Investment Fund of Saudi Arabia (PIF).

Le prince Al-Walid ben Talal, une grande figure du royaume mais en délicatesse avec le prince héritier Mohammed ben Salmane, y est présent depuis bien plus longtemps par le biais de sa holding la Kingdom Holding Company (KHC).

Ces entités, ou parfois le prince Al-Walid individuellement, ont investi ou sont encore actionnaires de nombreuses startup ou gros groupes technologiques américains.

Selon une étude du cabinet CB Insights sur les investissements saoudiens dans la « tech » en 2013 et 2018, c’est via le PIF que le régime a le plus investi, notamment avec 3,5 milliards dans Uber mi-2016.

Le directeur général du PIF Yasir Al-Rumayyan est même membre du conseil d’administration du groupe de réservation de voiture avec chauffeur.

Le PDG d’Uber Dara Khosrowshahi fait néanmoins partie des dirigeants d’entreprises ayant annulé leur participation au sommet économique à Ryad, prévu la semaine prochaine.

Le PIF a aussi investi notamment dans le constructeur de voitures électriques Tesla et son concurrent Lucid, tandis que le KHC a investi dans le concurrent d’Uber en Amérique du Nord, Lyft, toujours selon CB Insights.

Le PIF a aussi partie liée avec le conglomérat japonais SoftBank via le SoftBank Vision Fund, doté de presque 100 milliards de dollars destiné à investir principalement dans le secteur technologique. Près de la moitié des fonds proviennent du PIF.

Le charismatique patron de SoftBank Masayoshi Son n’a pas encore dit s’il se rendrait au sommet de Ryad.

Le Vision Fund a aussi investi dans la voiture autonome, par exemple dans Cruise, la division dédiée de General Motors ou encore dans Slack, la plate-forme collaborative de communication en entreprise.

Le prince Al-Walid fait aussi partie des investisseurs de Twitter, d’Apple…Il détient en outre 2,3 % de Snap, la maison-mère de Snapchat.

Outre ses investissements importants, l’Arabie saoudite est aussi un marché qui intéresse les groupes technologiques. D’autant que le royaume s’est lancé dans un virage technologique avec son plan pharaonique « Vision 2030 », censé transformer le pays en géant technologique et touristique.

Microsoft a lancé en mai un service de « cloud » (informatique dématérialisée) dans ce pays, en partenariat avec le saoudien Sahara Net et le chinois Lenovo.

Le groupe américain estimait alors le marché saoudien du « cloud » à 108,75 milliards de rials, soit environ 29 milliards de dollars, un » chiffre susceptible d’augmenter » nettement en raison des objectifs de transformation numérique du royaume, notait Microsoft dans un communiqué.

MBS, considéré comme l’homme fort du pays, a fait plusieurs visites aux Etats-Unis, dont une au printemps, où il avait rencontré les responsables de groupes comme Google ou Apple.

Il avait aussi rencontré Jeff Bezos, PDG d’Amazon, qui s’intéresse de près au marché saoudien. Situation délicate pour M. Bezos aujourd’hui car il est aussi, à titre personnel, propriétaire du Washington Post, un des employeurs du journaliste Jamal Khashoggi.

Des élus américains se sont montrés nettement plus durs que la Maison Blanche après l’annonce saoudienne.

Le sénateur américain Lindsey Graham lors d’une audience de confirmation de la commission judiciaire du Sénat au Capitole, le 20 mars 2017. (AFP Photo/Brendan Smialowski)

Le sénateur républicain Lindsey Graham, proche allié de Donald Trump, a mis en doute la crédibilité de Ryad : « Dire que je suis sceptique sur la nouvelle version saoudienne sur M. Khashoggi est un euphémisme ».

« L’histoire que les Saoudiens ont racontée à propos de la disparition de Jamal Khashoggi continue à changer chaque jour, donc nous ne devrions pas prendre leur dernière version pour argent comptant », a tweeté Bob Corker, autre républicain, président de la commission des Affaires étrangères au Sénat.

Les Emirats mettent en garde contre tout acte « déstabilisant » l’Arabie saoudite

Les Emirats arabes unis ont mis en garde vendredi contre toute tentative de « déstabiliser » l’Arabie saoudite.

Sur son compte Twitter, le ministre d’Etat émirati aux Affaires étrangères Anwar Gargash a souligné la position « ferme » d’Abou Dhabi contre la « politisation (de l’affaire), les préjugés et les tentatives de déstabilisation de l’Arabie saoudite ».

« La sécurité, la stabilité de la région, ainsi que sa place sur la scène internationale, dépendent de l’Arabie saoudite et de son poids politique, économique et religieux », a indiqué M. Gargash, mettant en garde contre une confusion entre la recherche de la vérité et la prise de Ryad pour cible.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est déclaré « profondément troublé » et « souligne la nécessité d’une enquête rapide, approfondie et transparente sur les circonstances du décès ».

Amnesty International, Human Rights Watch, Reporters Sans Frontières et le Comité de protection des journalistes ont appelé jeudi la Turquie à demander une enquête de l’ONU, « meilleure garantie contre une volonté de blanchir l’Arabie saoudite ou contre les tentatives d’autres gouvernements de passer sous silence le problème afin de préserver des relations commerciales lucratives avec Ryad ».

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